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128 espèces de plante en risque majeur d'extinction en IdF d'après la liste rouge de l'UICN

Mis en ligne par TL De Bleau on lundi 13 mai 2013 | 07:00:00

Carte répartition flore d'Idf
Pour la première fois, l’ensemble de la flore vasculaire Régionale a été analysé et passé au crible des critères UICN pour l’établissement des Listes rouges.
En effet, c’est ainsi que 1 537 espèces indigènes de fougères et de plantes à fleurs d’Île-de-France ont été évaluées.

Réalisé par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien, service scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle, avec un groupe d’experts régionaux, cet état des lieux montre que 85 espèces végétales (6 %) ont déjà disparu de la région depuis le 18ème siècle et 400 autres (26 %) sont aujourd’hui menacées. Parmi celles-ci, 128 courent un risque majeur d’extinction (8 %) dans les prochaines années. La destruction et la dégradation des habitats naturels représentent la principale cause de régression des espèces végétales.

Résumé du rapport par l'équipe de la TL²B...

Cela ne surprendra certainement pas grand monde mais l’urbanisation et les changements de pratiques agricoles sont responsables de la disparition progressive de nombreuses espèces comme l’Adonis d’automne (Adonis annua L), petite plante compagne des cultures, classée en « danger critique d’extinction ». La Sabline sétacée (Minuartia setacea (Thuill.) Hayek), classée elle « en danger », a vu ses effectifs décliner dans de nombreuses régions, et l’Île-de-France accueille plusieurs des dernières stations françaises de cette petite caryophyllacée blanche (famille des Oeillets).

Pour répondre à ces menaces, des actions de conservation et de gestion des milieux naturels sont mises en place en Île-de- France depuis plusieurs années. Certaines espèces à forte valeur patrimoniale, comme le Flûteau nageant (Luronium natans (L.) Raf.) ou les messicoles bénéficient d’un plan national d’actions pour assurer leur sauvegarde. Cependant, beaucoup reste à faire pour préserver ce patrimoine naturel commun.

L’objet de cette Liste rouge est donc d’appuyer l’évolution des mesures réglementaires, d’orienter et de renforcer les actions de préservation de la flore d’Île-de-France.

Pourquoi une Liste rouge pour l’Île-de-France ?
Les listes rouges de l’UICN sont reconnues au niveau mondial comme un outil permettant de dresser un bilan du degré de menace pesant sur les espèces d’un territoire.  De plus, la France s’est engagée, dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), à stopper l’érosion de la biodiversité sur son territoire. Or, dans ce contexte, les Listes rouges ont été retenues comme indicateur de référence pour suivre l’évolution du degré de menace pesant sur les espèces.


On peut légitimement (voir les articles publiés en 2009 ici et  sur le site des Pyrénées) contester cette expertise de l'UICN mais c'est celle qui sera retenue dans les échanges internationaux, donc autant ce plié au jeu. Il s’agit donc de réunir les informations disponibles sur ce risque de disparition. Cette démarche permettra de mesurer les enjeux, les progrès accomplis et les défis à relever pour l’Île-de-France.

Qu’est-ce que la flore vasculaire ?
Ces plantes sont caractérisées par la présence de racines et de vaisseaux qui permettent la circulation de la sève. Elles regroupent la quasi-totalité des plantes aquatiques et terrestres. Au sein des plantes vasculaires se distinguent les plantes sans graines (les ptéridophytes : fougères, prêles) et les plantes à graines, ou spermaphytes, qui comprennent les gymnospermes (conifères) et les angiospermes (plantes à fleurs).

Un travail collectif pour une expertise collégiale

Afin de dresser un bilan du degré de menace pesant sur la flore d’Île-de-France, le Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNBP), service scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), a obtenu le soutien de la Région Île-de-France et a bénéficié de l’appui technique et scientifique du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et de la Fédération des Conservatoires botaniques nationaux (FCBN).

La Liste rouge de la flore vasculaire d’Île-de-France a été établie à partir des informations provenant de la base de données Flora du CBNBP, qui, pour l’occasion, a fait l’objet d’une actualisation avec la participation de nombreux botanistes franciliens qui ont apporté leur connaissance, leur expertise et ont assuré une validation collégiale.

Cette Liste rouge régionale constitue une référence pour l’évaluation des menaces qui pèsent sur la flore et permet d’identifier les priorités d’actions, de renforcer la sensibilisation et de suivre l’état de la biodiversité végétale de la région.

Que faut il retenir du rapport et de cette liste  ?

Le quart de la flore française métropolitaine est présent en Île-de-France !

