Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2012-03-11

L’accident nucléaire japonais a relancé toutes les discussions et polémiques sur le développement des énergies renouvelables et la sortie du nucléaire français. Pour autant, l’éolien, la photovoltaïque et autres sources de production d’électricité sont ils les bonnes solutions pour la France ?
Je ne suis pas ingé’ et encore moins expert en la matière. Je ne suis pas non plus un pro ou un anti nucléaire.

Il y a quelques mois, l’Ile-de France débutait sa mue pour devenir une région plus verte en développant ses premières fermes éoliennes. Comme elle, de nombreuses régions et département ont adopté, conformément à la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, dite loi Grenelle 2. Il en résultera de profondes modifications de nos paysages, ceux que les amateurs de sports et loisirs de pleine nature apprécient tout particulièrement. Il est donc grand temps de faire le point.

En général, on se dit qu'une éolienne, ou un panneau solaire, ce sont des outils liés à des énergies propres et on voit cela plutôt d’un bon œil. Super, ça va nous sortir du tout nucléaire ! L'argument est déjà contestable mais bon, il vaut la peine d'être étudié. Tout ce qui est "éco-responsable" est, à priori, politiquement correcte. Malheure aux voix discordantes ! Celles des anti-éoliens n'échappent pas à la règle.
Ce sont soit des égoïstes, incapables de faire le sacrifice de leurs intérêts particuliers pour l’intérêt général, soit des chipoteurs alarmistes qui fondent leur refus sur des incidents à la marge...
Difficile de ne pas voir le parallèle avec les détracteurs des Parcs Nationaux français qui, comme nous, disent que l’outil n’est pas adapté pour tous les sites et sont taxés de plein de noms forts sympathiques.

Donc, parlons un peu de l’éolien. Ce n’est pas une idée nouvelle et nos campagnes sont pleine de vieilles éoliennes un peu rouillées et grinçantes dont le but n’étaient pas de produire de l’électricité mais de pomper l’eau. En soit, ces éoliennes ne sont pas moches et ne défigurent pas les paysages. Le problème survient donc lorsque l’on aborde l’éolien industriel !

En France, l’opposition à l’éolien industriel s’est développée indépendamment de tout dogmatisme sur le nucléaire. Les opposants sont avant tout des personnes montrant un très fort attachement aux paysages les plus ruraux.  A eux, se joignent des amoureux du silence et de la tranquillité, des inquiets pour la santé publique ou des citoyens vigilants sur l’économie. Oui, mais une fois encore, le sujet a été récupéré et dévoyé par des « écologistes » et politiques en opposant énergies renouvelables et nucléaire. Dommage, le débat est désormais beaucoup moins limpide !

Donc que dire à propos de l’objectif du Grenelle de l’environnement de porter à 23 % de la consommation d’énergie la part des énergies renouvelables à l’horizon 2020 ! « Ambitieux » ou « irréaliste et irresponsable » ? Il ne pourra être atteint sans un déploiement massif de l’éolien terrestre et off-shore !  Il s’agit de passer de 6 GW aujourd’hui à 19 GW à l’horizon 2020 !!! Le marché français de l’éolien est certes l’un des plus dynamiques d’Europe, mais sa croissance est confrontée à des procédures administratives de plus en plus longues et des contentieux accrus au niveau local.

Du coup, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, alors qu’elle était ministre de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, a œuvré à « la modernisation du cadre réglementaire » d’implantation des éoliennes, comprenez à faciliter les implantations massives.
« Le déploiement des éoliennes sur terre ne peut se faire qu’à deux conditions : une procédure lisible, sûre, et rapide pour les exploitants, et son acceptation par les populations locales. En donnant des garanties aux deux parties, le nouveau cadre réglementaire doit redonner un coup d’accélérateur à cette énergie », a déclaré Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET.

Dans l’esprit, le nouveau dispositif devait permettre d’éviter le mitage du territoire et de prévenir les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains. Mais surtout, il vise à rattraper le retard en réduisant les délais d’instruction à 1 an pour la grande majorité des projets (contre 2 à 4 ans en moyenne) !

Mais de quoi parle t'on ?

Un parc éolien est un ensemble de plusieurs aérogénérateurs installés sur un site et connectés au même point de livraison au réseau d'électricité. Le parc éolien est aussi appelé "ferme éolienne" (par traduction mot à mot de "Wind farm") ou grand site éolien.

Pour optimiser certains frais de construction (raccordement EDF, chemin d’accès, etc.) et surtout éviter l’éparpillement de ces édifices dans le paysage, les éoliennes sont généralement regroupées sur un même site. Ces différentes éoliennes sont généralement raccordées au réseau électrique moyenne tension pour évacuer l’énergie produite. Ce raccordement au réseau de distribution, à la charge du promoteur, est systématiquement enterré. Aucune ligne électrique aérienne n’est donc créée.
Cependant, le réseau EDF actuel n’est pas encore adapté au développement d’une forte production décentralisée d’électricité. Pour cette raison, un monteur de projet éolien peut dans certains cas être confronté à l’attente d’un accord de RTE, ou de gestionnaires de réseau (EDF, Régie d’Électricité).
L’architecture du réseau peut donc évoluer à long terme pour permettre le raccordement de nombreux petits producteurs disséminés sur le territoire, y compris dans les zones peu peuplées.



Vous l’aurez sans doute compris, à la Tribune Libre de Bleau et d’ailleurs, on est plutôt contre ces grandes fermes de l’industrie électrique.
On n’est pas stupide et bien conscient que pour l’avenir de la planète, il faut faire des sacrifices. Parfois de très gros sacrifices. Est-ce une raison pour laisser faire et accepter tout et n’importe quoi ? Doit-on sacrifier sur l’autel de l’écologie de somptueux paysages parfois classé par l’UNESCO ? 

