Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2012-09-09

Article publié initialement le 14 septembre 2012 par la TL²B et d'ailleurs

Le sous-sol de l'île-de-France et de la Seine et Marne notamment, semble particulièrement riche en réserve d'hydrocarbures dits  non conventionnels. Nous sommes ici à priori bien loin des préoccupations des sportifs de pleine nature du Pays de Fontainebleau mais, et ce depuis la création de ce site, nous nous engageons pour une meilleure protection de nos sites naturels et pensons que la recherche et/ou l'exploitation des gaz et pétrole de schiste présentent un vrai danger. Nous nous y opposons et le faisons savoir...







Nous avons donc consacré une rubrique de ce blog au thème du Gaz de schiste et une page qu'il a fallu faire évoluer au fil du temps. Depuis plus d'un an, nous vous avons alerté à plusieurs reprises sur les différentes demandes de permis, leur consultation, l'évolution des textes de loi ou les travaux de forage. Ce n'est là qu'une très maigre contribution et pour en savoir plus, il vous faudra consulter les sites des nombreux collectifs qui luttent contre ce qui pourrait devenir le scandale mondial de santé publique du millénaire ! Vous trouverez les liens utiles sur la page citée plus haut ainsi que dans la colonne de gauche de notre site.


Aujourd'hui et demain se tiend la conférence environnementale tant attendue. C'est le moins que l'on puisse dire des sujets comme les gaz de schiste ou le nucléaire  comme en témoigne la presse en ce moment.
Nous attendons donc comme les associations environnementalistes des signes forts de la mise en route du véritable politique de l'environnement (voir le communiqué de presse).

Sur le sujet des hydrocarbures de schiste, les atermoiements gouvernementaux (voir l'article de La Tribune) et les pressions du lobby pétrolier sont loin de constituer des signes encourageants. 
La presse relaye aussi très régulièrement l'argumentaire des lobbies pétroliers.C'est ainsi que nous avons droit au mirage de la croissance « Le gaz de schiste, c'est bon pour l'industrie » (Article de l'Usine Nouvelle) ou au « miracle des gaz de schiste » (Vidéo du directeur de la rédaction de Challenges) sans oublier l'inéffrable Claude Allègre...
70 à 75 % des français seraient opposés à l'exploitation des GDS. On nous prépare médiatiquement à une nouvelle hausse du prix du gaz et, contexte économique aidant, certains arguments des pétroliers portent divisant la population  sur le sujet de l'Énergie (comparez les résultats contradictoires de l'enquête des Echoset celle commandée par le WWF). Difficile de faire un choix quand les médias  vous vantent les mérites économiques supposés de ces nouvelles énergies !

Cet été, nous avons évoqué le cas de la petite commune de Nonville au Sud de Nemours et sa lutte contre les exploitants pétroliers. 

Le Président de notre Conseil Général, Vincent Eblé, est lui aussi fermement opposé à ces recherches dans notre sous-sol, conscient du risque majeure de pollution, des difficultés de gestion de l'eau dans un département en sécheresse chronique depuis 2007, et ne cédant pas aux sirènes du chantage aux emplois dont ont a vu à Nonville le résultat. Il n'a eut de cesse de s'opposer au précédent Préfet allant jusqu'à attaquer en justice les Arrêtés autorisant les forages mais sans succès. Il y a quelques heures, on apprenait que Jean Dey, vice président du CG77 était nomé pour représenter l’Association des Départements de France (ADF) à la Conférence !

Malgrè le "couac" du 1er gouvernement (rappellez-vous, une certaine ministre de l'écologie reclassée...), François Hollande se dit toujours préoccupé par le sujet. Sur le site du CG77, ont peut lire depuis le 05/09/2012 la communication suivante :

"Le chef de l’Etat prend des positions conformes à celles de Vincent Eblé contre la fracturation hydraulique et pour la réforme du code minier

Le chef de l’Etat, François Hollande a réitéré, mercredi 15 août, l'opposition du gouvernement à l'exploitation des gaz et pétroles de schiste par la technique de la fracturation hydraulique et a confirmé la refonte du code minier prévue dans les semaines qui viennent.
Ces nouvelles perspectives sont conformes à la position et aux inquiétudes de Vincent Eblé, relayées récemment dans un courrier adressé à la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Delphine Batho.
Dans ce courrier, le Président du Conseil général demande à « connaître l’avenir réservé aux 12 permis de recherches en cours d’instruction sur le territoire seine-et-marnais ». Il y réitère « la position unanime des élus du territoire, des populations et des associations de protection de l’environnement, demandant notamment la suspension de l’attribution de ces permis de recherche, l’annulation des permis en cours et un moratoire sur tous les forages d’exploration prévus en Ile-de-France» au nom notamment du principe de précaution et de la préservation de nos milieux naturels.
Vincent Eblé appelle par ailleurs tous les élus seine-et-marnais, habitants et citoyens à se joindre à la journée internationale contre la fracturation hydraulique du 22 septembre 2012, organisée à l'appel des collectifs de nombreux pays participants au dernier Sommet des Peuples de Rio + 20.
Un grand rassemblement aura ainsi lieu en Seine-et-Marne, à Tournan-en-Brie, à 14h30, en parallèle avec le rassemblement du Sud de la France qui se tiendra à Alès (Gard). Le même jour, dans toutes les villes et tous les villages concernés ou non par un permis, chaque citoyen, chaque commerce, chaque mairie seront invités à accrocher une banderole (ou grande affiche) portant l’inscription "Non au pétrole et gaz de schiste" à une fenêtre visible de la rue.
Enfin, une action symbolique se tiendra le matin même à Paris : l'inauguration du premier derrick intra-muros."

Voilà, si vous voulez montrer votre attachement au Pays de Fontainebleau pour ne pas voir revenir en forêt les derricks comme c'était le cas dans les années 80, vous pourrez le faire le 22/09/2012 à Tournan-en-Brie ou à Paris mais aussi  à Saint-Christol-Lèz-Alès (Gard) ou Beaumont-de-Lomagne (Tarn et Garonne)... Tous les détails de ces manifestations et bien plus encore sur le site du Collectif Stop pétrole de schiste 77.



Car la situation est grave. En effet, pas moins de quatre arrêtés préfectoraux autorisant des «forages de recherche» ont été pris le 10 août dernier par la seule préfecture de Melun.
Ces 4 documents concernent les permis suivants :
- Nogent-sur-Seine (commune de Sourdun)
- Leudon-en-Brie (commune de Saint-Mars Vieux Maisons)
- Nemours (commune de Nonville)
- Leudon-en–Brie (commune de Chartronges)

Nous l'avons déjà écrit, le Ministère de l'environnement met en ligne des projets de décrets ou d'arrêtés, afin de donner la possibilité au public de donner son avis. C'est un véritable devoir citoyen. Si nous saluons l'effort du ministère, nous pouvons cependant regretter que le temps de consultation soit trop court  pour qu'un travail collectif associatif de réflexion puisse être fait sur ces textes !
Heureusement, Il est possible de s'abonner afin de recevoir, dès sa mise en ligne, l'information sur chaque nouvelle consultation pour ne pas la louper.



