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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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Sécurité : la bonne parade

Mis en ligne par TL De Bleau on dimanche 7 octobre 2012 | 00:02:00

Fiche technique n°3 : La Parade

A Bleau comme dans tous les autres sites de blocs, les grimpeurs ont massivement adopté l'utilisation des crash-pads et c'est plutôt une bonne chose pour leur sécurité. Les matelas de réception ne sont apparus en France qu'au milieu des années 90 et nous ont permis de redécouvrir certains massifs où les plus hauts blocs patientaient sous les lichens. Il a fallu de longues années avant leur généralisation mais aujourd'hui, les grimpeurs sans crash, c'est plutôt rare. Si les pads permettent d'amortir plus ou moins bien le choc (suivant leur qualité), doivent-ils pour autant vous dispenser de la parade ?

On peut en effet, se poser la question car l'arrivée massive d'une génération de grimpeurs formée aux blocs par les salles d'escalade où d'énormes tapis accueillent leurs chutes, semble avoir fait oublier l'art de la parade, pratique pourtant toujours en vigueur chez les gymnaste et qui éviterait bien des accidents.



L'escalade en bloc n'est pas un loisir anodin ! 
Outre les classiques entorses, fractures et autres tassement de vertèbres  les conséquences sont parfois dramatiques, même à une très faible hauteur. Nous avons connu un alpiniste qui, suite à une petite chute sur le dos de 80 cm dans la carrière à Grenoble, a terminé sa carrière dans un fauteuil roulant. Par ailleurs, les crash-pads ont décomplexé les grimpeurs qui multiplient désormais les chutes. Or, il n'existe pas de norme quant à la qualité de l'amortie des mousses. Du coup, nous ne serions pas surpris de voir se multiplier les traumas lombaires dans les années qui viennent.

Bref, chaque fois que vous grimpez un bloc, vous courrez des risques qu'un pareur peut possiblement réduire. Encore faut-il savoir parer et chuter. C'est une question de technique, de vigilance et d'habilité des 2 partenaires.

Jacky parer par Laurent Avare et Pascal Grès
du temps où nous n'avions pas de pad !

Il n'est pas rare de voir un grimpeur, les mains tendues vers le ciel comme s'il invoquait un esprit quelconque, tenter de parer son partenaire mais le laisser s'écraser sur le dos au moment critique ! Il faut dire que l'art de la parade n'est pas enseigné alors qu'autrefois, les grimpeurs apprenaient aux côtés de leurs aînés .. Apprendre à parer de façon sécuritaire et efficace est un pré-requis pour faire de vous un partenaire compétent et fiable, un ami digne de confiance à qui vous confiez votre santé... C'est aussi bon pour le moral, un grimpeur libéré de la peur de la chute peut alors donner son maximum. Un tel niveau de confiance et complicité est difficile à atteindre. Une seule parade ratée peut rompre définitivement la confiance...

Par ailleurs, nous avions négligé l'aspect "juridique" de cet article. En 1991, un grimpeur lors de sa chute a blessé son pareur (chose qui arrive régulièrement) et a été attaqué par celui-ci devant le TGI ! L'affaire est passé en Cours d'appel puis Cassation. On aurait pu croire que le fait de chuter dans notre activité était, d'un point de vue juridique, anodin puisque c'est la base de notre système d'apprentissage en bloc. Que nenni ! 
Les juges en ont décidé autrement. Chuter constitue non pas un échec mais une faute ! En conséquence, le grimpeur engage sa responsabilité vis à vis de son pareur... Vaut mieux le savoir (article à lire impérativement) ! 
On peut donc être tenté de ne pas parer...

Avant de discuter des techniques de parade, il est essentiel de comprendre la dynamique des chutes et de l'atterrissage. Des forces et une vitesse incroyable entrent alors en jeu... Tout objet qui tombe est soumis à la force d'attraction terrestre de 9,8 m/s². Un grimpeur de poids moyenne tombant d'assez haut pourrait donc atteindre une vitesse de 30 km/h avant d'atterrir sur son pareur. Et 80 kg lancés à 30 km/h, cela fait mal, très mal ! À une telle vitesse, le pareur court donc lui aussi grave danger.