Certains parlent de nuisances sonores, de troubles de la santé ou des graves atteintes à la reproduction des oiseaux… Nous allons passer en revue ces arguments mais en gardant à l’esprit que nous ne sommes pas des spécialistes et que les autres technologies ont-elles aussi des impacts !
Nous avons consacré un page du blog à cette question pour la Seine-et-Marne comme nous l’avons fait à propos des gaz et pétroles schisteux.

Commençons en parlant d’argent, car c’est bien d’argent dont il est question dans l’indépendance énergétique.
L’énergie éolienne en rapporte énormément à une poignée de multinationales. Pour installer des éoliennes, on défriche les forêts, on goudronne des sites naturels protégés pour y aménager des voies d’accès larges comme une autoroute nécessaire au transport des immenses structures, on troue le sous-sol de grands réservoirs d’eau douce comme le Massif central pour couler le ciment imperméable des fondations nécessaire au maintien de mâts toujours plus hauts... Le tout se fait à grands coups de subventions publiques qui déséquilibrent profondément le marché. Le même reproche peut être fait à propos du solaire même si, dans bien des cas, il se réfugie sur les toits des constructions déjà existantes...

Parmi les textes consultés, une note de la DREAL 77, publiée en 2007 donne les informations suivantes :
1.2.7 Aspect économique des éoliennes p11
* Coût de l’énergie éolienne :
Une éolienne de 1 MW coûte un peu plus d’un million d’euros (valeur 2006). Les coûts annuels de maintenance, entretien, grosses réparations, assurances, gestion administrative et financière sont de l’ordre de 4 % de l’investissement, soit environ 40 000 euros par an (valeur 2006).
Le coût de production s’approche progressivement de la compétitivité par rapport aux centrales à énergie fossile, tout en restant supérieur à celui de l’énergie nucléaire.
* Mesures favorisant le développement de l’éolien
La loi POPE du 13 juillet 2005 a introduit le principe de création de zones de développement de l’éolien permettant aux installations éoliennes qui y sont situées de bénéficier de l’obligation de rachat par EDF de l’électricité produite, comme cela sera détaillé dans la suite du guide.
* Retombées fiscales pour les communes : la taxe professionnelle
Les éoliennes sont généralement installées en milieu rural, sur le territoire de communes dont les ressources fiscales ne sont, de manière générale, pas très élevées. L’apport en matière de taxe professionnelle n’est donc pas négligeable.



Pour comprendre qu’on puisse s’opposer à la production d’énergie éolienne à l’échelle industrielle, il faut commencer par dépasser le cliché qui oppose l’éolien au nucléaire. Non, le mouvement anti-éolien n’est pas à la solde des pro-nucléaires. Réduire le débat à cette opposition est véritablement stupide et démontre une totale méconnaissance du dossier !

Pour preuve, les industriels de l’éolien sont, je vous le donne en mile, les principaux acteurs du nucléaire en France et à l’étranger : GDF Suez, EDF, AREVA, Alstom ! Ils sont regroupés au sein du puissant Syndicat des Énergies Renouvelables qui travaille à faire passer les opposants à l’éolien pour d’affreux réactionnaires ! http://www.enr.fr/

Avec un discours bien rodé, ces industriels ne cessent d’essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Pire, à grand coup de mécénat, ils se raccrochent à toutes les causes environnementales pour faire avaler la pilule. Ils s’achètent une bonne image « verte »  en sponsorisant un PN ou un PNR, ou en aidant une fédération de sports et loisirs de pleine nature ou une ONG écolo ! On est toujours à la limite de la désinformation en surfant sur les peurs des français : 1/ chômage, 2/ réchauffement climatique, 3/ menace nucléaire.

Pour ce qui est de l’emploi, ou du nucléaire,  je m’interroge ?

En admettant que la création de grands parcs éolien soit autorisé dans la Baie du Mont St Michel et dans les Cévennes, il faudra que le bilan des emplois créés tienne compte des emplois perdus dans le secteur des loisirs et du tourisme !... L’inscription le 28 juin 2011 des Causses et des Cévennes au patrimoine mondial de l’Unesco nous rappelle, si besoin était, que la France est le pays le plus visité au monde. La beauté et la qualité de nos paysages y est certainement pour beaucoup. Ceci dit, chez les pro-éolien, on nous dit que ces parcs éoliens ne sont pas moches, et qu'ils attirent même les touristes.

Quant à sortir du nucléaire, il faudra certainement penser à autre chose qu’à l’éolien ! En effet, la capacité de production de chaque machine combinée à l’irrégularité du vent est loin de couvrir le besoin énergétique français et, à moins de couvrir nos champs d’éoliennes, il y a peu de chance d’y arriver en abandonnant le nucléaire ! Lundi 9 janvier, un rapport publié par le Think tank britannique Civitas a relancé le débat entre les pro et anti-turbines. Cette énergie censée être propre et renouvelable se révèlerait en réalité chère et inefficace en termes de réduction des émissions de CO2 comparée au nucléaire ou au gaz. Pire, elle entraînerait davantage de rejets de gaz à effet de serre en faisant appel aux centrales à gaz ou à charbon, par à-coups, en cas de manque ou d'excès de vent ! Idem avec la voiture éléctrique...

Admettons que l’on soit prêt à faire ce sacrifice pour notre bien être. Cela signifie que l’on aura détruit des pans entiers de notre économie (tourisme, agriculture, loisirs) en massacrant les paysages ruraux qui participent aujourd’hui à l’attractivité de notre pays… Sommes nous prêts à cela ?