Les textes actuellement en consultation - et qui seront prochainement soumis au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (le 18 septembre 2012) - portent sur les sujets suivants :
·         Arrêté ministériel relatif au stockage de mercure         

Car, comme vous le savez, la Seine-et-Marne, c'est aussi une des poubelles de l'Ile-de-France (voir la rubrique "Les déchets") et les menaces sont nombreuses.

Non loin de la Mare aux Evées,
Un témoignage de ces années 80 où près de 120 puis pompaient sous la forêt de Fontainebleau


Un petit espoir nous a été donné par l'Europe ! Après la France qui a interdit l'exploitation, la Commission Européenne vient d'annonçer son intention d'encadrer l'exploitation des hydrocarbures de schiste des états-membres, compte-tenu des risques pour l'environnement. voir l'article d'Actu-Environnement 

Pour celles et ceux qui auraient encore des doutes, nous vous invitons à lire les extraits de l'article ci-dessous qui résument bien l'ampleur du problème et des risques liés au GPDS en Europe.

Bruxelles dépose le bilan des gaz de schiste
Le 10 septembre 2012
par Valéry Laramée de Tannenberg et Geneviève De Lacour

"La Commission européenne a publié, vendredi 7 septembre, trois rapports dressant le bilan sanitaire et environnemental, climatique et économique d’une (encore) hypothétique exploitation des gaz non conventionnels en Europe. Verdict: c’est sale, pas sûr, non encadré juridiquement. Et cela ne donnera jamais l’indépendance énergétique au continent.

(...). En 2011, un rapport du Parlement européen pointait du doigt le potentiel risque sanitaire de l’exploitation des gaz de schiste. En février 2011, le conseil européen en a conclu que l’Europe devait évaluer ses ressources en hydrocarbures non conventionnels et l’impact d’une éventuelle exploitation sur l’environnement.

Le document publié par la DG environnement de la Commission est basé sur toutes les données disponibles (essentiellement américaines) en matière de fracturation hydraulique en vue d’une production importante de gaz. Il évalue le risque à chaque phase du projet d’exploitation. De l’identification et de la préparation de la zone de forage, à son équipement et la cimentation du puits, en passant par la phase de fracturation hydraulique, la production à proprement parler puis l’abandon du puits, l’impact du forage, pour chaque phase, est passé en revue.

Une longue litanie d’impacts négatifs… Le rapport révèle, entre autres, une consommation d’eau beaucoup plus importante que pour des techniques conventionnelles; une production de gaz moindre. Il révèle la difficulté de limiter les fuites de produits chimiques et le volume d’eau usée en phase d’exploitation ou encore la difficulté d’assurer l’étanchéité du puits et des équipements durant la mise en service et l’exploitation.

Il parle aussi du défi dans la sélection du site géologique, de la toxicité potentielle des additifs employés et du défi de trouver des alternatives moins nocives à ces produits chimiques.

En matière d’occupation des sols, la fracturation hydraulique est gourmande en terres. Chaque zone de forage (soit environ une dizaine de puits par zone) s’étend sur 3,6 hectare: deux fois plus que pour un forage conventionnel. Un minimum de 50 puits est nécessaire pour atteindre le même niveau de production qu’un puits en mer du Nord. (...) 
Quant aux pollutions atmosphériques, les fuites de gaz de schiste peuvent potentiellement avoir un impact important sur la couche d’ozone. (...)

Le bruit de l’excavation, du transport du matériel et des rotations de véhicules est un autre facteur à prendre en compte. Surtout que la phase de préparation du site peut s’étaler sur 4 semaines. (...) 


En matière de contamination de l’eau de surface et des aquifères, le risque de pollution est élevé quel que soit la phase de production.

La biodiversité, elle aussi, en serait affectée. (...) 

Pour le trafic routier, ils estiment entre 7.000 et 11.000 le nombre de rotations de camions pour un seul site, pendant la phase de construction et de mise en service. Mêmes s’ils sont provisoires, ces mouvements peuvent durablement affecter les routes locales et régionales. Un total de 250 camions est requis, par jour, pour une seule zone de forage.

(...)

Selon le rapport de la DG Environnement, l’exploitation des gaz de schiste pourrait bien passer à travers les failles de la réglementation européenne. Une éventualité qui n’est pas sans conséquence, et notamment en matière de gestion des risques pour la santé humaine et l’environnement. (...)

Mais ce n’est pas tout. Ces derniers mois, les experts se sont déchaînés. Les pro et les anti gaz de schiste ne cessant de s’envoyer leur bilan carbone à la tête. Chez ces derniers, Robert Howarth (université Cornell) en tête, les fuites de méthane sont telles que l’empreinte climatique des gaz de schiste est pire que celle du… charbon . Pour les foreurs, ce genre d’estimation relève de l’affabulation.

Dans le rapport commandé par la Direction générale de l’action climatique, les propos sont plus nuancés. Ses auteurs estiment que le bilan carbone de l’électricité produite à partir de gaz de schiste (transporté par gazoduc) est de 4% à 8% moins favorable que celui du courant produit avec du gaz naturel. (...).

Autre interrogation: les gaz non conventionnels (GNC) vont-ils révolutionner les marchés de l’énergie en Europe? Question fondamentale à laquelle il est presque impossible de répondre, tant les incertitudes sont grandes. Une dizaine de chercheurs du centre communautaire de recherches (JRC) et d’experts de la Direction générale de l’énergie se sont pourtant prêtés au jeu.

Dans leur volumineux rapport, ils tentent tout d’abord d’évaluer les réserves potentielles de gaz non conventionnels. Un exercice qui relève presque du «doigt mouillé». (...) 
L’Europe n’a pas à rougir de tels chiffres. Son sous-sol pourrait receler une quinzaine de milliards de tonnes équivalent pétrole, dont l’essentiel se trouverait en Europe occidentale. A supposer que ces molécules soient bien là, encore faut-il savoir ce que l’on pourra effectivement extraire des profondeurs «hydro-fracturées». «Pour le gaz de schiste, expliquent les auteurs, le taux effectif de récupération varie de 15% à 40%.»

Pour autant, rappellent-ils, la connaissance seule des réserves ne suffit pas à prédire l’avenir européen des GNC. (...) 
Autre différence notable: le marché du gaz américain est totalement libéralisé. En Europe, pour des raisons politiques, les marchés de l’énergie restent étroitement surveillés par les Etats et par le monopole «historique». (...) 
Pour toutes ces raisons, le rapport estime que si les meilleures conditions géologiques, techniques, économiques et politiques étaient réunies, les GNC pourraient compenser le déclin des ressources classiques régionales. Le taux de dépendance de L’Europe passerait de 50% à environ 60%. Un vrai progrès.