En raison de la diversité des habitats, la flore est elle-même très variée. La flore francilienne actuelle (période 1990-2010) est estimée à environ 1 274 espèces indigènes. Ceci représente le quart de la flore française métropolitaine. En comparaison, la flore indigène du Danemark comporte environ 1 200 espèces, celle d’Irlande 1 300, celle de Finlande 1 330 et celle du Royaume-Uni 1 400. Si nous ajoutons aux espèces indigènes les espèces naturalisées (plantes non originaires de l’Île-de-France, mais qui se multiplient d’elles-mêmes dans le milieu naturel), c’est un total d’environ 1 441 espèces pour la région, observées entre 1990 et 2010.Sur la période 1700-2010, 1 537 espèces indigènes et naturalisées ont été observées (les premières données botaniques régionales exploitables remontent à la fin du 17è siècle).

Nous restons, néanmoins, loin des chiffres des régions alpines ou méditerranéennes. Ainsi, on peut identifier dans le département des Alpes-Maritimes 2 700 espèces ou, dans celui des Bouches-du-Rhône, 1 887 espèces.

La flore d’Île-de-France ne comporte pas d’espèce endémique stricte (de telles espèces sont d’ailleurs très rares en plaine). La richesse endémique d’un territoire dépend en effet du degré d’isolement de celui-ci et de l’ancienneté de cet isolement. Or, en raison des larges possibilités de migrations végétales en situation de plaine (pas de barrières géographiques telles que les montagnes), l’endémisme est presque nul en Île-de-France.

Sabline à Grandes Fleurs réintroduite en 2009 à Fontainebleau
En revanche, le territoire francilien héberge des stations avec des espèces très rares en plaine, telles que la Prêle panachée (Equisetum variegatum Schleich., PR) ou la Sabline à grandes fleurs (Arenaria grandiflora L., PR), toutes deux au bord de l’extinction. Certaines espèces, comme nous l’avons vu, sont en limite de leur aire de répartition. En plus des espèces précédemment évoquées nous pouvons citer l’Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa (Druce) Soó, PR). D’autres espèces ont des aires de répartition disjointes, c’est-à-dire très éloignées de leur aire de répartition habituelle. C’est le cas de la Bruyère ciliée (Erica ciliaris Loefl.ex L., PR), plus atlantique, ou de l’Astragale de Montpellier (Astragalus monspessulanus L., ex PN), plus méridionale.

En Île-de-France, on dénombre un peu plus de 200 espèces faisant l’objet d’une protection au plan national ou régional.

Les menaces sur la flore en quelques chiffres

L’analyse du risque d’extinction des 1 537 espèces sauvages franciliennes montre que 400 d’entre elles sont menacées en Île-de-France, soit 26 % de la flore d’Île-de-France. 45 espèces sont quasi menacées (NT), ce qui signifie qu’elles doivent faire l’objet d’une attention toute particulière faute de quoi elles pourraient, lors de la prochaine évaluation, rejoindre les 400 espèces définies comme menacées selon les critères de l’UICN Parmi ces 400 espèces menacées, on peut considérer que 128 encourent un risque majeur d’extinction (CR, CR ?) dans les prochaines années. Ce qui représente 8 % du nombre total des espèces évaluées. 145 sont en danger d’extinction (EN), ce qui correspond à 9 % des espèces sauvages évaluées ; et 127 sont vulnérables (VU), soit 8 % de l’ensemble des espèces évaluées.


85 espèces, soit 6 %, sont considérées comme disparues de la région (RE), auxquelles s’ajoutent 6 espèces disparues, mais classées dans la catégorie données insuffisantes (DD) ; et 5 espèces disparues, mais naturalisées et classées en catégorie non applicable (NA). 718 espèces sont classées en préoccupation mineure (LC), soit 47 % ; et 173 espèces naturalisées en Île-de-France sont classées dans la catégorie non applicable (NA).

Enfin, en l’état actuel des connaissances il s’avère impossible d’attribuer un statut de menace à 7,5 % des espèces, soit parce que ces espèces restent encore méconnues, soit parce que leur détermination est difficile, comme c’est le cas pour celles appartenant aux genres Callitriche, Taraxacum, Hieracium, Rubus, Rosa, etc.

Sur les 1 537 espèces indigènes et naturalisées de la région Île-de-France, 214 bénéficient d’un statut réglementaire particulier

On remarque que toutes les espèces à statut réglementaire ne sont pas menacées au sens de l’UICN. En effet, parmi les 158 espèces protégées au niveau régional revues récemment, 15 ne sont pas menacées ; parmi les 33 espèces protégées au niveau national (cf. PN page 43), 1 n’est pas menacée.
Ces espèces pourraient être sorties des listes de protection lors de la prochaine révision de ces dernières. Ces disparités s’expliquent par l’intensification de l’effort de prospection des deux dernières années sur les espèces les plus rares, ce qui a permis de réactualiser le jeu de données utilisées précédemment pour établir les listes de protection. Toutefois, la Liste rouge conforte le statut de protection de 90 % des taxons à statut et identifie plusieurs taxons qui mériteraient de bénéficier d’un statut réglementaire de protection.