Pour être honnête, signalons qu'en Avril 2010, l'énergie éolienne a fourni pendant quelques heures plus de 50% de l'énergie de l'Espagne grâce a une météo favorable. Au moment où l’on évoque le démontage des centrales, force est de constater que si une éolienne "défigure le paysage" celle-ci peut être démontée en quelques jours en ne laissant pour unique trace qu’un bloc de béton. On pourra toujours le détruire, combler le trou et y planter des arbres. Une éolienne est recyclable de 70 à 85%. D'ailleurs, en août 2011, (le 25) étaient publiés les décrets encadrant l’entrée des éoliennes dans la législation des Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE), en application de la loi Grenelle 2. Ces textes définissent les régimes administratifs applicables aux parcs éoliens, détaillent les obligations de démantèlement en fin d’exploitation et mettent en place un système de garanties financières pour assurer ce démantèlement en cas de défaillance.



Enfin, un autre aspect est souvent négligé dans les débats. Toutes ces polémiques (et là nous élargissons aux débats autour de la création d’un PN par exemple) peuvent causer de gros dégâts d’ordre social. http://www.participation-et-democratie.fr/node/537
Ainsi, on pouvait lire ici l’information suivante : « Alain Nadaï et Oliver Labussière s’intéresseront, dans un premier temps, au développement d’un projet éolien contesté et conflictuel en Seine-et-Marne, au travers duquel ils discuteront la pratique de protection du paysage en France. […].
Des oppositions violentes à l’éolien se sont développées dans certains villages de Seine-et-Marne, allant jusqu’à déstructurer les liens sociaux (rupture de liens familiaux, déstructuration de la vie associative, violences physiques, atteintes aux biens …).
L’analyse portera sur l’émergence et la structuration d’un réseau d’opposants à un projet éolien dans un village. Elle montrera comment l’éolien, du fait de son portage économique et d’un accompagnement institutionnel qui échoue à soutenir la construction d’une dimension partagée pour les projets éoliens au niveau local, est associé à une critique de la politique énergétique. A partir des enjeux de paysages qui sont au coeur de ce cas d’étude, les intervenants exploreront le rôle de ce qu’ils définissent comme un "paysage d’Etat", compris comme une forme d’objectivation institutionnelle du paysage, fondée sur une logique de patrimonialisation, une primauté du visuel et une géométrisation de l’espace (zonages, co-visibilités). Ils décriront les modalités selon lesquelles l’éolien suscite une désagrégation du lien entre sphère privée et sphère publique qui constituait le ciment de la vie villageoise et de la pratique politique locale »

Je parle ici de l’éolien mais nous pourrions avoir le même débat à propos des fermes photovoltaïques. C’est un des avantage du nucléaire, cela produit énormément d’énergie dans un "petit" endroit au regard des milliers de km² nécessaires au développement du solaire ou de l’éolien. Mais après tout, vu la crise de l’agriculture en France, pourquoi ne pas faire des agriculteurs les exploitants des énergies de demain… ?

D’après la Fondation Good planet de YAB, l’énergie éolienne c'est :
- 0,1% de la production mondiale d'énergie, taux de croissance annuel moyen de 28,4%.
- 25 milliards d’euros investis en 2007 dans la construction de nouveaux équipements.

Les principaux pays producteurs (en 2007) sont : Allemagne (22.247 MWh, en recul de 25% par rapport à 2006, et 7,2% de la consommation électrique nationale), Espagne (13.500 MWh et 8% de la consommation électrique nationale), États-Unis (16.800 MWh (2006), en hausse de 20% par rapport à 2005, dont la moitié produits par le Texas et la Californie, et 1% de la consommation électrique nationale), Inde (8.000 MWh), Chine (6.000 MWh, en hausse de 156% par rapport à 2006), Danemark (3.122 MWh et 20% de la consommation électrique nationale), France (2.257 MWh, en hausse de 129% par rapport à 2005).

L’Europe produit 65% de l'éolien mondial, avec plus de 57.000 MW installés fin 2007, en hausse de 17% par rapport à 2006, alimente la consommation électrique de 10 millions de personnes et permet d'éviter la production de 24 millions de tonnes de CO2 par an. L’Asie produit 26% de l'éolien mondial.

Le plus grand aérogénérateur est installé en Allemagne ; il domine à 126 mètres et a une puissance de 5 MW.

Voilà pour les données les moins technique du débat. Nous y reviendrons régulièrement, notamment pour ce qui concerne la Seine-et-Marne !

Parmi les nombreux projets de développement de l’éolien français signalons ici quelques oppositions  qui tiendront à cœur des grimpeurs et autres amateurs le loisirs de pleine nature :

De la Bretagne à la Normandie

Vous avez sans aucun doute entendu parler des ces gigantesques parcs d’éoliennes qui menacent toute la côte de la Bretagne nord jusqu’à la baie du Mont St michel ! Autant de lieux et de paysages au charme certain que quelques grimpeurs de blocs apprécient à juste titre ! Mais la zone maritime qui s'étend au pied des côtes françaises représente aussi un potentiel énergétique immense, et qui du coup est une des sites privilégié par l’Etat dans sa conquête de l’éolien...
Au cœur du projet : un parc de plusieurs centaines d'éoliennes "offshore" qui devrait voir le jour d'ici à 2015. L'appel d'offre lancé par le gouvernement français s'est achevé le 11 janvier 2011. Quelques grands consortiums vont donc s’affronter pour se partager cinq sites éoliens situés à quelques kilomètres seulement des côtes... Plus de 10 000 emplois de prévus 10 milliards d'investissement pour un premier déploiement de 500 à 600 éoliennes avec un démarrage en 2015 (le résultat de l'appel d'offres sera communiqué en avril 2012) Un second appel d'offres sera lancé pour la 2ème tranche pour les 600 autres  éoliennes  prévues pour 2020.

Dans cette région au patrimoine naturel exceptionnel mais fragile, les conséquences sur la pêche et le tourisme pourraient, en effet, être importantes. On peut légitimement se poser des questions sur l’impact d’une telle barrière d’hélices pour les oiseaux et de pilonnes pour la faune marine ! Bon, certains disent qu’au niveau touristique les éoliennes étant au minimum à 6 kms des côtes, elles ne devraient pas défigurer le paysage. Mieux, leur attrait serait certainement comparable à celui du public pour le viaduc de Millau ! Viaduc qui selon moi, dénature lui aussi le paysage.