Les documents en question (en anglais) 
Bonjour,

Le sous-sol de l'île-de-France et de la Seine et Marne notamment, semble particulièrement riche en réserve d'hydrocarbures dits  non conventionnels. Nous sommes ici à priori bien loin des préoccupations des sportifs de pleine nature du Pays de Fontainebleau mais, et ce depuis la création de ce site, nous nous engageons pour une meilleure protection de nos sites naturels et pensons que la recherche et/ou l'exploitation des gaz et pétrole de schiste présentent un vrai danger. Nous nous y opposons et le faisons savoir...



Nous avons donc consacré une rubrique de ce blog au thème du Gaz de schiste et une page qu'il a fallu faire évoluer au fil du temps. Depuis plus d'un an, nous vous avons alerté à plusieurs reprises sur les différentes demandes de permis, leur consultation, l'évolution des textes de loi ou les travaux de forage. Ce n'est là qu'une très maigre contribution et pour en savoir plus, il vous faudra consulter les sites des nombreux collectifs qui luttent contre ce qui pourrait devenir le scandal mondial de santé publique du millénaire ! Vous trouverez les liens utiles sur la page citée plus haut ainsi que dans la colonne de gauche de notre site.


Aujourd'hui et demain se tiend la conférence environnementale tant attendue. C'est le moins que l'on puisse dire des sujets comme les gaz de schiste ou le nucléaire  comme en témoigne la presse en ce moment.
Nous attendons donc comme les associations environnementalistes des signes forts de la mise en route du véritable politique de l'environnement (voir le communiqué de presse).

Sur le sujet des hydrocarbures de schiste, les atermoiements gouvernementaux (voir l'article de La Tribune) et les pressions du lobby pétrolier sont loin de constituer des signes encourageants.
La presse relaye aussi très régulièrement l'argumentaire des lobbies pétroliers. C'est ainsi que nous avons droit au mirage de la croissance « Le gaz de schiste, c'est bon pour l'industrie » (Article de l'Usine Nouvelle) ou au « miracle des gaz de schiste » (Vidéo du directeur de la rédaction de Challenges) sans oublier l'inéffrable Claude Allègre...
70 à 75 % des français seraient opposés à l'exploitation des GDS. On nous prépare médiatiquement à une nouvelle hausse du prix du gaz et, contexte économique aidant, certains arguments des pétroliers portent divisant la population  sur le sujet de l'Énergie (comparez les résultats contradictoires de l'enquête des Echos et celle commandée par le WWF). Difficile de faire un choix quand les médias  vous vantent les mérites économiques supposés de ces nouvelles énergies !

Cet été, nous avons évoqué le cas de la petite commune de Nonville au Sud de Nemours et sa lutte contre les exploitants pétroliers.

Le Président de notre Conseil Général, Vincent Eblé, est lui aussi fermement opposé à ces recherches dans notre sous-sol, conscient du risque majeure de pollution, des difficultés de gestion de l'eau dans un département en sécheresse chronique depuis 2007, et ne cédant pas aux sirènes du chantage aux emplois dont ont a vu à Nonville le résultat. Il n'a eut de cesse de s'opposer au précédent Préfet allant jusqu'à attaquer en justice les Arrêtés autorisant les forages mais sans succès. Il y a quelques heures, on apprenait que Jean Dey, vice président du CG77 était nomé pour représenter l’Association des Départements de France (ADF) à la Conférence !

Malgrè le "couac" du 1er gouvernement (rappellez-vous, une certaine ministre de l'écologie reclassée...), François Hollande se dit toujours préoccupé par le sujet. Sur le site du CG77, ont peut lire depuis le 05/09/2012 la communication suivante :

"Le chef de l’Etat prend des positions conformes à celles de Vincent Eblé contre la fracturation hydraulique et pour la réforme du code minier

Le chef de l’Etat, François Hollande a réitéré, mercredi 15 août, l'opposition du gouvernement à l'exploitation des gaz et pétroles de schiste par la technique de la fracturation hydraulique et a confirmé la refonte du code minier prévue dans les semaines qui viennent.
Ces nouvelles perspectives sont conformes à la position et aux inquiétudes de Vincent Eblé, relayées récemment dans un courrier adressé à la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Delphine Batho.
Dans ce courrier, le Président du Conseil général demande à « connaître l’avenir réservé aux 12 permis de recherches en cours d’instruction sur le territoire seine-et-marnais ». Il y réitère « la position unanime des élus du territoire, des populations et des associations de protection de l’environnement, demandant notamment la suspension de l’attribution de ces permis de recherche, l’annulation des permis en cours et un moratoire sur tous les forages d’exploration prévus en Ile-de-France» au nom notamment du principe de précaution et de la préservation de nos milieux naturels.
Vincent Eblé appelle par ailleurs tous les élus seine-et-marnais, habitants et citoyens à se joindre à la journée internationale contre la fracturation hydraulique du 22 septembre 2012, organisée à l'appel des collectifs de nombreux pays participants au dernier Sommet des Peuples de Rio + 20.
Un grand rassemblement aura ainsi lieu en Seine-et-Marne, à Tournan-en-Brie, à 14h30, en parallèle avec le rassemblement du Sud de la France qui se tiendra à Alès (Gard). Le même jour, dans toutes les villes et tous les villages concernés ou non par un permis, chaque citoyen, chaque commerce, chaque mairie seront invités à accrocher une banderole (ou grande affiche) portant l’inscription "Non au pétrole et gaz de schiste" à une fenêtre visible de la rue.
Enfin, une action symbolique se tiendra le matin même à Paris : l'inauguration du premier derrick intra-muros."

Voilà, si vous voulez montrer votre attachement au Pays de Fontainebleau pour ne pas voir revenir en forêt les derricks comme c'était le cas dans les années 80, vous pourrez le faire le 22/09/2012 à Tournan-en-Brie ou à Paris mais aussi  à Saint-Christol-Lèz-Alès (Gard) ou Beaumont-de-Lomagne (Tarn et Garonne)... Tous les détails de ces manifestations et bien plus encore sur le site du Collectif Stop pétrole de schiste 77.



Car la situation est grave. En effet, pas moins de quatre arrêtés préfectoraux autorisant des «forages de recherche» ont été pris le 10 août dernier par la seule préfecture de Melun.
Ces 4 documents concernent les permis suivants :
- Nogent-sur-Seine (commune de Sourdun)
- Leudon-en-Brie (commune de Saint-Mars Vieux Maisons)
- Nemours (commune de Nonville)
- Leudon-en–Brie (commune de Chartronges)

Nous l'avons déjà écrit, le Ministère de l'environnement met en ligne des projets de décrets ou d'arrêtés, afin de donner la possibilité au public de donner son avis. C'est un véritable devoir citoyen. Si nous saluons l'effort du ministère, nous pouvons cependant regretter que le temps de consultation soit trop court  pour qu'un travail collectif associatif de réflexion puisse être fait sur ces textes !
Heureusement, Il est possible de s'abonner afin de recevoir, dès sa mise en ligne, l'information sur chaque nouvelle consultation pour ne pas la louper.