Le pareur a pour rôle de réduire la force d'impact en ralentissant la vitesse du grimpeur, c'est à dire en freinant ou stoppant celui-ci sans se blesser pour autant... Une perte d'équilibre, un mauvaise dosage, etc. peuvent entraîner un sur-accident.

Parlons un peu des chutes.

Elles peuvent se classer en deux grandes catégories de chutes : les chutes inattendues, par exemple lorsque l'on zip ou que la prise casse, et les chutes prévisibles, qui sont plus "lentes" et se produisent généralement quand un grimpeur décide d'abandonner. C'est lors des chutes inattendues que le pareur prend tout son sens. La réussite de son action dépend de sa vigilance et de sa rapidité. Pour les chutes prévisibles, il peut en concertation avec le grimpeur, décider d'une stratégie pour limiter la casse.


La force d'impact est assez hallucinante. Un grimpeur qui fait une chute inattendue de un mètre  atterrit avec une force d'impact équivalente à neuf fois son poids, force à laquelle peut difficilement résister une cheville ou un poignet par exemple. 


En dépit de ces risques, parer n'est pas toujours nécessaire. Parfois, cela peut même augmenter les risques de blessure du grimpeur  (coups de poing, égratignures, etc.) ou du pareur. Si le bloc ne pose aucun danger particulier, mieux vaut peut être laisser le grimpeur maîtriser son propre atterrissage. Encore faut-il que celui-ci sache chuter !

A 4 mains, c'est comme au volley,
faut dire j'ai !
Car oui, le grimpeur doit avoir un rôle actif dans sa chute et sa réception !
Prenons par exemple un grimpeur tombant droit comme un i et qui donc atterrit sur ses deux pieds. S'il reste aussi raid qu'un playmobil, c'est à dire qu'il atterrit avec les chevilles, les genoux et les hanches bloqués ; il n'y a aucun amortie de la force d'impact. Le traumatisme est assuré ! 

Il y a au moins 2 raisons physiques à cela. La première concerne la surface au sol du point d'impact. Plus elle est petite, plus la force est concentrée et dévastatrice ! Répartir la force de l'impact sur une plus grande surface du corps permet donc de réduire les risques de blessure. La deuxième concerne le temps. Un force se dissipe dans le temps donc à l'impact, il faut prolonger l’absorption de l'énergie par le sol.

Pour obtenir ce résultat, écartez un peu les jambes, roulez ensuite sur le côté ou sur le dos, le cas échéant. 

Et le pareur ?

Le rôle d'un pareur se résume à minimiser la vitesse de la chute et la force de l'impact. Cela suppose, on l'a dit : vigilance, rapidité, mais aussi, observation et préparation de la zone de réception et de solide qualité physique. Nous parlons là de la parade en générale et telle qu'elle se pratiquait avant la banalisation des pads. Le pareur avait aussi pour rôle de guider le grimpeur dans sa chute ce qui signifie lui éviter les obstacles au sol et l'aider à atterrir sur ses 2 pieds. Aujourd'hui, beaucoup pense que le pareur à comme premier rôle de guider le grimpeur vers le pad. C'est pas faux mais cela suppose que le pad est de qualité ! Ce n'est pas parce qu'un bout de mousse se trouve sous vos pieds qu'il absorbe l'énergie. nous pensons donc qu'un bon pareur doit vous guider tout en ralentissant votre chute.


Parer, c'est s'engager totalement à protéger le grimpeur ! Le temps de réaction est critique dans ce contexte ; si vous ne vous sentez pas en forme pour une raison ou une autre, où que vous ne croyez pas pouvoir enrayer efficacement la chute, n'acceptez pas une telle responsabilité et confier cette tâche à autrui...

La Parade :

1° Préparation de la zone d'impact :

Le premier travail du grimpeur et du pareur (avec ou sans pad) consiste à observer et préparer la surface de réception.

