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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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La FFME conduit elle la bonne politique ?

Mis en ligne par TL De Bleau on jeudi 13 septembre 2012 | 07:00:00

L'évènement pour les grimpeurs cette semaine c'est les championnats du monde d'escalade à Bercy. L'événement n'a pas sa place sur notre média qui traite des sites naturels me direz-vous. Oui...et non car l'organisation de ce Championnats de tous les superlatifs, véritable tour de force de la fédé, cache peut être un petit problème quant à la politique d'équipement, de développement et de protection des sites naturels de grimpe de la FFME. En fait depuis quelques années, voire décennies, la FFME semble lancée à la conquête du pouvoir absolu en matière de sports de montagne. Ses nombreuses campagnes de communication autour des J.O. et ses opérations de lobbying ne doivent pas faire oublier qu’en dehors de la ligne de spits fédérale, d’autres voies existent. Bref, nous n’allons pas nous faire de nouveaux amis à la fédé (mais au point où on n’en est…) Le dossier est lourd et complexe et nous seront certainement amenés à le traiter en plusieurs volets...

Pourquoi, les championnats du Monde à Paris en 2012 ?

Les championnats du Monde d’escalade se déroulent en moyenne tous les deux ans et  les premiers ont eu lieu en 1991. À l’époque ces derniers étaient organisés par l’union internationale des associations d’alpinisme (UIAA) et ne comportaient que les épreuves de difficulté et de vitesse. Peu visibles sur les télés, le format des épreuves étant peu adapté au direct, il a fallu attendre 2001 pour que l’épreuve de bloc fasse son apparition suscitant un intérêt grandissant des spectateurs (pas de corde, au moins 6 grimpeurs en même temps, proximité du public...) En 2007, la compétition est gérée par la fédération internationale d’escalade (IFSC). Pour avoir une chance de devenir un sport olympique, il faut que l'escalade handisport ait droit de citer. C'est ainsi que naissent  en 2011 les premiers championnats du Monde handisport. Cette année bloc, difficulté et vitesse sont présentes, ainsi que l'escalade Handisport ! Plus de 500 athlètes représentant 60 pays participent aux épreuves ce qui en fait le plus important événement jamais organisé. La salle peut accueillir 8 000 spectateurs et le prix des billets varient de 32  à 55 pour le forfait WE.

Les championnats d’Europe à Paris en 2008 avaient permis à la FFME de gagner en crédibilité notamment auprès de la ville de Paris (malheureuse candidate à l'organisation des JO) et de la région Île-de-France. Les championnats du Monde 2012 devraient permettre de donner un coup de projecteur sur la discipline et contribuer à son développement. C'est du moins ce à quoi travaillent bénévoles et salariés de la fédé. Et de ce point de vue là, rien à dire, c’est parfait ! Bravo à toutes et tous.

C’est en 2013 que le Comité international olympique (CIO) rendra sa décision parmi une liste de 8 disciplines (softball, baseball, karaté, squash, roller, wushu, wakeboard, et escalade). Ces championnats du monde d’escalade, un an avant la décision du CIO, doivent apporter un éclairage sur l’universalité de la discipline et sur le fait qu’elle réponde aux valeurs de l’olympisme.

En amont de l’événement, des actions ont été menées afin de promouvoir la discipline, notamment chez les plus jeunes. En mai, des structures d’escalade ont été installées sur le parvis de l’Hôtel de ville. Ces dernières ont accueilli des scolaires pendant une semaine et ont permis d’effectuer des démonstrations, ainsi que des baptêmes d’escalade. Des opérations similaires ont été organisées dans les bases de loisirs au cours de l’été en partenariat avec le Comité régional olympique et sportif d’Île-de-France (CROSIF). Coté opération séduction, rien n'a été oublié et un site internet a été spécialement conçu pour l’occasion (www.worldclimbing2012.com). Outre la présence de nombreuses informations (programme, réservations, revue de presse…), le site permet de visualiser la compétition en webcasting ! Au-delà de cette diffusion, la couverture médiatique est assurée par RMC et Sport +. Et sur les réseaux sociaux, en plus de la page officielle de la FFME, une page est spécialement mise en place.