Les textes actuellement en consultation - et qui seront prochainement soumis au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (le 18 septembre 2012) - portent sur les sujets suivants :
·         Arrêté ministériel relatif au stockage de mercure         

Car, comme vous le savez, la Seine-et-Marne, c'est aussi une des poubelles de l'Ile-de-France (voir la rubrique "Les déchets") et les menaces sont nombreuses.

Non loin de la Mare aux Evées,
Un témoignage de ces années 80 où près de 120 puis pompaient sous la forêt de Fontainebleau


Un petit espoir nous a été donné par l'Europe ! Après la France qui a interdit l'exploitation, la Commission Européenne vient d'annonçer son intention d'encadrer l'exploitation des hydrocarbures de schiste des états-membres, compte-tenu des risques pour l'environnement. voir l'article d'Actu-Environnement

Pour celles et ceux qui auraient encore des doutes, nous vous invitons à lire les extraits de l'article ci-dessous qui résument bien l'ampleur du problème et des risques liés au GPDS en Europe.

Bruxelles dépose le bilan des gaz de schiste
Le 10 septembre 2012
par Valéry Laramée de Tannenberg et Geneviève De Lacour

"La Commission européenne a publié, vendredi 7 septembre, trois rapports dressant le bilan sanitaire et environnemental, climatique et économique d’une (encore) hypothétique exploitation des gaz non conventionnels en Europe. Verdict: c’est sale, pas sûr, non encadré juridiquement. Et cela ne donnera jamais l’indépendance énergétique au continent.

(...). En 2011, un rapport du Parlement européen pointait du doigt le potentiel risque sanitaire de l’exploitation des gaz de schiste. En février 2011, le conseil européen en a conclu que l’Europe devait évaluer ses ressources en hydrocarbures non conventionnels et l’impact d’une éventuelle exploitation sur l’environnement.

Le document publié par la DG environnement de la Commission est basé sur toutes les données disponibles (essentiellement américaines) en matière de fracturation hydraulique en vue d’une production importante de gaz. Il évalue le risque à chaque phase du projet d’exploitation. De l’identification et de la préparation de la zone de forage, à son équipement et la cimentation du puits, en passant par la phase de fracturation hydraulique, la production à proprement parler puis l’abandon du puits, l’impact du forage, pour chaque phase, est passé en revue.

Une longue litanie d’impacts négatifs… Le rapport révèle, entre autres, une consommation d’eau beaucoup plus importante que pour des techniques conventionnelles; une production de gaz moindre. Il révèle la difficulté de limiter les fuites de produits chimiques et le volume d’eau usée en phase d’exploitation ou encore la difficulté d’assurer l’étanchéité du puits et des équipements durant la mise en service et l’exploitation.

Il parle aussi du défi dans la sélection du site géologique, de la toxicité potentielle des additifs employés et du défi de trouver des alternatives moins nocives à ces produits chimiques.

En matière d’occupation des sols, la fracturation hydraulique est gourmande en terres. Chaque zone de forage (soit environ une dizaine de puits par zone) s’étend sur 3,6 hectare: deux fois plus que pour un forage conventionnel. Un minimum de 50 puits est nécessaire pour atteindre le même niveau de production qu’un puits en mer du Nord. (...) 
Quant aux pollutions atmosphériques, les fuites de gaz de schiste peuvent potentiellement avoir un impact important sur la couche d’ozone. (...)

Le bruit de l’excavation, du transport du matériel et des rotations de véhicules est un autre facteur à prendre en compte. Surtout que la phase de préparation du site peut s’étaler sur 4 semaines. (...) 


En matière de contamination de l’eau de surface et des aquifères, le risque de pollution est élevé quel que soit la phase de production.

La biodiversité, elle aussi, en serait affectée. (...) 

Pour le trafic routier, ils estiment entre 7.000 et 11.000 le nombre de rotations de camions pour un seul site, pendant la phase de construction et de mise en service. Mêmes s’ils sont provisoires, ces mouvements peuvent durablement affecter les routes locales et régionales. Un total de 250 camions est requis, par jour, pour une seule zone de forage.

(...)

Selon le rapport de la DG Environnement, l’exploitation des gaz de schiste pourrait bien passer à travers les failles de la réglementation européenne. Une éventualité qui n’est pas sans conséquence, et notamment en matière de gestion des risques pour la santé humaine et l’environnement. (...)

Mais ce n’est pas tout. Ces derniers mois, les experts se sont déchaînés. Les pro et les anti gaz de schiste ne cessant de s’envoyer leur bilan carbone à la tête. Chez ces derniers, Robert Howarth (université Cornell) en tête, les fuites de méthane sont telles que l’empreinte climatique des gaz de schiste est pire que celle du… charbon . Pour les foreurs, ce genre d’estimation relève de l’affabulation.

Dans le rapport commandé par la Direction générale de l’action climatique, les propos sont plus nuancés. Ses auteurs estiment que le bilan carbone de l’électricité produite à partir de gaz de schiste (transporté par gazoduc) est de 4% à 8% moins favorable que celui du courant produit avec du gaz naturel. (...).

Autre interrogation: les gaz non conventionnels (GNC) vont-ils révolutionner les marchés de l’énergie en Europe? Question fondamentale à laquelle il est presque impossible de répondre, tant les incertitudes sont grandes. Une dizaine de chercheurs du centre communautaire de recherches (JRC) et d’experts de la Direction générale de l’énergie se sont pourtant prêtés au jeu.

Dans leur volumineux rapport, ils tentent tout d’abord d’évaluer les réserves potentielles de gaz non conventionnels. Un exercice qui relève presque du «doigt mouillé». (...) 
L’Europe n’a pas à rougir de tels chiffres. Son sous-sol pourrait receler une quinzaine de milliards de tonnes équivalent pétrole, dont l’essentiel se trouverait en Europe occidentale. A supposer que ces molécules soient bien là, encore faut-il savoir ce que l’on pourra effectivement extraire des profondeurs «hydro-fracturées». «Pour le gaz de schiste, expliquent les auteurs, le taux effectif de récupération varie de 15% à 40%.»

Pour autant, rappellent-ils, la connaissance seule des réserves ne suffit pas à prédire l’avenir européen des GNC. (...) 
Autre différence notable: le marché du gaz américain est totalement libéralisé. En Europe, pour des raisons politiques, les marchés de l’énergie restent étroitement surveillés par les Etats et par le monopole «historique». (...) 
Pour toutes ces raisons, le rapport estime que si les meilleures conditions géologiques, techniques, économiques et politiques étaient réunies, les GNC pourraient compenser le déclin des ressources classiques régionales. Le taux de dépendance de L’Europe passerait de 50% à environ 60%. Un vrai progrès.