Plus la zone est encombrée, pentue et chaotique, plus elle est dangereuse et nécessite de l'expérience pour réaliser une parade efficace. En l'observant, grimpeur et pareur(s) peuvent décider d'une stratégie commune :
- endroit de dépose,
- obstacles à éviter (racines, arbres, rochers...),
- qui fait quoi...

Retirer du sol les objets qui pourraient devenir dangereux. Il ne s'agit pas d'aménager la zone comme certain l'on fait en creusant pour déplacer des blocs mais simplement de retirer : bâtons, pommes de pins, mais aussi perche, sacs à dos, chaussures, sacs à magnésie, bouteille, brosses... et le traditionnel "pof" souvent laissé au pied de la voie (un petit coup de pied du pareur au décollage peu suffire à l'écarter !)

Idéalement, placez les matelas dans les zones où le grimpeur devrait 'atterrir. Essayez de créer une surface plane sans creux ni rebords pour éviter les entorses.

Dans certain cas extrêmes, protégez directement les blocs ou arbres dangereux. Julien Nadiras, pour la première de Démonia, un hightball au Puiselet avait ainsi attaché des crashs à quelques troncs environnant. Il avait aussi réparti ses nombreux pareurs dans la pente dont certains étaient encordés afin de ne pas être emportés en cas de chute ! N'hésitez pas à travailler le bloc avec une corde et à renoncer...

Enfin, en hiver, il peut être nécessaire se s'assurer que le sol n'est pas trop gelé. A l'époque où nous grimpions sans pad, nous prenions toujours le temps de casser la croûte de sable gelé. Pensez aussi que certains sols sont très glissants quand ils sont humides (terre, herbe) ou roulants (aiguilles de pin, pomme de pin...).

2° Comment se placer

Garder ses mains à proximité du grimpeur est primordial. Il est important de comprendre que dès qu'un grimpeur est hors d'atteinte du pareur, la parade sera nettement moins efficace. Pour autant, faites attention à ne pas toucher le grimpeur. Quelques grammes de moins permettent parfois de tenir la prise mais constituent une tricherie, certes involontaire, mais qui décrédibilisent l’ascension.
Pour qu'une parade soit efficace, le pareur doit être dans l'axe du grimpeur. Là c'est parfois difficile à estimer et nécessite beaucoup d'expérience pour anticiper la trajectoire du chuteur.

Lorsque nous tombons  en arrière ou de côté, nous avons tendance à étirer les bras et à les écarter loin du corps ce qui a pour effet de raidir les coudes et de créer une position très dangereuse. Bon nombre de grimpeur se sont ainsi cassés les poignets, luxer les coudes ou démis l'épaule ! C'est un très mauvais réflexe mais s'en est un et là, dites merci à votre pareur !


Dans les clubs de gymnastique on enseigne les techniques "d'atterrissage" à adopter en cas de chute vers l'arrière ou de côté, à rouler et à amortir avec les cuisses.  Il est important de préciser que ces techniques doivent être apprises dans un milieu sécurisé. Rouler bouler dans un chaos rocheux n'est pas le moment le plus indiqué pour expérimenter de nouvelles techniques.

Comment le pareur doit amortir la chute ?

Il existe presque autant de techniques de parade qu'il y a de chutes. 

Quand la personne commence à grimper, gardez vos mains à proximité de son corps pour être capable de réduire l'accélération en cas de chute imprévue. Les chutes au démarrage d'une voie (zipette de pied, prise qui casse...) surprennent souvent le grimpeur comme le pareur. Essayez d'attraper ce dernier sous les aisselles. Ces chutes sont la cause de petites entorses mais aussi parfois de graves talonnades.

Pour une chute dans l'axe et de deux à trois mètres de haut, le pareur fait un léger pas en avant, jambes et bras semi-fléchies, coudes à hauteur des épaules. L'idée c'est d'attraper le grimpeur avant qu'il ne touche le sol pour amortir sa chute sans la stopper totalement. Par expérience, le mieux est de prendre le grimpeur juste sous les fesses et de l'accompagner au sol ce qui suppose de fléchir les jambes. 
Attention toutefois à ne pas mettre un coup de genou dans le dos du grimpeur. 