Source DIREN
Les Znieff de type 1, qui présentent un intérêt biologique remarquable, sont des secteurs d’une superficie en général limitée, et sont définies par la présence d’espèces ou de milieux rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel régional ou national. Sur ces territoires les espèces de la catégorie vulnérable et en danger sont très représentées avec respectivement 115 et 119 espèces, suivies par 56 espèces en danger critique.

Les Znieff de type 2, sont des grands ensembles naturels riches (massif forestier, vallée) ou peu modifiés, ou offrant des potentialités biologiques importantes. Elles comptent également un nombre important d’espèces de la catégorie vulnérable (119 espèces), en danger (123 espèces) et en danger critique (71 espèces). Les Sites d’intérêt communautaire (SIC) abritent également 105 espèces de la catégorie en danger, 100 espèces de la catégorie vulnérable et 57 de la catégorie en danger critique. Les Zones de protection spéciale (ZPS), désignées pour assurer une gestion conservatoire des espèces d’oiseaux, comptent 110 espèces de catégorie vulnérable, 111 espèces de catégorie en danger et 45 espèces de catégorie en danger critique.

Le sud de la région d'une importance crucial

Les espèces menacées sont essentiellement localisées dans le sud de la région (massif de Rambouillet, Gâtinais, massif de Fontainebleau, Bassée), ainsi qu’à la frontière entre les Yvelines et le Val-d’Oise (boucles et coteaux de Seine). Mais aussi dans la vallée et les coteaux du Loing, dans la Brie humide, dans la forêt de Sénart et aux alentours de la vallée du Sausseron dans le Val-d’Oise.

Ainsi, la Bassée, les coteaux et la vallée du Loing, le massif de Fontainebleau, le Gâtinais, la forêt de Sénart, les bruyères de Sainte-Assise, le massif de Rambouillet, les coteaux de la Seine aval, l’est et le centre du Vexin doivent être préservés en priorité pour sauvegarder ces espèces menacées.

La Stragégie de création d’aires protégées (SCAP) reconnaît comme outils de protection forte les réserves naturelles (nationales et régionales), les réserves biologiques domaniales (dirigées et intégrales), les Arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB).

Carte des sites natura 2000 d'ile de France menacés par l'urbanisation
Un élément à prendre en compte dans la révision du SDRIF soumis à consultation en avril 2013.
On en parlait ici

Or, si l’on superpose cette cartographie des outils de protection forte à la cartographie présentée ci-dessus, seulement 0,51 % du territoire régional est préservé et bien peu d’espèces menacées sont comprises dans ces zonages. Même si l’on y ajoute certains Espaces naturels sensibles (ENS), non représentés ici et qui contribuent à la protection de plusieurs espèces menacées et complètent ce dispositif de protection, cet effort de protection reste largement insuffisant.

Un renforcement de la création d’aires protégées en Île-de-France, ciblées sur les sites qui présentent de forts enjeux patrimoniaux, devrait donc être une priorité pour assurer la protection des milieux de vie des espèces les plus menacées. Le risque étant pour les franciliens une plus grande mise sous cloche de territoire aujourd'hui librement accessibles ! 

Parallèlement à ces plans nationaux d’action, le Conservatoire botanique national du Bassin parisien a initié et mis en oeuvre des plans régionaux de conservation, notamment de la Prêle panachée (Equisetum variegatum Schleich), du Botryche lunaire (Botrychium lunaria (L.) Sw.), du Spiranthe d’automne (Spiranthes spiralis (L.) Chevall.), du Sisymbre couché (Sisymbrium supinum L.), de la Sabline à grandes fleurs (Arenaria grandiflora L.) et de l’Anémone hépatique (Hepatica nobilis Schreb.). Aujourd’hui, plusieurs autres plans d’action sont à l’étude pour la Petite violette (Viola pumila Chaix), pour la Violette élevée (Viola elatior Fr.), pour la Sabline sétacée (Minuartia setacea),(Thuill.) Hayek) et pour l’Étoile d’eau (Damasonium alisma Mill.). Mais ces actions restent peu de chose comparativement à l’ampleur de la tâche.

Pour indentifier plus facilement ces plantes rares et menacées, outre les excelents blogs de nos amis naturalistes telque La forêt de Fontainebleau dans tous ses états ou photonaturefontainebleau, une visite sur le site du Conservatoire s'impose ou de l'INPN. On y retrouve même la carte de répartition des espèces...



Téléchargez le pdf 
le Rapport et la liste rouge flore vasculaire en IDF sur le site de Natureparif
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2 commentaires :

  1. Hello Greg je crois qu'il sera plus facile dans un avenir proche de dresser la liste de ce qui reste que de ce qui a disparu ce sera moins long beaucoup moins long. amicalement Jipé de http://photonature-fontainebleau.blogspot.fr/

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  2. top cet article et je "plussoie" aux remarques de JP

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