Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2012-10-07

Les rendez-vous "Chantier Nature" du PNRGF (Parc Naturel Régional du Gâtinais Français) en partenariat avec les communes, ont mobilisé des bénévoles, soucieux de leur environnement, souhaitant préserver les zones humides, favorables au développement des amphibiens. Celui du 13 octobre 2012 sur les Platières d'Achères la forêt (platière de Meun) est un bon exemple de cette richesse parfois méconnue des visiteurs. L'occasion d'en apprendre un peu plus !




"Les platières gréseuses, spécifiques au territoire du Parc et au massif de Fontainebleau, sont des plateaux de grès de Fontainebleau, avec quelques affleurements de calcaires d'Etampes.
Elles abritent les landes de bruyères et de callunes, milieux de prédilection de l'Engoulevent d'Europe et de la Fauvette pitchou, et les mares de platières, temporaires, acides, alimentées par les eaux pluviales, où se développent la Renoncule à fleur en boules, la Crassule de Vaillant... et des amphibiens et même un crustacé quasi-endémique : l'étrange Tanymastix stagnalis, sorte de crevette, capable de stopper sa croissance quand la mare est sèche et de la reprendre à la première goutte de pluie ! Les chaos rocheux, accumulateurs de chaleur sont favorables à une flore et à une faune thermophile." nous a expliqué Claire Koënig. Elle a écrit un formidable article sur Futura science. Lire l'article de Claire König ensignante Sciences naturelles.
Les bénévoles, soutenus par la Mairie d'Achère la Forêt et le PNR ont redonné vie à ces mares
Source photo : reportage Mairie du Vaudoué

Quant à notre ami Jean Paul, notre naturaliste local, il avait consacré un excellent article à cette petite bête.

Si vous souhaitez en savoir + sur les amphibiens protéges, le Parc a consacré une rubrique détaillée pour chaque type (crapeau commun, grenouille agile, grenouille verte...)
Faune et flore (sur le site du PNR)

Les platières de Meun son inscrite à l'Inventaire National du Patrimoine Naturel et bénéficie de plusieurs niveau de protection dont, bien entendu un APB.

A la TL2B, on ne s'arrête pas à notre passion pour la forêt de Fontainebleau et ses rochers et l'on considère que notre implication dans la sauvegarde du territoire va au-delà des espaces de loisirs.

Le Schéma Régional éolien (SRE), prévu par les lois Grenelle, définit la contribution de la région Île-de-France à l’atteinte de l’objectif national de 19 000 MW de puissance éolienne terrestre à mettre en oeuvre sur le territoire à l’horizon 2020. Il identifie les parties du territoire régional favorables au développement de cette énergie compte tenu d’une part, du potentiel et d’autre part, d’une analyse des sensibilités paysagères, patrimoniales et environnementales, des contraintes et servitudes techniques et des orientations régionales. Ce schéma s’intégrera au Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie (SRCAE), élaboré conjointement par état et la Région Île-de-France dès lors qu’il aura été approuvé par le Conseil régional et arrêté par le préfet de région.

Rappelons que les éoliennes industrielles ont été confirmées le 13 juillet derrnier par le Conseil d'Etat comme des équipements publics (ICPE ) du fait de leur « contribution à la satisfaction d'un besoin collectif par la production d'électricité vendue au public » . L’enjeu de cette question était de taille : la légalité des permis de construire des éoliennes au regard des POS et PLU des communes. Une réponse négative aurait compromis la quasi-totalité des projets éoliens.

A la TL2B, bien que nous soyons plutôt favorable à ce type d'énergie, nous estimons nécessaire que les associations locales de défense de l'environnement et des usagers surveillent de très près ce développement qui promet d'être massif !  En effet, le nombre de communes suceptibles d’être concernées par un développement de l’éolien en ile-de-france se décompose comme suit :
Seine-et-Marne :
434 communes soit 37,8 % des communes d’Île-de-France
Yvelines :
109 communes soit 8,5 % des communes d’Île-de-France
Essonne :
111 communes soit 8,7 % des communes d’Île-de-France
Val-de-Marne :
4 communes soit 0,3 % des communes d’Île-de-FranceVal-d’Oise : 13 communes soit 1,0 % des communes d’Île-de-France

Nous profitons donc de la fin de la consultation et de la transmission de nouveaux documents pour vous faire quelques rappels.