Trop loin, la parade sera ratée, trop proche, elle devient dangereuse car l'accompagnement au sol devient impossible. Vous vous retrouvez à porter le grimpeur au dessus de vos épaules. C'est  physique voir risqué (traumatismes possible de vos épaules et du dos) et vous devrez certainement jeter le grimpeur à droite ou à gauche. Évitez de le pousser vers l'avant où il pourrait percuter le bloc et de le jeter derrière vous, où il se trouverait dans la situation d'une chute vers l'arrière dont on a dit quelle est dangereuse. 

Plus la chute est haute, plus le pareur limitera son action d'amortie pour juste accompagner le grimpeur à son arrivée au sol. Dans ce cas, il vaut parfois mieux attraper le grimpeur à l'impact par la taille près de son centre de gravité en prenant soin de ne pas lui broyer les côtes !

C'est d'ailleurs, en général, la meilleure façon d'attraper un grimpeur qui tombe. Laisser les mains glisser vers ses aisselles pour stabiliser et diriger le grimpeur. Attention, attraper un grimpeur trop bas sur le corps peut le faire culbuter vers l'arrière. Protéger la tête, le cou et la colonne vertébrale du grimpeur est votre priorité. Enfin, laissez le grimpeur absorber la chute lui-même et rouler (au besoin) puisque ceci permet une bonne dispersion de la force d'impact.

Si un grimpeur fait une rotation en tombant, faites attention à ses bras... Le risque de recevoir un coup de poing ou une claque est très élevé. Le pareur doit être sur ses gardes ! Dans les balans, c'est des coups de pied qu'il faut se méfier ! En plus, si vous touchez, le bloc ne sera pas validé et vous risquez une bonne engueulade !

Et la position des mains ?

Surveillez vos pouces ! Les écarter améliore votre emprise sur les cuisses du grimpeur, mais cela augmente aussi les risques de blessure. Certains préfèrent donc parer avec les pouces collés à la paume de main, celle-ci étant tourné vers le ciel, les poignets à l'intérieur. Enfin d'autres parent avec les poings mais la aussi, prudence. Bref, à vous de choisir...





Que vous choisissiez d'être paré ou non, il est important de comprendre et maîtriser principes de base de base d'une chute. N'acceptez jamais de parer quelqu'un si vous ne le sentez pas. S'il existe un important écart de poids important entre le grimpeur et vous, trouvez quelqu'un qui convient mieux à la tâche !

Tentez de diriger le grimpeur vers les pads. S'il faut déplacer les matelas durant la grimpe, assignez cette tâche à une autre personne afin de ne pas perdre le grimpeur de vue. Si vous acceptez de parer quelqu'un, ce grimpeur devra avoir toute votre attention. Ce n'est pas le moment de demander une description d'un bloc, une clope ou d'entamer une discussion de politique générale... Vous n'aurez qu'une seule chance d'aider quelqu'un qui fait une chute... Finalement, n'oubliez pas que vous êtes responsable de votre propre sécurité et que même le meilleur pareur au monde ne peut vous sauver si vous vous aventurez sur un bloc dangereux. 


Même les meilleurs se parent, alors faites le !

Lady Big Clac, 1995,
Matthieu Dutray, Christophe Perruchon, Ludo Bourdon
Les pareurs risquent de se gêner  En plus, ils sont un peu trop en arrière mais avec une telle chute, l'important c'est de ralentir le grimpeur.


Merci à tous nos ami(e)s grimpeurs qui ont chuté devant l'objectif et à ceux qui nous parent !


Pour illustrer le propos et grâce à l'ami Philippe Ribière dont vous trouvez un lien vers le blog en bas du notre, voici un bel exemple de parade manquée. Merci !