Les documents en question (en anglais) 



 
L'évènement pour les grimpeurs cette semaine c'est les championnats du monde d'escalade à Bercy. L'événement n'a pas sa place sur notre média qui traite des sites naturels me direz-vous. Oui...et non car l'organisation de ce Championnats de tous les superlatifs, véritable tour de force de la fédé, cache peut être un petit problème quant à la politique d'équipement, de développement et de protection des sites naturels de grimpe de la FFME. En fait depuis quelques années, voire décennies, la FFME semble lancée à la conquête du pouvoir absolu en matière de sports de montagne. Ses nombreuses campagnes de communication autour des J.O. et ses opérations de lobbying ne doivent pas faire oublier qu’en dehors de la ligne de spits fédérale, d’autres voies existent. Bref, nous n’allons pas nous faire de nouveaux amis à la fédé (mais au point où on n’en est…) Le dossier est lourd et complexe et nous seront certainement amenés à le traiter en plusieurs volets...

Pourquoi, les championnats du Monde à Paris en 2012 ?

Les championnats du Monde d’escalade se déroulent en moyenne tous les deux ans et  les premiers ont eu lieu en 1991. À l’époque ces derniers étaient organisés par l’union internationale des associations d’alpinisme (UIAA) et ne comportaient que les épreuves de difficulté et de vitesse. Peu visibles sur les télés, le format des épreuves étant peu adapté au direct, il a fallu attendre 2001 pour que l’épreuve de bloc fasse son apparition suscitant un intérêt grandissant des spectateurs (pas de corde, au moins 6 grimpeurs en même temps, proximité du public...) En 2007, la compétition est gérée par la fédération internationale d’escalade (IFSC). Pour avoir une chance de devenir un sport olympique, il faut que l'escalade handisport ait droit de citer. C'est ainsi que naissent  en 2011 les premiers championnats du Monde handisport. Cette année bloc, difficulté et vitesse sont présentes, ainsi que l'escalade Handisport ! Plus de 500 athlètes représentant 60 pays participent aux épreuves ce qui en fait le plus important événement jamais organisé. La salle peut accueillir 8 000 spectateurs et le prix des billets varient de 32  à 55 pour le forfait WE.

Les championnats d’Europe à Paris en 2008 avaient permis à la FFME de gagner en crédibilité notamment auprès de la ville de Paris (malheureuse candidate à l'organisation des JO) et de la région Île-de-France. Les championnats du Monde 2012 devraient permettre de donner un coup de projecteur sur la discipline et contribuer à son développement. C'est du moins ce à quoi travaillent bénévoles et salariés de la fédé. Et de ce point de vue là, rien à dire, c’est parfait ! Bravo à toutes et tous.

C’est en 2013 que le Comité international olympique (CIO) rendra sa décision parmi une liste de 8 disciplines (softball, baseball, karaté, squash, roller, wushu, wakeboard, et escalade). Ces championnats du monde d’escalade, un an avant la décision du CIO, doivent apporter un éclairage sur l’universalité de la discipline et sur le fait qu’elle réponde aux valeurs de l’olympisme.

En amont de l’événement, des actions ont été menées afin de promouvoir la discipline, notamment chez les plus jeunes. En mai, des structures d’escalade ont été installées sur le parvis de l’Hôtel de ville. Ces dernières ont accueilli des scolaires pendant une semaine et ont permis d’effectuer des démonstrations, ainsi que des baptêmes d’escalade. Des opérations similaires ont été organisées dans les bases de loisirs au cours de l’été en partenariat avec le Comité régional olympique et sportif d’Île-de-France (CROSIF). Coté opération séduction, rien n'a été oublié et un site internet a été spécialement conçu pour l’occasion (www.worldclimbing2012.com). Outre la présence de nombreuses informations (programme, réservations, revue de presse…), le site permet de visualiser la compétition en webcasting ! Au-delà de cette diffusion, la couverture médiatique est assurée par RMC et Sport +. Et sur les réseaux sociaux, en plus de la page officielle de la FFME, une page est spécialement mise en place.

Bref, la FFME a mis le paquet. Et encore une fois, bravo, c’est bien fait. Attendons la fin du mois pour tirer le bilan.

Mais si cette opération est un échec "commercial", le navire fédéral pourrait bien sombrer. Car il est fragile et nous ne sommes par certain que cet événement suffira à sortir la FFME de l'ornière. Qu'adviendra t'il alors de l'escalade ?
Si c'est un succès, la politique fédérale tournée vers le haut niveau et le tout structures artificielles lui permettra t-elle de recruter de nouveaux licenciés ? Enfin, les pratiquants préférant les sites naturels et une pratique de loisirs y trouveront-ils leur compte ? Voici les vrais enjeux de Bercy 2012.

Pour les comprendre, il faut revenir en arrière.

Reprenons au début quand l'escalade sportive et libre n'existait pas ! On faisait alors de « l'alpinisme » et ceux qui pratiquaient déjà le bloc à Fontainebleau ne grimpaient pas mais s'entraînaient... Nuance. A ce petit jeu, les alpinistes parisiens se regroupent au sein de diverses associations plus ou moins sérieuses.

On vient a Bleau en train...
Le CAF (Club Alpin français) est né au sortir de la guerre de 1870 (1874 pour être exact) d'où sa terrible devise "pour la patrie, par la montagne" ! Le CAF  investi massivement dans le développement du confort et de la sécurité des alpinistes en aménageant de nombreux refuges dont il est aujourd’hui encore propriétaire. Notez que ce n'est pas la seule association qui s’occupe des alpinistes. On pourrait citer l’ancêtre de l’UCPA, la FSGT… (voir plus bas).

Vient ensuite la FF Montagne à la fin de la deuxième guerre mondiale. A cette époque, le haut-commissariat aux sports a souhaité développer les expéditions lointaines afin de reconstruire l’image internationale de la France et de répondre aux différentes expéditions parties à la conquête de l’Himalaya. Les dirigeants du CAF y sont peu favorables, c'est donc la FFM qui mettra sur pied nos grandes expés avec le succès que l'on connaît la victoire sur l'Annapurna dès 1950. Il faut attendre les années 70 pour voir se développer une pratique de l'escalade résolument sportive et les années 80 pour les premiers rassemblement internationaux de grimpeurs. Cette émancipation de l'escalade vis à vis de l'alpinisme, encore aujourd'hui mal percue du grand public, conduit à certaines tensions au sein de la FFM et une poignée d'athlètes fondent la FF Escalade en 1985.  Celle-ci fusionne au bout de deux ans  (1987) avec la FFM pour créer la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) notamment sous la pression du ministère des sports qui lui aussi fait l'amalgame.

En 2012, la FFME est donc la fédération délégataire c'est-à-dire qu’elle a reçu une délégation du ministère de Sports pour assurer la promotion et le développement de quatre disciplines  : l’escalade, le canyonisme, la raquette à neige, le ski-alpinisme. Cela signifie qu'elle est officiellement en charge des formations d’Etat, de la définition des réglementations et de la délivrance du titre de champion de France... En 2012 elle compte environ 80 000 licenciés (dont 10 000 compétiteurs ) répartis dans plus de 1 000 clubs. Elle est membre de la fédération internationale d’escalade (IFSC).