Vous trouverez en bas de l'article les liens nécessaires au téléchargements des nombreux documents pdf dont certains arrivent à la centaine de pages. Vous pourrez aussi (re)lire nos anciennes publications sur le sujet...notamment pour la Seine et Marne.



Rappelons quelques enjeux en matière de protection encadrés par les textes :
Monuments historiques : périmètre de 500 mètres de protection, zone de sensibilité de 2 km
Sites classés et inscrits, ZPPAUP et AVAP : vigilance de 5 km autours du site
Patrimoine mondiale de l’UNESCO : risques non respect plan gestion
Patrimoine archéologique

Enjeux ornithologiques (ils sont détaillés ici) :
- Mortalité directe ( Mortalité annuelle avifaune: Éolienne : 0 à 60 individus, Réseau routier: 30 à 100 /km et Réseau électrique: 40 à 120 /km)
- Perte d’habitat
- Effet barrière
- Dérangement lors de la phase de travaux

Enjeux chiropérologiques : (chauve-souris)
Les chauves-souris sont des espèces souvent mal connues, qui jouissent d’une
protection totale au sein de l’Union Européenne.
Taux de mortalité: de 0 à 69 individus par an et par éolienne
_ collision directe
_ barotraumatisme
Impact des éoliennes : est encore mal connu sur les chiroptères, toutefois le taux
de mortalité augmenteraient avec :
_ les espèces qui chassent en vol en espace dégagé
_ les espèces de haut vol
_ les périodes de migrations

Le document de présentation du SRE soumis à consultation du 20 juillet au 20 septembre dernier prend en compte les Zones de Développement de l’Eolien (ZDE) créées antérieurement à son élaboration et établit la liste des communes dans lesquelles sont situées les zones favorables.



Les zones de développement de l’éolien, prévues par l’article L314-9 du Code de l’énergie, doivent être situées au sein des parties du territoire régional favorables au développement de l’énergie éolienne. Ainsi, il est important rappeler que seules les zones favorables définies dans le SRE sont des zones où il sera possible de définir des ZDE et que c’est uniquement au sein de ces ZDE que les porteurs de projets pourront bénéficier du tarif d’achat garanti de l’électricité produite (Arrêté du 10 juillet 2006). A l’échelle du projet, les dossiers de demandes d’autorisation suivent dorénavant une procédure d’instruction au titre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) et une procédure simplifiée au titre des Permis de Construire (PC).

A ce jour, l’Île-de-France présente une puissance installée faible (7 MW). A cette aune, ce schéma affiche une ambition forte de développement de l’énergie éolienne d’ici à 2020 avec un potentiel compris entre 200 et 540 MW soit 100 à 180 éoliennes d’une puissance unitaire comprise entre 2 et 3 MW.



Le Schéma Régional éolien francilien, préparé par la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’énergie (DRIEE) et le Conseil régional d’Ile-de-France (CrIF) a été guidé par deux préoccupations majeures :

- Favoriser le développement de l’éolien à hauteur des engagements européens et des objectifs du Grenelle, tout en veillant à la juste prise en compte des enjeux paysagers, patrimoniaux, environnementaux et techniques ;

- Donner aux territoires la maîtrise du développement de l’éolien en mobilisant l’ensemble des collectivités territoriales qui présentent des secteurs potentiellement favorables à l’accueil d’éoliennes.

S’agissant de la méthode d’élaboration du SRE, la DRIEE et le CrIF, appuyés sur un comité de suivi partenarial (55 membres) ont veillé à mener un travail méthodologique solide avec :

- la prise en compte des démarches antérieures recensées en région Île-de-France ;

- la mise en oeuvre d’une méthode tenant compte de l’ensemble des sensibilités et contraintes définies réglementairement et des études co-portées par l’état et le CrIF. Cette méthode par élimination des secteurs contraints permet de repérer les territoires potentiellement éligibles à l’éolien sans définir de projet précis ;

- l’adoption d’une démarche de construction opérée à partir des qualités intrinsèques des paysages, de leur capacité à accueillir des éoliennes (contraintes et enjeux sectoriels) afin de déterminer le potentiel éolien du territoire francilien présentant une cohérence d’aménagement. Ce dernier volet est traité dans les recommandations sectorielles du schéma.



Enfin, les objectifs du Schéma Régional éolien seront pris en compte lors de l’élaboration de Schémas Régionaux de Raccordement au Réseau des énergies Renouvelables (S3REnR), qui permettront d’anticiper et accueillir les renforcements des réseaux électriques nécessaires.nfin, les objectifs du Schéma Régional éolien seront pris en compte lors de l’élaboration de Schémas Régionaux de Raccordement au Réseau des énergies Renouvelables (S3REnR), qui permettront d’anticiper et accueillir les renforcements des réseaux électriques nécessaires.