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14 commentaires :

  1. Pourquoi depuis quelques années faut-il toujours tout expliquer, tout sécuriser..? Est-ce que les nouvelles générations n'ont plus de feeling, d'instinct de survie naturel, de pragmatisme ou veut-il tous avoir accès rapidement à des choses pour lesquelles il ne sont pas prêts et de ce fait suivents les ?? Je dis ça car lorsqu'on je vois un passage avec une réception à plat et qui ne finit pas plus haut que 2 mètres et qu'il faut 3 pareurs, 8 crashpads etc....je me dies où est le plaisir, où est le petit risque qui rend la chose plus palpitante??? A part ça, je pense qu'ils devraient tous avoir un casque...on ne sait jamais !!

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    1. Bonjour et merci pour votre commentaire.

      La réponse à "Pourquoi depuis quelques années faut-il toujours tout expliquer, tout sécuriser..?" est un peut dans l'article : la banalisation des crash-pads ou des gros matellas en salle à fait perdre cette notion d'une bonne parade. Vous avez raison, certains veulent aller plus vite que la musique...

      Ensuite, il est de notre devoir de transmettre notre expérience acquise à une époque où les pads n'existaient pas.

      Enfin, quand un équipement de protection individuel (EPI) sort sur le marché, il faut l'accompaner d'une notice et apprendre aux gens à s'en servir.

      Certes les pads ne sont pas encore classés en EPI (répondant à une norme précise ce qui serait plutôt une bonne chose vu la qualité de certains)mais les "jeunes" grimpeurs ne savent pas vraiment s'en servir.

      En fait, c'est un peu comme avec les automobiles. Leur sécurité augmente (Cintures, ABS...) mais les gens ne savent pas comment conduire avec ces nouveaux équipements et l'illusion de sécurité qu'ils apportent rend certainement les gens inconscients du danger. Je me sent en sécurité = je roule plus vite ! C'est con, mais c'est un peu comme ça que cela fonctionne...

      Après, nous sommes d'accord, mettre 8 pads et trois pareurs pour un truc de 2 m peut être excessif mais c'est la différence entre un loisir où les gens ne veulent pas se blesser et un sport passion où l'on aime les truc palpitant. A ce sujet, en falaise, vous êtes adepte du trad sur coin-coin ?

      Pour le casque, c'est pas idot parfois... ;)

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  2. Je me permettrais juste d'ajouter un commentaire concernant les chutes les plus hautes :

    A partir du moment où le pareur est situé "loin" sous le grimpeur (3 ou 4m par exemple), la parade ne sert plus à rien. (ça, c'est déjà dit sur le blog)

    Dans ce genre de cas, le rôle du "pareur" est d'organiser la zone d'atterrissage, puis de se mettre sagement de côté et de laisser choir le bolide. En effet, sa plus grande utilité est alors d'être opérationnel pour pouvoir réagir au plus vite en cas de gros pépin et contacter les secours, plutôt que de tenter de limiter les effets de la chute et, par là même, se retrouver dans le même état que le grimpeur...

    http://www.escalade-alsace.com/forum/weblog_entry.php?e=350

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  3. "la banalisation des crash-pads ou des gros matellas en salle à fait perdre cette notion d'une bonne parade"

    un petit retour la dessus: je dirais que le crashpad a peut etre "changé" les priorités de la parade, au moins dans certains cas...

    ayant commencé à faire du bloc il y a une 10ne d'années en suisse (tessin), donc pendant la généralisation des crashpads, et avec des atterrissages plus chaotiques qu'à bleau, on m'a appris la parade d'une façon un poil différente par rapport à cet article.

    il faut ajouter que "le" crash à la mode à cette époqe et lieu (franklin dropzone) était rélativement petit par rapport à la moyenne d'aujourd'hui mais aussi très très rigide (donc plus adapté à des chutes "les pieds d'abord" dans son milieu qu'à des chutes moins controlées)

    Dans ce contexte la priorité #1 de mes amis grimpeurs était de tomber les pieds d'abord sur le(s) crash, et pas sur le morceau de gneiss juste à coté......
    Donc le conseil qu'on me donnait était de les "pousser" au bon endroit pendant la chute, plutot que de chercher de les ralentir.