Mais nombreuses sont les voix qui s'élèvent contre ce chantier titanesque. C’est même le cas de l’UNESCO en septembre 2010 :

Extrait du document « Décisions adoptées par le comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010) », page 129 :
Mont-Saint-Michel et sa baie (France) (C 80bis)
Décision : 34 COM 7B. 83
Le Comité du patrimoine mondial,
1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,
2. Se déclare préoccupé par l'impact potentiel des éoliennes sur le cadre paysager du bien ;
3. Demande à l’Etat partie de donner des informations complètes, y compris sur la hauteur et l’emplacement des turbines, concernant les projets approuvés et ceux en instance d’approbation, et la délimitation des Zones de développement de l’éolien (ZDE), au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives ;
4. Demande également à l’Etat partie de donner les détails des évaluations d’impact qui ont été réalisées sur les projets d’éoliennes en termes d’impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;
5. Demande en outre à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici au 1er février 2011, un rapport actualisé sur l’Etat de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

Source : whc.unesco.org/document/104961

En juin 2011, l’Unesco avait à nouveau interpellé l’État français sur ce projet de la commune d’Argouges d’implanter trois éoliennes avant d’envoyer en novembre, deux de ses experts avec comme enjeu, le maintien ou la perte du label patrimoine mondial de l’Unesco ! Les observateurs craignent que la présence d’éoliennes perturbe le paysage de la « Merveille ».
Hasard des calendriers, le conseil régional de Basse-Normandie a présenté la semaine dernière le Schéma régional de l'éolien. Un document co-écrit avec la préfecture de Région. Jean-Karl Deschamps, vice-président PS de la Région, travaille sur ce dossier : « Notre schéma prévoit une vaste zone d'exclusion interdite aux éoliennes dans la baie du Mont Saint-Michel. Si ce schéma était opérationnel, les éoliennes d'Argouges ne pourraient pas exister ». OUF !!!


Le patrimoine de la Lozère lui aussi menacé de l’éolien industriel
 « L’identité Lozérienne est soulignée par des atouts naturels d’exception. 4 massifs montagneux, 4 terres de grands espaces aux multiples facettes ». Il s’agit des Causses, des Cévennes, de La Margeride et de L’Aubrac. C’est d’ailleurs ce que souligne le schéma départemental du tourisme élaboré en octobre 2010.
Pour autant, le projet de schéma régional éolien du 8 novembre 2011 stipule que seule une partie des Cévennes est classée en « zones défavorables au développement de l’éolien, présentant des enjeux très forts » car située dans la zone cœur du Parc national des Cévennes. Faut -il en déduire, comme le fait le projet de schéma régional éolien, que Les Causses, L’Aubrac et la Margeride ont des qualités environnementales moindres ?
Si l’ensemble du département a été classé en zone « présentant des enjeux jugés forts » cela n’empêche pas les nombreux projets d’implantation de fermes éoliennes alors même que Causses ont-elles aussi été classé par l’Unesco.



Vous pouvez signer la pétition à l'adresse :


Le parc éolien le plus élevé des Alpes va finalement être construit sur le col du Brennero. Et ce, bien que le rapport d'impact sur l'environnement ait fait l'objet d'un avis négatif. À l'origine, il était prévu d'implanter 22 éoliennes de 100 m de haut sur le Sattelberg, et 9 autres sur le Sandjoch. Les deux parcs devaient être construits à plus de 2 000 mètres d'altitude. Ils ont tous les deux fait l'objet d'un avis négatif du fait de leur impact considérable sur le paysage et sur les nombreux oiseaux migrateurs. Le projet du Sandjoch a donc été abandonné, mais celui du Sattelberg va être réalisé avec quelques restrictions, qui prévoient notamment la suppression de trois éoliennes. Les associations de protection de la nature et de la montagne critiquent le fait que l'abandon de l'un des projets n'améliore pas la compatibilité à l'environnement de l'autre projet. Elles envisagent de déposer un recours auprès du tribunal administratif.

Voilà, il y a bien entendu des dizaines d'autres projets en France, moins médiatiques mais qui soulèvent, tous ou presque, une vague de contestation... Celle-ci prend souvent la forme de pétition en voici quelques unes :

LANGUEDOC-ROUSSILLON Hérault "Non aux éoliennes au col de Fontfroide"
LIMOUSIN Haute-Vienne: "Contre l'implantation d'éoliennes en Basse-Marche"

AUVERGNE Puy-de-Dôme "Non aux éoliennes dans la vallée de l'Ance"

RHONE-ALPES Ardèche "Protéger les espaces naturels, le patrimoine bâti, les sites et les paysages de la Cévenne Ardéchoise ( Saint Cirgues de Prades et les communes avoisinantes)"

Donc, que vous soyez "pour" ou "contre, pour que le débat publique soit meilleur, pour le changement soit massivement accépté, participez aux consultations publiques...