La première conclusion de cette historique est que la fédé « officielle » n'est  pas la seule à s'occuper de l'escalade et ses variantes. Il y a le CAF devenu FFCAM, le "canal historique" mais aussi pour ne citer qu'un autre concurrent, la FSGT, Fédération Sportive et Gymnique du Travail, très grosse fédé populaire multi sports.

Entre ces trois là, les divergences d’opinion, voir de philosophie, et les tensions sont nombreuses et la concurrence féroce. "Concurrence" c'est bien le terme car ce qui fait vivre les fédérations, c'est d'une part les cotisations de leurs adhérents, d'autre part les subventions issues notamment de l'ancien FNDS (Fond national pour le développement du sport, aujourd'hui CNDS). Donc, quand il faut se partager le gâteau et qu'on est nombreux, c'est forcément compliqué. Encore plus en période de réduction budgétaire !


La FFME à la conquête des sommets du pouvoir…

Il y a quelques années, la FFME était financièrement dans le rouge. Ainsi, en 1999, le regretté Daniel Taupin, membre du Comité Directeur (CODIR) de la fédé, posait déjà la question de l'avenir dans un texte intitulé "FFME troisième millénaire ou les APPN sont-elles du domaine fédéral ? Parmi les courriers échangés à l'époque entre membre du CODIR, les extraits de celui du 23 septembre démontreront l'ampleur du malaise.

« Où va la FFME ? (...) Le chemin complexe, voire tortueux sur lequel elle semble engagée ne permet plus de cerner ses objectifs. (...)
Il s'agit d'exprimer clairement vers quelles finalités nous nous dirigeons. Je vous renvoie vers l'excellent document que nous a transmis Daniel Taupin qui pose à mon avis les vraies questions. (...) Pour ma part, j'ai toujours défendu très clairement l'importance du développement des activités de pleine nature et de loisirs et l'importance du positionnement de la fédération sur les problèmes d'environnement. (...) Notre fédération, gérée à tous ses niveaux par des bénévoles, me semble être devenue l'objet autour d'elle-même et en son propre sein, de beaucoup de conflits de pouvoir mais surtout d'enjeux financiers occultes. (...)
Après deux années passées à prendre des mesures pour enrayer le déficit, on ne percoit pas le bout du tunnel. (...) Comment a-t-on pu passer en dix ans d'un budget de 4 millions (en francs) pour 95 000 adhérents à un budget de 16 millions de francs pour à peine 50 000 licenciés et connaître de tels problèmes ? Les recettes se sont multipliées par 4, sur quels postes précisément on multiplie les dépense ? (...) »

C'est presque le point de départ du renouveau de la fédé. Pour mener à bien cette tâche, la fédé a changé de statuts, réorganiser tout son staff, procédé à de nombreux changements internes (y compris de personnes) et revue sa politique.
Elle s’est donc lancée dans une vaste opération de séduction afin de conquérir de nouveaux adhérents et de séduire les décideurs en matière de construction de mur d’escalade abandonnant plus ou moins les sites naturels, leur développement ou leur protection car ces derniers sont libre d’accès et ne génèrent pas d’adhésion directe.

Son but : faire de l’escalade un sport olympique et le chantier est vaste. Elle met alors en place des commissions, échafaude des plans de développement des structures artificielles et communique massivement sur sa vision de l’escalade de demain, se dote d’un journal et d’un site web….

Ainsi, par exemple, en 2002, la fédération lance son plan de développement des SAE, afin de structurer la pratique sur le territoire et d’augmenter les possibilités de faire de la compétition. Il est accompagné d’un schéma d’orientation fédéral des équipements sportifs. Le projet est financé par le CNDS et la fédération. L’enveloppe consacrée à ce plan est de 180 000 €/an (250 000 en 2013) et les aides versées aux porteurs de projets varient de 12 000 pour une structure de niveau départemental à 18 000 pour le niveau national en sachant que le coût de création d’une SAE varie de 80 000 à 250 000 selon le niveau. Depuis sa mise en place, 180 clubs ont bénéficié en France du plan de développement. En plus de cet apport financier, la fédération peut accompagner les collectivités dans leur projet grâce à ses conseillers et, moyennant rémunération, cet accompagnement peut aller jusqu’à une assistance dans la  maîtrise d’ouvrage.

Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? En effet, dès le début des années 90, le secteur privé comprend que les grimpeurs sont à la recherche de lieux d’entraînement auxquels les clubs municipaux ne semblent pas pouvoir répondre. En effet, outre la qualité des murs pas toujours très heureuse, l’un des défauts majeurs de ces structures réside dans la faiblesse des créneaux horaires proposés. En Ile de France, naît ainsi la salle de Thiais ouverte 7 jours sur 7. Suit rapidement Mur Mur Pantin, Antrebloc à Villlejuif, Bloc Out, Blocbuster… Et toute ces salles ont vraiment de quoi séduire malgré le tarif ! Rien d’étonnant donc à ce que la plupart des grimpeurs n’aient plus de licence associative donc !

Disons le aussi, toujours en Île-de-France, ce ne sont pas les supports de pratique libre d’accès qui manquent ! Bleau (au sens le plus vaste) réunit chaque année 14 à 17 million de visites ! Il y a pour aussi les amateurs de falaise, le célèbre Viaduc des Fauvettes dont nous avons parlé à différentes reprises sur ce blog.

Là encore, le succès ne se dément pas et ces deux sites correspondent aux attentes des pratiquants de loisirs (même de haut niveau) tournés vers la nature, la liberté d’accès et peu désireux de faire de la compétition. Là aussi la FFME et notamment ses comités territoriaux font l’impasse pendant de longues années ! Ainsi ni le Comité régional de la fédé, ni le CD 91 ne s’investissent dans la lutte pour le sauvetage du viaduc et c’est le Cosiroc qui mène le combat. Idem pour Bleau jusqu’en 2004. Faut dire qu’en Essonne, la FFME a d’autres projets et qu’elle a besoin de financements pour les mener à bien. Ainsi, plutôt que le Viaduc la FFME défendait à l’époque les investissement à faire à Massy dont l’élitisme n’a pourtant rien à voir avec celui du viaduc, gratuit et libre d’accès…

Au niveau national, la FFME entre dès le début dans une phase de lobbying qui doit lui permettre de faire main basse sur les licenciés potentiels y compris ceux des autres « fédérations » et déterre la hache de guerre contre le CAF. Une lutte de pouvoir qui dure depuis des années et que la jeune FFME a bien du mal à mener contre une institution comme le CAF.

Quand cela ne fonctionne pas, elle tente la force. Exemple : en mars 2010, elle vote lors de son AG l’obligation de licencier FFME tous les adhérents de ses clubs affiliés. En clair, elle réclame au CAF et à la FSGT que leur adhérents aient 2 licences ! Les clubs affiliés à la FFME ne respectant pas cette règle seraient passibles de sanctions disciplinaires. Mais lesquelles ? Certes la FFME est dans son droit pour inscrire cette disposition dans ses statuts, comme le prévoit le code du sport (Article L131-6) : Les statuts des fédérations sportives peuvent prévoir que les membres adhérents des associations affiliées doivent être titulaires d’une licence sportive. Mais si telle est son droit quelle est la portée réelle de cette disposition ? Que souhaite cette fédération :a voir une position hégémonique sur les pratiques de montagne ou simplement vouloir faire face à la rude concurrence  ? Pourquoi a-t-elle besoin de recourir à de telles mesures ?