Voilà pour le contexte.

Une étude d’impact doit être réalisée dans le cadre de la demande d’exploiter une « ICPE » (loi grenelle 2 du 12/07/10 et décret n°2011-984 du 23/08/11). Elle conprend :
- Analyse de l’état initial du site et de son environnement
- Description du projet et les motivations
- Effet de l’installation sur environnement (effets réversibles et irréversibles)
- Etude des variantes
- Mesures envisagés pour réduire, compenser ou supprimer les conséquences
dommageables sur l’environnement
- Etude des effets sur la santé
- Résumé non technique

Pour tout savoir sur le sujet et préparer la défense de votre territoire :


Consulter les pdf officiels du projet de SRE (>80 p) et son annexe
(Le téléchargement des documents peut être assez long. Il est également possible de télécharger le projet de SRE et son annexe par partie (notamment si le téléchargement/l’enregistrement des fichiers ci-dessus s’avère difficile) :
Première partie du projet de SRE (format PDF - 11.8 Mo)
Deuxième partie du projet de SRE (format PDF - 15.7 Mo)
Troisième partie du projet de SRE (format PDF - 8.5 Mo)
Quatrième partie du projet de SRE (format PDF - 34.6 Mo)
Première partie de l’annexe du projet de SRE (format PDF - 26.1 Mo)
Deuxième partie de l’annexe du projet de SRE (format PDF - 12.8 Mo)

Le résumé pour la Seine et Marne préparé par Seine et Marne Environnement

Schéma régional Eolien :en cours de validation
Guide méthodologique relatif à l'implantation des éoliennes en Seine-et-Marne
Volet paysager du guide éolien de Seine-et-Marne :
http://www.seine-et-marne.equipement.gouv.fr/article.php3?id_article=369
Fiche technique n°3 : La Parade

A Bleau comme dans tous les autres sites de blocs, les grimpeurs ont massivement adopté l'utilisation des crash-pads et c'est plutôt une bonne chose pour leur sécurité. Les matelas de réception ne sont apparus en France qu'au milieu des années 90 et nous ont permis de redécouvrir certains massifs où les plus hauts blocs patientaient sous les lichens. Il a fallu de longues années avant leur généralisation mais aujourd'hui, les grimpeurs sans crash, c'est plutôt rare. Si les pads permettent d'amortir plus ou moins bien le choc (suivant leur qualité), doivent-ils pour autant vous dispenser de la parade ?

On peut en effet, se poser la question car l'arrivée massive d'une génération de grimpeurs formée aux blocs par les salles d'escalade où d'énormes tapis accueillent leurs chutes, semble avoir fait oublier l'art de la parade, pratique pourtant toujours en vigueur chez les gymnaste et qui éviterait bien des accidents.



L'escalade en bloc n'est pas un loisir anodin ! 
Outre les classiques entorses, fractures et autres tassement de vertèbres  les conséquences sont parfois dramatiques, même à une très faible hauteur. Nous avons connu un alpiniste qui, suite à une petite chute sur le dos de 80 cm dans la carrière à Grenoble, a terminé sa carrière dans un fauteuil roulant. Par ailleurs, les crash-pads ont décomplexé les grimpeurs qui multiplient désormais les chutes. Or, il n'existe pas de norme quant à la qualité de l'amortie des mousses. Du coup, nous ne serions pas surpris de voir se multiplier les traumas lombaires dans les années qui viennent.

Bref, chaque fois que vous grimpez un bloc, vous courrez des risques qu'un pareur peut possiblement réduire. Encore faut-il savoir parer et chuter. C'est une question de technique, de vigilance et d'habilité des 2 partenaires.

Jacky parer par Laurent Avare et Pascal Grès
du temps où nous n'avions pas de pad !

Il n'est pas rare de voir un grimpeur, les mains tendues vers le ciel comme s'il invoquait un esprit quelconque, tenter de parer son partenaire mais le laisser s'écraser sur le dos au moment critique ! Il faut dire que l'art de la parade n'est pas enseigné alors qu'autrefois, les grimpeurs apprenaient aux côtés de leurs aînés .. Apprendre à parer de façon sécuritaire et efficace est un pré-requis pour faire de vous un partenaire compétent et fiable, un ami digne de confiance à qui vous confiez votre santé... C'est aussi bon pour le moral, un grimpeur libéré de la peur de la chute peut alors donner son maximum. Un tel niveau de confiance et complicité est difficile à atteindre. Une seule parade ratée peut rompre définitivement la confiance...