Lundi 9 janvier, un rapport publié par le think tank britannique Civitas a relancé le débat entre les pro et anti-turbines.
L'objet du litige : cette énergie censée être propre et renouvelable se révèlerait en réalité chère et inefficace en termes de réduction des émissions de CO2 comparée au nucléaire ou au gaz. Pire, elle entraînerait davantage de rejets de gaz à effet de serre en faisant appel aux centrales à gaz ou à charbon, par à-coups, en cas de manque ou d'excès de vent.
Les arguments contre l'énergie éolienne.
- Le problème de l'intermittence : Comme le vent est une source d'énergie ni fiable ni régulière, les turbines doivent être couplées avec une source d'électricité disponible immédiatement. Quand le vent ne souffle pas - ou souffle trop fort lors des tempêtes – le gaz, le charbon ou le nucléaire prennent ainsi le relais pour assurer un approvisionnement en électricité continu du pays.
Au final, les éoliennes ne produisent de l'énergie qu'environ 30 % du temps ce qui implique des coûts économiques et écologiques élevés pour cette énergie d'appoint, estime Civitas. "En fonctionnant seules, les centrales à gaz les plus efficaces émettent moins de dioxyde de carbone que l'éolien couplé au gaz. Sans compter qu'avec l'éolien, les consommateurs payent deux fois : pour l'énergie renouvelable, et pour les combustibles fossiles qu'ils continuent à consommer", accuse le rapport.
- Les coûts additionnels : Construire des turbines produit du dioxyde de carbone, surtout pour l'offshore qui nécessite des structures massives. Il faut environ dix-huit mois de fonctionnement pour compenser ces coûts énergétiques, estime le rapport de Kees Le Pair. Et chaque éolienne doit être remplacée tous les 12 à 30 ans. Leur réparation a aussi un coût, de même que leur connexion au réseau électrique. Les turbines dépendent par ailleurs de l'électricité pour démarrer et réchauffer leurs composants.
- En intégrant tous ces coûts supplémentaires, Ruth Lea conclut que l'éolien est de loin l'énergie la plus chère : 177 euros le mégawatt-heure pour le terrestre (dont 73 euros de coûts additionnels) et 217 euros par MWh pour l'offshore (81 euros de surcoûts) contre 82 euros pour le nucléaire, 117 pour le gaz et 135 pour le charbon.
- Le coût est aussi écologique, estime quant à lui Kees le Pair. Le chercheur hollandais a estimé qu'un parc éolien de 300 MW, fonctionnant pendant 21,5 heures lors d'une journée normale en termes de vent, a nécessité la consommation de 47 150 m3 de gaz naturel, provoquant une émission supplémentaire de 117,9 tonnes de CO2 dans l'atmosphère.
Les arguments pour l'énergie éolienne:
- Une compétitivité accrue : Un rapport établi par l'agence économique Bloomberg en novembre 2011 soutient que la performance des parcs éoliens s'est améliorée tandis que leurs coûts ont baissé. "Le coût de l'énergie produite par les éoliennes onshore a chuté de 14 % à chaque doublement de la capacité installée entre 1984 et 2011.
Aujourd'hui, les parcs les plus performants dans le monde produisent une énergie compétitive avec celle des centrales à charbon, à gaz ou du nucléaire. La moyenne des fermes atteindra ce niveau en 2016", indique le rapport. En prenant en compte le coût du carbone émis, l'éolien serait déjà aussi rentable que le gaz.
- Une interconnexion positive : Le rapport pour 2050 de la Fondation européenne pour le climat prouve qu'une plus grande interconnexion des parcs éoliens en Europe réduirait l'utilisation de gaz de 35 % à 40 %. Plus les pays connectent des éoliennes sur le réseau électrique, et moins ils ont besoin de faire appel à d'autres énergies en cas d'absence de vent puisqu'ils peuvent faire appel aux productions renouvelables étrangères. Ce que le rapport de Civitas semble massivement sous-estimer.
- Une intermittence minime : Lorsque moins de 20 % de la production électrique provient de l'éolien, l'intermittence représente moins de 10 % des coûts de production, soit 11 euros de surcoût (et non les 73 euros cités par Civitas), assure, études à l'appui, Robert Gross, directeur du Centre de recherche britannique sur l'énergie.
Par ailleurs, Gordon Edge, directeur des études au sein du groupe pro-énergies renouvelables Renewable UK, cité par le Telegraph, note que l'étude de cas de Kees Le Pair se base sur une seule ferme éolienne, et non sur plusieurs à l'échelle d'un pays, augmentant donc artificiellement les effets négatifs de l'intermittence.
- Des énergies non renouvelables coûteuses : "Les émissions de carbone liées à la construction et au maintien des parcs éoliens sont faibles comparées à celles entraînées par le fonctionnement des centrales de combustibles fossiles", poursuit Robert Gross. Ainsi, les prix imbattables du nucléaire font fi du démantèlement des centrales ou de leur amélioration ainsi que de la gestion des déchets. Des coûts additionnels que le rapport de Civitas a omis de calculer pour les énergies fossiles.
Source: Le Monde.fr( extrait)



Liens :

Suivi de la production électrique. 



Technique et fonctionnement d'une éolienne :



Information et débat :

http://www.portail-eolien.com/dossiers/grand-public/62-lenergie-eolienne-en-france-et-en-europe

www.debatpublic-eolien-en-mer.org%2Fdocs%2Freunions%2Freunion0306%2Fcetmef-presentation-0306.pdf

http://www.languedoc-roussillon.developpement-durable.gouv.fr/presentation-de-l-evaluation-a925.html

http://www.goodplanet.info/Energie-climat/Renouvelables/(theme)/1412

http://www.notre-planete.info/forums/discussion.php?id=72163&nd=40

http://www.reporterre.net/spip.php?article1074

Eolienne et oiseaux...

http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=101

http://asso.naturailes.free.fr/pdf/art_eoliennes_oiseaux_snpn.pdf

MORT EN DIRECT D'UN RAPACE FRAPPE PAR UNE PALE D'EOLIENNE

Voici ce qui a été filmé à Landas dans le sud de la Crète où un vautour s'approche trop près d'une éolienne et se fait frapper par une des pales.
Faudra-t-il attendre encore de nombreux films pour que nos associations écologistes reconnaissent les faits ?
A visionner aussi ici : http://www.koreus.com/video/vautour-eolienne.html

Ce n'est pas un phénomène isolé...
Ces reportages sont visibles sur les sites de la télévision espagnole
http://www.20minutos.es/noticia/223007/0/extincion/buitres/aspas/

http://www.youtube.com/watch?v=EubFDUpR_6E

http://www.youtube.com/watch?v=ynZIrhM_7qE&noredirect=1

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=

http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBFT/LaSemaineVerte201110221700_1.asx