Du coup, en cette période de réinscription dans les clubs, interrogez-vous sur l’utilisation de l’argent correspondant à votre licence par la FFME.

La FFME aurait – elle mieux à offrir à ses licenciés que les assurances du CAF ou de la FSGT ? Car la licence c’est aussi une assurance que se doivent de proposer les fédés (cf. code du sport). La réponse est non car en matière de coût il est plus facile de négocier des tarifs quand on dispose de 200 000 adhérents (2,80 € pour la FSGT) que de 80 000 adhérents (entre 9,80 € et 12,80 € pour la FFME) ! C’est donc pour leur offrir quoi ? Des compétitions de haut niveau ? Certainement, bien que dans ce cas, il ne faut pas oublier que les fédérations affinitaires et les salles privées organisent elles aussi de très belles manifestations et que le niveau de leurs pratiquants n’a rien à envier à ceux de la FFME. Les équipes jeunes du CAF (FFCAM) ces dernières années ont largement prouvé leur valeur sur les podiums et en montagne. Elle pourrait évoquer la qualité et le nombre de ses formations. Là encore ce ne sont pas les seules à organiser des de très bonnes formations. Ainsi, depuis sa création, la commission fédérale montagne de la FSGT a toujours eu le souci d’organiser des formations dans le but de les rendre plus autonome et responsable et rendre les sports de montagne plus populaire et démocratique.

Reste donc dans les services uniques de la FFME : le titre de champion de France, l’accès aux compétitions internationales et l’accès aux formations certifiées pour exercer le métier de « moniteur » ! Ca fait pas lourd. C’est pas grave, la FFME va communiquer et tenter de faire oublier ses concurrents.

Dans la perspective des Championnats du monde, la FFME a collaboré à la rédaction d'une étude de l'IRDS visant à dresser le portrait de l'escalade en Ile de France. Le document est très intéressant mais révèle aussi une vision très « fédérale » du développement de notre sport et sa politique de conquête des licenciés.
Connaissez-vous l’IRDS ?

L'IRDS à pour mission :
·         de contribuer à la création d'un observatoire du sport en Île-de-France, d'en exploiter les données et d'en diffuser les résultats. Cette observation s'appuie sur la mutualisation et l'exploitation des travaux réalisés par ses membres et sur des enquêtes, analyses ou études complémentaires qu'il suscite ou réalise ;
·         de définir et conduire la réalisation d'études permettant de comprendre les évolutions des pratiques et attentes des Franciliens, d'en donner une appréciation prospective afin d'éclairer l'action des différents partenaires et de favoriser le développement du sport, notamment l'accession au sport de haut niveau ;
·         de favoriser la diffusion des travaux réalisés par d'autres organismes sur ces sujets, par l'identification et la mise à disposition des documents publiés par les services d'étude et de recherche ;
·         de répondre à toute autre mission confiée par l'administration centrale ou les services déconcentrés de l'Etat (ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative), par l'administration régionale ou par le CROSIF, sous réserve de l'accord des organes dirigeants de l'IRDS.
L'observation et les études portent notamment sur :
·         les attentes et les pratiques sportives des Franciliens à tous niveaux, à toutes fonctions éducatives, compétitives, récréatives ainsi que leur évolution et les freins à leur développement ;
·         l'offre proposée à la population francilienne par le mouvement associatif, les collectivités territoriales et les acteurs privés ; ainsi que la répartition de cette offre sur l'ensemble du territoire francilien ;
·         l'emploi lié aux activités sportives ainsi que l'offre de formation préparant aux professions concernées ;
·         la vie associative et l'implication des bénévoles dans le développement des pratiques sportives.

Nous avons lu avec beaucoup d’attention ce dossier de 16 pages pompeusement intitulé « l’escalade en Ile – de – France ». Publié en août, il a déjà suscité beaucoup de réactions chez les concurrents de la FFME. Pas étonnant… les sites naturels et les salles privées ne font l’objet que de quelques lignes visant peut être à minimiser leur attractivité auprès des décideurs de construction de mur. Pire, le dossier passe quasi sous silence les autres fédérations ce qui, il faut le reconnaître, dresse un portrait un peu tronqué de l’escalade en Île-de-France.
En voici des citations qui expliquent en partie la politique menée en IdF par la fédé.

« Selon l’enquête sur les pratiques sportives des Franciliens, 1,5 % des Franciliens âgés de 15 ans et plus (soit l’équivalent de 140 000 personnes) s’adonnent de près ou de loin à l’escalade. Parmi eux, 35 % déclarent pratiquer en-dehors de tout encadrement. Ces derniers ont généralement une pratique de loisir, et occasionnelle. Le comité régional a engagé une réflexion sur la manière dont elle pourrait attirer ce public vers les clubs.

Avec plus de 140 000 Franciliens intéressés par la pratique de l’escalade, le comité régional dispose d’un potentiel de développement important. L’objectif de la Fédération est d’ailleurs de faire de l’Île-de-France le premier comité de France dans les 10 prochaines années. Le premier levier pour le développement de la pratique dans la région est la capacité d’accueil puisque chaque création de salle entraîne une saturation de l’équipement dans l’année qui suit.

Source iconographie  Enquête IRDS citée plus haut


L’autre défi du comité est la fidélisation de ses licenciés (taux d’abandon de 48,5 %), et notamment des plus jeunes. Une nouvelle offre en compétition, moins tournée vers l’élite, inciterait les adhérents de tous niveaux à s’inscrire et les fidéliserait par la même occasion. La mise en place récente de championnats départementaux a dynamisé l’organisation de rencontres et un projet de coupe régionale est également à l’étude. Il manque encore une offre de compétition pour les plus jeunes. Le comité régional réfléchit également à la création de compétitions non officielles ouvertes aux personnes extérieures, et où l’aspect convivial et festif serait davantage mis en avant.

Chaque année, près de la moitié des licenciés franciliens (48,5 %) ne renouvellent pas leur adhésion. Ce constat est masqué par un nombre de nouveaux arrivants toujours plus élevé qui conduit au final à une augmentation des effectifs. Si le phénomène est commun à de nombreuses disciplines il est particulièrement élevé pour l’escalade.

Au-delà des raisons indépendantes du club (déménagement, vie professionnelle, familiale, choix individuel…) qui expliquent une partie de ces abandons, d’autres sont en lien direct avec l’offre proposée par le club. Plus particulièrement, la présence d’équipements basiques peut conduire plus facilement à un phénomène de lassitude car ces derniers ont des possibilités sportives réduites. Aujourd’hui le comité régional estime qu’une SAE de niveau départemental (9 mètres de hauteur) est la qualité minimale requise pour le développement d’un club d’escalade. Une autre explication avancée est le manque de compétitions de niveau loisir adaptées aux débutants.