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  4. De petit poids je sais bien combien ma parade peut être inefficace. Il n'empêche que même avec un gros écart de poids ou une chute de grande hauteur, on peut éviter au grimpeur de sortir de la zone "d'atterrissage". Et notamment, éviter que la tête ou le dos portent sur un rocher/caillou/arbre ... après que le grimpeur aura lui-même encaissé le premier choc. Une chose que je fais toujours, me positionner sur l'Endroit où il ne faut pas chuter. Ainsi, en m'évitant, le grimpeur qui chute, évite de se faire une cheville ou pire, sur ce qui dépasse. Ayant moi-même fait une chute mal parée mes pieds étant déjà à 2m de haut, j'en ai été quitte pour 2 ans de mal au dos et une fragilité à vie. Mon conseil est qu'il faut toujours faire en sorte que le grimpeur qui chute aborde le sol avec ses deux pieds en premier afin de profiter de la force d'amortissement des cuisses et d'encaisser le choc dans la verticalité de la colonne, puis seulement après le fameux roulé-boulé sans résistance à vouloir rester droit, que décrit Grégoire. Pour ma part je suis tombée en arrière directement sur les fesses et ai subi un genre de coup du lapin. Heureusement qu'il y avait les crash ... Pour ce qui est de cet article, c'est très bien d'en parler. C'est effectivement un acte de transmission salutaire. Sinon c'est un peu comme si on n'expliquait pas à nos enfants qu'il est dangereux de traverser la rue sans regarder... L'escalade est un sport jeune et sans règles. Profitons-en tout en partageant nos expériences et le plus longtemps possible ! Merci Grégoire :-)

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  5. Bonjour Greg,

    Et bien utile cet article.

    Je me permets de rajouter deux ou trois trucs :
    Un pareur pare et ne fait rien d'autre. En particulier il ne montre pas les prises. On voit assez souvent cela lorsqu'un grimpeur plus expérimenté montre à quelqu'un et pare en même temps.
    J'insisterais encore plus sur le fait que c'est au grimpeur de placer son (ou ses) crash !! Ainsi, en chutant, il sait exactement où il est et ce qu'il y a dessous. Il peut laisser faire le pareur mais il doit absolument s'en préoccuper. Je me suis fait une cheville pour ne pas avoir respecter cette règle. Le pad avait été bien placé mais je n'avais pas vu le caillou dessous :-(
    Attention aux parades au départ sur des dalles ou murs. Souvent le pareur se positionne très près et en cas de chute imprévisible, le grimpeur peut lui tomber sur le pied. C'est tout de même bête de se faire une entorse sur le pied de son pareur en tombant de 20 à 30 cm.
    Attention en prenant sous les fesses. Il faut vraiment ne pas être en retard (i.e. prendre alors que le grimpeur est trop bas). Car sinon c'est la propulsion du grimpeur droit dans le bloc.

    Pascal.
    in http://www.camptocamp.org/forums/viewtopic.php?id=225941

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  6. Excellente idée, cet article (et donc ce sujet) !!
    Un petit rappel a ce sujet ne fait jamais de mal, d'autant qu'il est vrai que la plupart des pareurs que j'ai vu/avec qui j'ai grimpé sont souvent a côté de la plaque pendant la fraction de seconde fatidique. (je plaide coupable également )

    Par contre juste un détail de l'article avec lequel je ne suis pas tout a fait d'accord :
    Le rôle d'un pareur se résume à minimiser la vitesse de la chute et la force de l'impact.
    Pour moi le rôle primordiale du pareur est de mettre son grimpeur (qui chute) dans de bonnes conditions de réception (idéalement sur ses pieds), et idem après l'impact : stabiliser son grimpeur pour éviter qu'il se fasse embarquer dans la pente, s'écraser contre un bout de rocher après le rebond ..etc
    le deuxième aspect effectivement (mais que lorsque le premier est bien assuré) : amortir la chute du grimpeur avant qu'il n'atteigne les pads.