Le vent de la colère et autres opposants :


http://epaw.org/

www.ventdecolere.org/

http://ventdubocage.net/

 http://collectifterredepeyre.blogspot.com/

 http://www.gorgesdubes.com/

Vents d'Auvergne et ses rubriques juridiques.
http://ventsdauvergne.free.fr/index1.html


Revue de presse
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/eolien-quel-avenir-en-bretagne-infographie-09-05-2010-906056.php

http://www.lecroisic-infos.fr/eolien-offshore-une-heresie-economique-et-environnementale-pour-le-collectif-de-defense-de-la-mer-8-41-388.html

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Les-eoliennes-du-Mont-Saint-Michel-dans-le-collimateur-de-l-Elysee_39382-2042882_actu.Htm

www.lexpress.fr/.../vent-de-fronde-contre-l-eolien_542685.html

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/151886-l-eolien-industriel-une-absurdite-ecologique-economique-et-sociale.html

www.econovateur.com/rubriques/anticiper/voir011102.shtml



Les problèmes évoqués par Vent de colère :
Arrêt nocturne des éoliennes.  Le Télégramme   (décembre 2009) http://www.ventdecolere.org/archives/Arret-nocture-des-eoliennes.pdf

Le vortex. Absence d’étude de l’impact du sillage des éoliennes sur leur lieu d’implantation, incidences possibles sur l'agriculture ou les feux de forêts (Informations recueillies par Vent de Colère).  
http://www.ventdecolere.org/archives/levortex.pdf de l’APSA, Géophysicien.

Les infrasons, nuisances rédhibitoires.
Claude RENARD Professeur des Universités, ancien professeur d'acoustique sous-marine à l'Ecole Navale de Lanveoc-Poulmic et du cours de discrétion acoustique à l'Ecole Militaire de la Flotte.
http://www.ventdecolere.org/archives/nuisances/eoliennes-infrasons-claude-renard.pdf

L'Académie des Beaux-Arts, " archi-contre " les éoliennes.
www.academie-des-beaux-arts.fr/actualites

Les Centrales Eoliennes et la Sécurité Publique.
http://www.ventdecolere.org/archives/nuisances/dossier-risques-eoliens-20070312.pdf
Les Centrales Eoliennes et la sécurité publique : Constat de carence. Etude réalisée par trois ingénieurs et publiée en Mars 2007.

Rapport de l'Académie Nationale de Médecine sur le bruit des éoliennes.
L'Académie Nationale de Médecine a remis le 14 mars 2006, au Ministère de la Santé un rapport intitulé : LE RETENTISSEMENT DU FONCTIONNEMENT DES ÉOLIENNES SUR LA SANTÉ DE L'HOMME. Ce rapport rendu public précise que " l'éventuel retentissement du fonctionnement des éoliennes sur la santé humaine, notamment du bruit occasionné dont se plaignent diverses associations devrait faire l'objet d'études. En attendant, l'Académie recommande aux pouvoirs publics de "suspendre dès à présent", par mesure de précaution, " la construction d'éoliennes d'une puissance supérieure à 2,5 MW et situées à moins de 1.500 mètres des habitations.
http://www.ventdecolere.org/archives/doc-references/rapport-academie-medecine-V2.pdf

Voilà, merci et bravo pour votre courage, si vous êtes arrivé là !


Bonjour,

Vous connaissez certainement Zebloc, un des nombreux site du Ouaib grimpeur et sélectionné par La Tribune pour figurer dans la colone des sites à suivre ! Il y a quelques semaines, le site a fait peau neuve en adoptant sa V3. Au passage, il a développé un super agrégateur de news dans lesquelles nous figurons en bonne place... le ZeB3 

Voilà maintenant ZeBleaug, une nouvelle chronique bleausarde qui traitera de l’actu (réalisations, ouvertures, nouveautés) à travers des portraits, des interviews, des photos et des vidéos de bleausards, rédigée en collaboration avec un autre site indispensable au monde vertical : Kairn.

Le Marcassin, un pseudo qui cache bien son auteur ;0), a donc écrit le préambule suivant de ce qui aurait pu s'appeller
"Chronique des fougères, de la mousse et du lichen" :


« Le massif bellifontain est en 2012 un des massifs de bloc les plus réputés au Monde. Chaque jour,des centaines voire des milliers de grimpeurs parcourent les chemins balisés pour s’adonner à la pratique du bloc.

Une activité en plein essor, qui connait un succès planétaire depuis une décennie.
Fontainebleau résonne régulièrement des réalisations des top grimpeurs étrangers sponsorisés, mais rarement nous entendons parler de nos grimpeurs locaux. Pourtant, ils sont bien là : tous les jours, et dans tous les recoins de la forêt, de Beauvais à Nemours, de Milly à Avon ça œuvre dans l’ombre : ça grimpe, ça brosse, ça bartasse, ça aménage…Mais contrairement à la plupart des grimpeurs non-locaux qui viennent grimper ici et qui médiatisent la forêt à grand coups de vidéos plus ou moins réussies, le milieu bleausard est très discret. Une sorte de bulle, de sphère à part.

Un ensemble de grimpeurs passionnés, juste drogués au grès, au pof, au pailasson et au pad. Une somme d’individualités, une masse anonyme qui essaie de profiter de la tranquillité des lieux sur des créneaux où ça colle en semaine, et qui s’enfuit des sites majeurs surfréquentés le week-end pour aller jouer sur des terrains de jeux plus éloignés et méconnus à l’abri des regards, de la foule et du bruit.

Des cercles d’initiés qui inconsciemment et malgré eux font perdurer une culture, un savoir-faire, une éthique, depuis des décennies. Le tout avec pudeur et modestie, sans réellement faire de pub sur sa pratique.