Par ailleurs, nous avions négligé l'aspect "juridique" de cet article. En 1991, un grimpeur lors de sa chute a blessé son pareur (chose qui arrive régulièrement) et a été attaqué par celui-ci devant le TGI ! L'affaire est passé en Cours d'appel puis Cassation. On aurait pu croire que le fait de chuter dans notre activité était, d'un point de vue juridique, anodin puisque c'est la base de notre système d'apprentissage en bloc. Que nenni ! 
Les juges en ont décidé autrement. Chuter constitue non pas un échec mais une faute ! En conséquence, le grimpeur engage sa responsabilité vis à vis de son pareur... Vaut mieux le savoir (article à lire impérativement) ! 
On peut donc être tenté de ne pas parer...

Avant de discuter des techniques de parade, il est essentiel de comprendre la dynamique des chutes et de l'atterrissage. Des forces et une vitesse incroyable entrent alors en jeu... Tout objet qui tombe est soumis à la force d'attraction terrestre de 9,8 m/s². Un grimpeur de poids moyenne tombant d'assez haut pourrait donc atteindre une vitesse de 30 km/h avant d'atterrir sur son pareur. Et 80 kg lancés à 30 km/h, cela fait mal, très mal ! À une telle vitesse, le pareur court donc lui aussi grave danger.


Le pareur a pour rôle de réduire la force d'impact en ralentissant la vitesse du grimpeur, c'est à dire en freinant ou stoppant celui-ci sans se blesser pour autant... Une perte d'équilibre, un mauvaise dosage, etc. peuvent entraîner un sur-accident.

Parlons un peu des chutes.

Elles peuvent se classer en deux grandes catégories de chutes : les chutes inattendues, par exemple lorsque l'on zip ou que la prise casse, et les chutes prévisibles, qui sont plus "lentes" et se produisent généralement quand un grimpeur décide d'abandonner. C'est lors des chutes inattendues que le pareur prend tout son sens. La réussite de son action dépend de sa vigilance et de sa rapidité. Pour les chutes prévisibles, il peut en concertation avec le grimpeur, décider d'une stratégie pour limiter la casse.


La force d'impact est assez hallucinante. Un grimpeur qui fait une chute inattendue de un mètre  atterrit avec une force d'impact équivalente à neuf fois son poids, force à laquelle peut difficilement résister une cheville ou un poignet par exemple. 


En dépit de ces risques, parer n'est pas toujours nécessaire. Parfois, cela peut même augmenter les risques de blessure du grimpeur  (coups de poing, égratignures, etc.) ou du pareur. Si le bloc ne pose aucun danger particulier, mieux vaut peut être laisser le grimpeur maîtriser son propre atterrissage. Encore faut-il que celui-ci sache chuter !

A 4 mains, c'est comme au volley,
faut dire j'ai !
Car oui, le grimpeur doit avoir un rôle actif dans sa chute et sa réception !
Prenons par exemple un grimpeur tombant droit comme un i et qui donc atterrit sur ses deux pieds. S'il reste aussi raid qu'un playmobil, c'est à dire qu'il atterrit avec les chevilles, les genoux et les hanches bloqués ; il n'y a aucun amortie de la force d'impact. Le traumatisme est assuré ! 

Il y a au moins 2 raisons physiques à cela. La première concerne la surface au sol du point d'impact. Plus elle est petite, plus la force est concentrée et dévastatrice ! Répartir la force de l'impact sur une plus grande surface du corps permet donc de réduire les risques de blessure. La deuxième concerne le temps. Un force se dissipe dans le temps donc à l'impact, il faut prolonger l’absorption de l'énergie par le sol.

Pour obtenir ce résultat, écartez un peu les jambes, roulez ensuite sur le côté ou sur le dos, le cas échéant. 

Et le pareur ?