    Pour illustrer cela, deux exemples :
    - le cas d'une zipette ou la tête qui partirait en arrière : je préfère ne pas être ralenti mais retomber bien sur mes pieds qu’être un peu ralenti et finir sur le dos;
    - idem entre être un peu ralenti et atterrir dans la jointure des pads (ou trou); ou ne pas être vraiment ralenti mais guidé sur mes jambes jusqu'au milieu d'un pad.

    D'ailleurs petite question :
    J'ai vu des pareurs (sur des blocs verticaux et plutôt hauts) qui surélèvent un des pad au dessus des autres, d'un bon mètre (déplié et a l'horizontal), de manière a ce que le grimpeur lors de sa chute (programmée) touche le premier pad avant l'impacte, sur les autres pads qui sont dépliés au sol : est-ce vraiment efficace, plus efficaces que parer "a la main", moins dangereux ?

    Factis
    in http://www.camptocamp.org/forums/viewtopic.php?id=225941

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    1. "Le rôle d'un pareur se résume à minimiser la vitesse de la chute et la force de l'impact. Cela suppose, on l'a dit : vigilance, rapidité, mais aussi, observation et préparation de la zone de réception et de solide qualité physique."

      Nous parlons là de la parade en générale et telle qu'elle se pratiquait avant la banalisation des pads. Le pareur avait aussi pour rôle de guider le grimpeur dans sa chute ce qui signifie lui éviter les obstacles au sol et l'aider à atterrir sur ses 2 pieds. Aujourd'hui, beaucoup pense que le pareur à comme premier rôle de guider le grimpeur vers le pad. C'est pas faux mais cela suppose que le pad est de qualité ! Ce n'est pas parce qu'un bout de mousse se trouve sous vos pieds qu'il absorbe l'énergie. nous pensons donc qu'un bon pareur doit vous guider tout en ralentissant votre chute.
      Nous précisons donc cela dans le texte...
      Merci à tous pour vos commentaires

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  7. C'est un stagiaire de troisième qui a écrit cet article ? Il est truffé de fautes d'orthographe et de syntaxe.

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  8. Bonjour Thibaud,
    c'est gentil...merci. Vous pouvez proposer vos correction à latribunelibredebleau@gmail.com
    Ces articles sont écrits sur pda, dans le train, entre deux trajets maison - boulot et mis à disposition gratuitement. Ce n'est certes pas une raison pour massacrer le français mais nous ne sommes pas prof de lettre donc il y a des fois où les erreurs s'accumulent. Désolé.

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  9. Bon pour completer :
    - dans les années 90, il n'y avait pas de pad mais des pareurs . Les blocs les plus engagés : fourmis rouge, le surplomb de la mée etc..
    Salut,

    sympa ce papier. Qualeques ajouts :
    les pads sont apparus et ont permis d'augmenter la hauteur des blocs et l'engagement. A mon avis on a bien gagné 1m (genre hotline, desert des tartares, tailleur de mensonges, toute peine confondues, gargamel, transpotting, misericorde etc...) ou carrement haut avec chute craignos genre imothep

    sans les pads ces derniers n'auraient pas été envisagés si vite.

    Maintenant le pareur n'a pas pour principal fonction de proteger la chute. Sa principale fonction c'est de permettre un engagement total du grimpeur, qui n'a plus a se préoccuper des conséquences de son éventuelle chute . En cela, la confiance doit etre totale du coté grimpeur et l'engagement tout aussi total du coté pareur... Les pareurs qui s'écartent parce qu'ils ont peur de se prendre un gnon j'en ai vu pas mal... et franchement c'est naz. Accepter de parer quelqu'un ca se prend pas a la legere, et une fois accepté pas d'issue si ce n'est de faire le job : se mettre sous le grimpeur, etre pret a toute eventualité, bien connaitre le grimpeur et le bloc pour anticiper les chutes potentielles et trajectoires de chutes...