C’est cette intimité que nous allons tenter de percer dans cette nouvelle chronique. Nous tenterons de vous informer de l’actualité en forêt : des réalisations, des ouvertures,
des nouveaux secteurs, des nouveaux topos, les problématiques d’accès ou d’interdiction…

Mais aussi par la mise en avant de ceux qui font «Bleau » : des portraits et interviews d’acteurs de terrain, la mise en évidence des us et coutumes des lieux ou encore la référence à un passé.

ZeBleaug, un zeste de culture bleausarde sur Zebloc ! »


Et c'est avec plaisir que nous lui offrons la photo pour illustrer la news sur Kairn :

Bon courage et longue vie petit marcassin...
Gaffe aux chasseurs.

La première chronique est là.
Bonjour,

Barrage construit bénévolement par françois and Co
Ce 18 mars aura lieu diverses interventions en forêt dont l'opération organisée par François Louvel à l'Eléphant que nous annonçons depuis quelques mois avec insistance. Sans préjuger de son résultat et de l'ampleur de la mobilisation, il me paraît important de revenir sur quelques points évoqué sur la Tribune mais aussi sur le forum de bleau.info

Fréderic Padoy s'est en effet interrogé, non sans raison, sur le "pourquoi" d'une telle opération.


"... pourquoi en effet vouloir stopper à tout prix l'érosion ? Celle-ci n'est-elle pas un phénomène "naturel" ? L'homme certes accélère ce phénomène, mais est-il "bon" de vouloir tout garder en l'état, quitte à modifier profondément le paysage (murets, pierres rapportées, morceaux de bois...) ? Et puis que penser de la pollution engendrée (les gens viennent nombreux pour aider, très bien, mais ils se déplacent en voiture, repartent en voiture...), de l'impact sur le milieu (on prend à droite pour mettre à gauche, nuisances sonores, et oui tout ça ne se fait pas sans bruit...) ? Bref je m'interroge... pour "sauver" un bloc, que ne va-t-on pas faire comme dommage collatéraux (ce ne serait pas le 1er bloc qui basculerait...). Et comme dit un peu plus loin, il ne s'agit là que d'une action de bénévoles, alors que penser quant à une intervention plus "musclée" (engins de chantier, quand on sait les dégâts que cela peut provoquer en pleine forêt...) ??? Le mieux est l'ennemi du bien, comme on dit..."

Et François de répondre :"En effet, en plus ce bloc si il bascule, peut être des nouvelles voies !
Laissons donc la nature suivre son cours ...
Et pour le versant écologique, comme tu le fais remarquer le vrais problème c'est que les gens viennent trop nombreux, le mieux serait d'interdire, et de fermer bleau.info (et la consommation énergétique engendrée par internet, tu y as pensé !).
Les exemples ne manquent pas pour montrer comment l'action de l'homme peut conduire au pire, sans bonne gestion écologique, économique et sociale.
Maintenant ce que tu n'as pas compris c'est que :
1° nous pouvons éviter l'élargissement des zones mises en défens
2 ° nous pouvons réduire l'impact de l'action "musclée" qui a été décidé par l'ONF.à nous de décider, consommer l'éléphant jusqu'au trognon, ou cultiver notre jardin à notre goût. Avec l'ONF bien sûr. Dont les moyens, la politique, peuvent évoluer ... Sinon ce sera sans nous."

L'échange se poursuit donc à peu près ainsi :
"... pourquoi en effet vouloir stopper à tout prix l'érosion ? Celle-ci n'est-elle pas un phénomène "naturel" ? L'homme certes accélère ce phénomène, mais est-il "bon" de vouloir tout garder en l'état, quitte à modifier profondément le paysage (murets, pierres rapportées, morceaux de bois...) ? Et puis que penser de la pollution engendrée (les gens viennent nombreux pour aider, très bien, mais ils se déplacent en voiture, repartent en voiture...), de l'impact sur le milieu (on prend à droite pour mettre à gauche, nuisances sonores, et oui tout ça ne se fait pas sans bruit...) ? Bref je m'interroge... pour "sauver" un bloc, que ne va-t-on pas faire comme dommage collatéraux (ce ne serait pas le 1er bloc qui basculerait...). Et comme dit un peu plus loin, il ne s'agit là que d'une action de bénévoles, alors que penser quant à une intervention plus "musclée" (engins de chantier, quand on sait les dégâts que cela peut provoquer en pleine forêt...) ??? Le mieux est l'ennemi du bien, comme on dit..."

Ouvrage ONF au 95,2 réalisé en 2011

"En effet, je n'avais pas pensé au potentiel d'une nouvelle voie !
Plaisanterie mise à part, je comprends ton point de vue, mais de nos jours l'homme veut tellement tout contrôler, dominer, qu'il en oublie un peu que la Nature sait très bien se débrouiller toute seule aussi, si on lui en laisse l'occasion...
Pour en revenir au "sauvetage" de ce bloc, cela veut-il dire qu'il faut choisir le "moindre mal", à savoir plutôt un rafistolage jusqu'à ce que ça ne tienne plus (car l'érosion, quoi qu'on puisse faire, est inéluctable...), qu'une intervention "lourde" de l'ONF ? D'ailleurs, cet organisme a-t-il "tout pouvoir", dans le sens où qu'on le veuille ou non, elle agira "pour le bien de tous" ? Je veux dire peut-on se faire entendre d'elle, en lui demandant de ne pas intervenir si le remède est pire que le mal ?"