Le rôle d'un pareur se résume à minimiser la vitesse de la chute et la force de l'impact. Cela suppose, on l'a dit : vigilance, rapidité, mais aussi, observation et préparation de la zone de réception et de solide qualité physique. Nous parlons là de la parade en générale et telle qu'elle se pratiquait avant la banalisation des pads. Le pareur avait aussi pour rôle de guider le grimpeur dans sa chute ce qui signifie lui éviter les obstacles au sol et l'aider à atterrir sur ses 2 pieds. Aujourd'hui, beaucoup pense que le pareur à comme premier rôle de guider le grimpeur vers le pad. C'est pas faux mais cela suppose que le pad est de qualité ! Ce n'est pas parce qu'un bout de mousse se trouve sous vos pieds qu'il absorbe l'énergie. nous pensons donc qu'un bon pareur doit vous guider tout en ralentissant votre chute.


Parer, c'est s'engager totalement à protéger le grimpeur ! Le temps de réaction est critique dans ce contexte ; si vous ne vous sentez pas en forme pour une raison ou une autre, où que vous ne croyez pas pouvoir enrayer efficacement la chute, n'acceptez pas une telle responsabilité et confier cette tâche à autrui...

La Parade :

1° Préparation de la zone d'impact :

Le premier travail du grimpeur et du pareur (avec ou sans pad) consiste à observer et préparer la surface de réception.

Plus la zone est encombrée, pentue et chaotique, plus elle est dangereuse et nécessite de l'expérience pour réaliser une parade efficace. En l'observant, grimpeur et pareur(s) peuvent décider d'une stratégie commune :
- endroit de dépose,
- obstacles à éviter (racines, arbres, rochers...),
- qui fait quoi...

Retirer du sol les objets qui pourraient devenir dangereux. Il ne s'agit pas d'aménager la zone comme certain l'on fait en creusant pour déplacer des blocs mais simplement de retirer : bâtons, pommes de pins, mais aussi perche, sacs à dos, chaussures, sacs à magnésie, bouteille, brosses... et le traditionnel "pof" souvent laissé au pied de la voie (un petit coup de pied du pareur au décollage peu suffire à l'écarter !)

Idéalement, placez les matelas dans les zones où le grimpeur devrait 'atterrir. Essayez de créer une surface plane sans creux ni rebords pour éviter les entorses.

Dans certain cas extrêmes, protégez directement les blocs ou arbres dangereux. Julien Nadiras, pour la première de Démonia, un hightball au Puiselet avait ainsi attaché des crashs à quelques troncs environnant. Il avait aussi réparti ses nombreux pareurs dans la pente dont certains étaient encordés afin de ne pas être emportés en cas de chute ! N'hésitez pas à travailler le bloc avec une corde et à renoncer...

Enfin, en hiver, il peut être nécessaire se s'assurer que le sol n'est pas trop gelé. A l'époque où nous grimpions sans pad, nous prenions toujours le temps de casser la croûte de sable gelé. Pensez aussi que certains sols sont très glissants quand ils sont humides (terre, herbe) ou roulants (aiguilles de pin, pomme de pin...).

2° Comment se placer

Garder ses mains à proximité du grimpeur est primordial. Il est important de comprendre que dès qu'un grimpeur est hors d'atteinte du pareur, la parade sera nettement moins efficace. Pour autant, faites attention à ne pas toucher le grimpeur. Quelques grammes de moins permettent parfois de tenir la prise mais constituent une tricherie, certes involontaire, mais qui décrédibilisent l’ascension.
Pour qu'une parade soit efficace, le pareur doit être dans l'axe du grimpeur. Là c'est parfois difficile à estimer et nécessite beaucoup d'expérience pour anticiper la trajectoire du chuteur.

Lorsque nous tombons  en arrière ou de côté, nous avons tendance à étirer les bras et à les écarter loin du corps ce qui a pour effet de raidir les coudes et de créer une position très dangereuse. Bon nombre de grimpeur se sont ainsi cassés les poignets, luxer les coudes ou démis l'épaule ! C'est un très mauvais réflexe mais s'en est un et là, dites merci à votre pareur !


Dans les clubs de gymnastique on enseigne les techniques "d'atterrissage" à adopter en cas de chute vers l'arrière ou de côté, à rouler et à amortir avec les cuisses.  Il est important de préciser que ces techniques doivent être apprises dans un milieu sécurisé. Rouler bouler dans un chaos rocheux n'est pas le moment le plus indiqué pour expérimenter de nouvelles techniques.

Comment le pareur doit amortir la chute ?

Il existe presque autant de techniques de parade qu'il y a de chutes. 