    Sous toutes ces conditions, la réussite n'en est que plus exceptionnelle et partagée. Je pense que de nombreuses réussites des blocs durs et expos sont intimement liées à ce partage grimpeur/pareur (partage : tiens je l'oubliais celui la, pour ceux qui connaissent l'histoire.... Le nom est frappé au coin du bon sens) et confiance absolue).

    Stef B

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  10. Salut Greg
    Bravo et merci pour ce sujet très bien traité. Je vais de suite envoyer le lien à la section, j'espère qu'ils sauront en profiter...
    Manu de l'ASL SGDB

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  11. Bonjour
    sans offense ni irrespect même je souhaitais partager avec vous mes divagations nocturnes d'hier soir (après une bouteille de blanc tout de même).

    Alors bon une chose à prendre en compte pour raccourcir le problème de la parade c'est d'aller faire du bloc seul :-))) ça résoud bien des questions vous en conviendrez :-))

    Je dois dire que le crashpad c'est très utile, le mien n'est pas plus grand qu'un mouchoir de poche, pratique quand on a le rhume. Clair qu'aujourd'hui tu passes déjà pour un extra-terrestre avec ça. D'ailleurs le jour oú il aurait pu me servir le plus je suis tombé juste côté bien à plat comme une grosse crêpe ... aïe vous avez dit ? C'est vous dire que je me rappelle du toit du cul du chien :-)) A quand le crashpad qui se repositionne automatiquement dans l'axe on se le demande ??? Franchement !! :-)

    Plus récemment j'ai fait du bloc seul sans crashpad (quelle irresponsabilité j'avais même pas de bombe à poivre, y'avait des ours !), hé bien je me suis cogné la tête dans un bloc en traversée à 30cm du sol, très comique faut voir le truc ! Le craspad m'aurait servi tant et si peu qu'il ait été très long et très fin pour ne pas que mes fesses le râcle, mais quant est-il pour la parade ? La prochaine fois c'est décidé je vais me trouver un partenaire nain !!! :-))

    je reste perplexe quant à cette invention "moderne". Il doit bien y avoir un des ces "ours mal lêché" de 68ares, enfin bon vous voyez ce que je veux dire, le cliché du gars peace&love qu'est plus tout jeune aujourd'hui et qui aurait probablement pu arborer des cheveux longs avec un tutu super sexy, des lunettes rondes bleues et qui pensait à élever 2-3 biquettes dans le Larzac ... bref un 68ares a bien dû un jour penser à ramener son matelas pour essayer de voir ce ça donne dans son super projet à la réception ressemblant au haut des dentelles de Montmirail.
    J'en déduis non sans difficulté que pour grimper au 4 coins du globe notre futur Bill Gates de l'escalade a dû se dire "Attends, y'a assez de branquignoles sur cette terre qui achèteraient mon matelas ! Je vais palper la cagnote yeeehhiii !!!". Le lendemain notre gus réservait déjà sa tournée mondiale du bloc en jet privé et le destin du bloc en était scellé :-))

    Ma dernière interrogation est "quoiqu'encore" légitime; quand va-t-on légiférer sur la parade pour ne pas qu'elle dérive vers la parade amoureuse ? "Vas y tombes et je t'attrappe les fesses !". Bref la parade est en effet peut-être déjà un prétexte de pelotage abusif que les hautes instances de la Fédération occulte comme l'église et ses prêtres pédophiles !

    Je vous salue et vous demande pardon d'avance pour ces petites réflexions ... inspirées par votre article tout de même ...
    JC

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    1. Bonjour JC et merci pour ce commentaire.

      Comme disent les jeunes MDR, LOL... J'adore ! Si tu veux nous faire des petits billets de ce style, nos pages te sont ouvertes... latribunelibredebleau@gmail.com

      Plus sérieusement, il se pourrait peut-être que la fédé, dans sa grande générosité, nous refasse le coup de la norme comme pour l'équipement en falaise ! Du coup : port du casque obligatoire et mousse répondant à certaines caratéristiques des EPI duement normées et labelisées qu'il faudra payer fort cher... Y'en a qui vont gagner des sous...

      bien à vous,
      merci encore.
      On a hâte de vous lire à nouveau !

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