... même si c'est un peu hors-sujet, je pense au "cas" des Trois Pignons : il fut un temps où ce "no man's land" était une forêt verdoyante... alors vouloir sauver un bloc peut paraître dérisoire, voire puérile... mais encore une fois je comprends le point de vue des personnes à qui ça peut faire "mal" de voir la forêt changer de visage..."
Aménagement ONF au Cuvier Rempart
"Le jeu en vaut-il la chandelle" ? Ne risque-t-on pas à trop vouloir "sauver" un bloc de dénaturer l'environnement proche de ceux-ci (j'en veut pour exemple à la Dame Jouanne, quand on voit les aménagements qui ont été faits pour limiter l'érosion-cloisonnement par des barrières, marches en bois...-cela incite encore plus de gens à venir à mon sens, vu la "facilité" qu'on a maintenant à se balader en haut, ce qui accélère encore plus le phénomène d'érosion : alors oui on limite celle-ci à un endroit donné, mais c'est pour aggraver encore plus les choses ailleurs...) ?


Ok très bien les blocs sont saufs, mais le visage de la forêt à cet endroit est... comment dire... transfiguré. Je ne sais pas ce que penserait une personne qui s'est baladée là il y a 20 ans en revoyant le même endroit maintenant...
Voilà un débat intéressant qui revient sur un précédent article de la Tribune...
En effet, j'y ai dénoncé à plusieurs reprises la transformation radicale de nos terrains de jeux naturels en " parcs artificiels à ciel ouvert" !

L'érosion est un phénomène naturel et inévitable mais aussi peu prévisible que l'homme accélère. Rappelons le, en 1966, trois jeunes grimpeurs sont morts écrasés lors de leur bivouac à la Dame Jouanne après le basculement d'un bloc. Depuis, d'autres blocs ont bougés sans jamais tuer personne mais notre rapport à la nature et à l'acceptation du risque a bien changé...

L'ONF en sa qualité de gestionnaire, compte tenu de l'évolution du droit, est contraint de garantir un minimum de sécurité aux visiteurs. Pour cela, deux options : fermeture du site (c'est d'ailleurs ce qui s'est passé à la DJ où le préfet avait pris un AP) ou aménagement.

Vous le savez peut être j'ai une certaine part de responsabilité dans les travaux qui ont été menés au 95,2 en 1995. A l'époque, chroniqueur pour Vertical et employé du Cosiroc, j'ai participé à la création de cette action qui a réuni plus de 250 grimpeurs sur les pentes sableuses et dégradées de ce célèbre spot des Trois Pignons. Fort de ce succès, il a été créé une commission érosion réunissant différentes association d'usagers (randonnées, vélo...). Ont suivi de très nombreuses opération (sentier des 25 bosses, JA martin...) Mais depuis 1996, cette commission érosion a considérablement évoluée. Elle est maintenant totalement dirigée par l'ONF, les associations n'étant plus là que pour :
- signaler des zones à risque,

- suggérer des actions,
- valider les actions réalisées et financées par l'ONF.


La commission érosion et ses actions passées par
les bénévoles

S'il fallait une seule preuve de ce phénomène, je dirai qu'il n'y a plus de "compte rendu de réunion" mais un "relevé de décisions"...
Nos petites actions de bénévoles tel qu'elles furent menées au 95,2 ont bien entendu leurs limites (nombre d'ouvrages proportionnel au nombre de bénévoles présents, manque de moyens et de matériaux, qualité inégale des réalisation...) et peuvent sembler dérisoires pour l'autorité public mais elles ont au moins le mérite de s'intégrer plutôt bien dans le site.


En cela, je soutien l'initiative de François.
L'ONF est conscient du problème à l'Eléphant et agira donc à grande échelle. Cela suppose qu'il monte un projet et recherche des subventions importantes y compris en Europe ! Du coup, je peux vous le dire, le côté naturel de ce site, c'est déjà la chronique d'une mort annoncée.

Opération de basculement de bloc
à la JA Martin avec le regretté Fred
Dulphy de l'ONF

Mais Fred, tu as raison, des fois, on peut se demander si cela vaut le coup de sauver tel ou tel caillou. Le problème c'est qu'en la matière, soit il est trop tard pour agir (je peux citer quelques blocs volontairement "basculé" dans la pente) soit on essaye de stabiliser pour que les blocs situés plus haut soient eux sauvés. Dans les 2 cas, il y aura artificialisation car pour soustraire un bloc à l'appétit sans limite des grimpeurs, la solution c'est la clôture !
La solution passe par un changement radical de nos comportements ce qui signifie :
- prise de conscience que notre activité a impact (et c'est loin d'être le cas pour tous),
- agir dans sa pratique pour limiter cet impact à chaque visite,
- se mobiliser pour aider le Cosiroc et les actions individuelles, etc.

Si nous sommes suffisamment nombreux à agir (on parle de l'érosion mais cela est valable pour l'abus de magnésie, la taille des prises...) et que l'on respecte un peu plus notre terrain jeux, on pourra éviter (un peu) la transformation de nos sites naturels en "parcs de loisirs"...Je suis passé par le Bas Cu ce WE. C'est toujours aussi crade et les gays ne sont pas les seuls responsables ! Les blocs étaient plus que tartinés de cake et les trois pauvres locaux que nous étions étaient les seuls à s'essuyer les pieds, brosser les prises... A la longue, expliquer à chaque "visiteur" ce qu'il doit faire pour respecter le site, c'est très usant !!!

Profitez bien égoïstement de vos spots, dans dix ans, il seront à l'image de ce spot américain  : des escaliers et des passerelles pour circuler ou descendre des cailloux et peut être un péage.
Source : Zebloc

Finalement, c'est déjà le cas à Buthiers, non ?
Bonne grimpe


Mise à jour du 20/03/2012 :

Je n'ai pu me joindre à la bande de grimpeurs et grimpeuses présente dimache à l'Eléphant. Il y avait du monde, du beau monde et notamment les bénévoles que l'on croise habituellement sur les blocs de l'Essonne ! Petit reportage en directe à lire ici (merci pour les photos) : http://grimpeasl91.blogspot.fr/2012/03/travaux-de-protection-lelephant.html

Pas de doute, ces murets sont parfaitement intégret dans le décor ! bravo et merci !

NATURE