Quand la personne commence à grimper, gardez vos mains à proximité de son corps pour être capable de réduire l'accélération en cas de chute imprévue. Les chutes au démarrage d'une voie (zipette de pied, prise qui casse...) surprennent souvent le grimpeur comme le pareur. Essayez d'attraper ce dernier sous les aisselles. Ces chutes sont la cause de petites entorses mais aussi parfois de graves talonnades.

Pour une chute dans l'axe et de deux à trois mètres de haut, le pareur fait un léger pas en avant, jambes et bras semi-fléchies, coudes à hauteur des épaules. L'idée c'est d'attraper le grimpeur avant qu'il ne touche le sol pour amortir sa chute sans la stopper totalement. Par expérience, le mieux est de prendre le grimpeur juste sous les fesses et de l'accompagner au sol ce qui suppose de fléchir les jambes. 
Attention toutefois à ne pas mettre un coup de genou dans le dos du grimpeur. 

Trop loin, la parade sera ratée, trop proche, elle devient dangereuse car l'accompagnement au sol devient impossible. Vous vous retrouvez à porter le grimpeur au dessus de vos épaules. C'est  physique voir risqué (traumatismes possible de vos épaules et du dos) et vous devrez certainement jeter le grimpeur à droite ou à gauche. Évitez de le pousser vers l'avant où il pourrait percuter le bloc et de le jeter derrière vous, où il se trouverait dans la situation d'une chute vers l'arrière dont on a dit quelle est dangereuse. 

Plus la chute est haute, plus le pareur limitera son action d'amortie pour juste accompagner le grimpeur à son arrivée au sol. Dans ce cas, il vaut parfois mieux attraper le grimpeur à l'impact par la taille près de son centre de gravité en prenant soin de ne pas lui broyer les côtes !

C'est d'ailleurs, en général, la meilleure façon d'attraper un grimpeur qui tombe. Laisser les mains glisser vers ses aisselles pour stabiliser et diriger le grimpeur. Attention, attraper un grimpeur trop bas sur le corps peut le faire culbuter vers l'arrière. Protéger la tête, le cou et la colonne vertébrale du grimpeur est votre priorité. Enfin, laissez le grimpeur absorber la chute lui-même et rouler (au besoin) puisque ceci permet une bonne dispersion de la force d'impact.

Si un grimpeur fait une rotation en tombant, faites attention à ses bras... Le risque de recevoir un coup de poing ou une claque est très élevé. Le pareur doit être sur ses gardes ! Dans les balans, c'est des coups de pied qu'il faut se méfier ! En plus, si vous touchez, le bloc ne sera pas validé et vous risquez une bonne engueulade !

Et la position des mains ?

Surveillez vos pouces ! Les écarter améliore votre emprise sur les cuisses du grimpeur, mais cela augmente aussi les risques de blessure. Certains préfèrent donc parer avec les pouces collés à la paume de main, celle-ci étant tourné vers le ciel, les poignets à l'intérieur. Enfin d'autres parent avec les poings mais la aussi, prudence. Bref, à vous de choisir...





Que vous choisissiez d'être paré ou non, il est important de comprendre et maîtriser principes de base de base d'une chute. N'acceptez jamais de parer quelqu'un si vous ne le sentez pas. S'il existe un important écart de poids important entre le grimpeur et vous, trouvez quelqu'un qui convient mieux à la tâche !

Tentez de diriger le grimpeur vers les pads. S'il faut déplacer les matelas durant la grimpe, assignez cette tâche à une autre personne afin de ne pas perdre le grimpeur de vue. Si vous acceptez de parer quelqu'un, ce grimpeur devra avoir toute votre attention. Ce n'est pas le moment de demander une description d'un bloc, une clope ou d'entamer une discussion de politique générale... Vous n'aurez qu'une seule chance d'aider quelqu'un qui fait une chute... Finalement, n'oubliez pas que vous êtes responsable de votre propre sécurité et que même le meilleur pareur au monde ne peut vous sauver si vous vous aventurez sur un bloc dangereux. 


Même les meilleurs se parent, alors faites le !

Lady Big Clac, 1995,
Matthieu Dutray, Christophe Perruchon, Ludo Bourdon
Les pareurs risquent de se gêner  En plus, ils sont un peu trop en arrière mais avec une telle chute, l'important c'est de ralentir le grimpeur.


Merci à tous nos ami(e)s grimpeurs qui ont chuté devant l'objectif et à ceux qui nous parent !


Pour illustrer le propos et grâce à l'ami Philippe Ribière dont vous trouvez un lien vers le blog en bas du notre, voici un bel exemple de parade manquée. Merci !


NATURE