L’offre en SAE dans la région

La FFME a réalisé un recensement des structures artificielles d’escalade. Celui-ci met en lumière la diversité de l’offre en mur et son inadaptation au développement de la pratique. Cette photographie du parc donne des chiffres inférieurs à ceux obtenus dans le cadre du recensement des équipements sportifs (RES) du ministère des Sport car celui-ci comptabilise toutes sortes de murs, y compris ceux ne permettant pas une approche de l’escalade en club.
L’Île-de-France compte 342 murs d’escalade, leur niveau varie de la simple aire de jeu à la structure artificielle d’escalade de niveau international.

Parmi ces équipements, la FFME estime que seulement 20 % d’entre eux permettent une approche de l’escalade en club dans de bonnes conditions, dont une salle de niveau national difficulté et international vitesse (Massy), une de niveau national (Pontault-Combault), 4 de niveau régional et 13 de niveau départemental. Ce parc est réparti de manière homogène sur le territoire hormis sur Paris et le Val-d’Oise où peu d’équipements de qualité sont présents.
Des nouvelles structures sont prévues, à Paris, dans les Hauts-de-Seine (Antony, Sceaux), en Seine-Saint-Denis dans le cadre du plan de rattrapage des équipements sportifs, dans les Yvelines (Saint-Germain-en-Laye), dans le Vald’Oise (Garges-lès-Gonesse, Goussainville, Jouy-le-Moutier), en Essonne (Bures-sur-Yvette, une réflexion est également menée sur la base de loisirs de Draveil.), ou encore en Seine-et-Marne (à Fontainebleau au CNSD).
Par ailleurs, la FFME souhaiterait établir son siège, ainsi qu’un centre de formation et un équipement de niveau international dans l’enceinte du parc de la Courneuve d’ici 2020.
La politique privilégiée par la Fédération en Île-de-France est la suivante: une commune, un équipement, un club. Il arrive qu’une structure puisse accueillir plusieurs clubs, mais cette situationest plutôt rare dans la région.
Tous les équipements ne sont pas de la même qualité et des règles ont été validées par la CERFRES afin de définir le niveau d’un équipement (de départemental à international).
Dans la région, certains clubs pratiquent sur des murs de qualité inférieure. Parfois des compétitions y sont tout de même organisées. Une activité régulière sur ce type d’installation n’est pas envisageable. La lassitude s’installe très vite pour le pratiquant. Les clubs ne disposant que de ce type d’équipement ont des possibilités de développement très limitées si une nouvelle structure ne voit pas le jour.

 

A terme, avec ce type de politique, c'est aussi la mort de tous les petits clubs sur de petits murs...
Nous avons contacté Benoit Chardon, chargé de l’étude à l’IRDS et voici quelques éléments de réponse :
"Afin de compléter ce document, je vous informe que je mène actuellement un travail spécifique sur la pratique de l'escalade au sein des fédérations multisports et affinitaires en lien notamment avec la FSGT et la FCAM.
Concernant la pratique en salle privée, il n'est pas question de minimiser cette pratique. Faute de chiffres disponibles sur le nombre de pratiquants en salle, il est indiqué que la première salle date de 1992 et que depuis, une dizaine ont ouvert leur porte dans la région.  
Par ailleurs, quelle que soit la discipline exercée, le nombre de pratiquants hors club est souvent bien plus important que celui en club. Malheureusement il est presque impossible de mesurer cette pratique autonome. (…)
Enfin au sujet de fontainebleau, il est précisé dans la note que le site dispose d'une renommée internationale et qu'il constitue une référence en France en termes de sites naturels de blocs. Si vous avez des éléments chiffrés (avec leur source) sur le nombre de grimpeurs qui arpentent ces blocs chaque jour, cela m'intéresse."
Merci à lui. En attendant ce nouveau document,  si comme nous, vous n’êtes pas un fan absolue des compétitions, que vous avez une pratique de loisir, que vous souhaitez participer à des sorties en extérieurs ou à l’entretien et au développement des sites, rappelez-vous qu’il existe au moins deux grandes alternatives près de chez vous.
La FFCAM a de sérieux atouts pour attirer et fidéliser les nouveaux pratiquants puisqu'elle gère le parc des refuges de montagne. En plus d'une assurance béton, vous disposez de très grosses réductions dans les refuges ! Notez que ses clubs proposent aussi de nombreuses sorties en sites naturels dans des disciplines allant de la randonnée à l'escalade en passant par les divers sports dits de Montagne. Bref, pour tous les pratiquants de loisirs occasionnels ou réguliers qui ne souhaitent pas faire de la compétition, la FFCAM est très séduisante avec plus de 360 clubs et comités départementaux et régionaux, 130 bâtiments, 5000 bénévoles et 83 000 adhérents… La FFCAM est membre de l'UIAA (Union internationale des associations d'alpinisme) et du Club Arc Alpin. Mieux, la FFCAM n'est pas seulement une fédération sportive. C'est aussi une association agréée par le Ministère de l'Environnement depuis 1978 au titre de protection de la nature suite à la création en 1976 d'une entité qui lui est entièrement dévolue : la Commission Nationale de Protection de la Montagne.
L’autre grosse fédé, disons le « canal populaire », c’est la FSGT La Fédération Sportive et Gymnique du Travail, ...
C’est une fédération multisports qui mobilise 260 000 pratiquants, regroupe 4 300 associations sportives locales et d’entreprises, et près de 75 activités sportives différentes dont l’escalade et la montagne. La FSGT est agréée par le Ministère de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative (MJSVA). Elle est membre du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) en tant que fédération affinitaire et multisports. Elle est affiliée (et membre du Comité Exécutif) à la Confédération Sportive Internationale du Travail (CSIT).

Mais pourquoi « Gymnique » ? Tout simplement parce qu’avant l’avènement des sports modernes et la « rénovation » des Jeux Olympiques (fin du 19ème) et jusqu’au début du 20ème, les activités physiques se pratiquaient essentiellement dans des « sociétés gymniques » dont la FSGT est en partie héritière. La « gymnastique » était alors la forme d’activité de base de la culture physique. Et pourquoi « Travail » ? Parce que la FSGT, née dans le monde du travail, s’est attachée à rendre les activités physiques et sportives accessibles à ceux qui en étaient exclus à l’époque, essentiellement les ouvriers. C’est le travail en tant que valeur, en tant qu’activité permettant aux êtres humains de s’émanciper de leurs conditions sociales d’existence. En novembre 2008, la FSGT et la CGT organisaient ensemble des manifestation autour des 100 ans du sport ouvrier preuve de leur ancrage historique et populaire. Notez que c’est grace à cette fédération et ses clubs que s’est développé en forêt de Fontainebleau les circuits balisés facile et peu difficile ainsi que les circuits pour enfants.
Quelques sources :

NATURE