Bref, la FFME a mis le paquet. Et encore une fois, bravo, c’est bien fait. Attendons la fin du mois pour tirer le bilan.

Mais si cette opération est un échec "commercial", le navire fédéral pourrait bien sombrer. Car il est fragile et nous ne sommes par certain que cet événement suffira à sortir la FFME de l'ornière. Qu'adviendra t'il alors de l'escalade ?
Si c'est un succès, la politique fédérale tournée vers le haut niveau et le tout structures artificielles lui permettra t-elle de recruter de nouveaux licenciés ? Enfin, les pratiquants préférant les sites naturels et une pratique de loisirs y trouveront-ils leur compte ? Voici les vrais enjeux de Bercy 2012.

Pour les comprendre, il faut revenir en arrière.

Reprenons au début quand l'escalade sportive et libre n'existait pas ! On faisait alors de « l'alpinisme » et ceux qui pratiquaient déjà le bloc à Fontainebleau ne grimpaient pas mais s'entraînaient... Nuance. A ce petit jeu, les alpinistes parisiens se regroupent au sein de diverses associations plus ou moins sérieuses.

On vient a Bleau en train...
Le CAF (Club Alpin français) est né au sortir de la guerre de 1870 (1874 pour être exact) d'où sa terrible devise "pour la patrie, par la montagne" ! Le CAF  investi massivement dans le développement du confort et de la sécurité des alpinistes en aménageant de nombreux refuges dont il est aujourd’hui encore propriétaire. Notez que ce n'est pas la seule association qui s’occupe des alpinistes. On pourrait citer l’ancêtre de l’UCPA, la FSGT… (voir plus bas).

Vient ensuite la FF Montagne à la fin de la deuxième guerre mondiale. A cette époque, le haut-commissariat aux sports a souhaité développer les expéditions lointaines afin de reconstruire l’image internationale de la France et de répondre aux différentes expéditions parties à la conquête de l’Himalaya. Les dirigeants du CAF y sont peu favorables, c'est donc la FFM qui mettra sur pied nos grandes expés avec le succès que l'on connaît la victoire sur l'Annapurna dès 1950. Il faut attendre les années 70 pour voir se développer une pratique de l'escalade résolument sportive et les années 80 pour les premiers rassemblement internationaux de grimpeurs. Cette émancipation de l'escalade vis à vis de l'alpinisme, encore aujourd'hui mal percue du grand public, conduit à certaines tensions au sein de la FFM et une poignée d'athlètes fondent la FF Escalade en 1985.  Celle-ci fusionne au bout de deux ans  (1987) avec la FFM pour créer la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) notamment sous la pression du ministère des sports qui lui aussi fait l'amalgame.

En 2012, la FFME est donc la fédération délégataire c'est-à-dire qu’elle a reçu une délégation du ministère de Sports pour assurer la promotion et le développement de quatre disciplines  : l’escalade, le canyonisme, la raquette à neige, le ski-alpinisme. Cela signifie qu'elle est officiellement en charge des formations d’Etat, de la définition des réglementations et de la délivrance du titre de champion de France... En 2012 elle compte environ 80 000 licenciés (dont 10 000 compétiteurs ) répartis dans plus de 1 000 clubs. Elle est membre de la fédération internationale d’escalade (IFSC).

La première conclusion de cette historique est que la fédé « officielle » n'est  pas la seule à s'occuper de l'escalade et ses variantes. Il y a le CAF devenu FFCAM, le "canal historique" mais aussi pour ne citer qu'un autre concurrent, la FSGT, Fédération Sportive et Gymnique du Travail, très grosse fédé populaire multi sports.

Entre ces trois là, les divergences d’opinion, voir de philosophie, et les tensions sont nombreuses et la concurrence féroce. "Concurrence" c'est bien le terme car ce qui fait vivre les fédérations, c'est d'une part les cotisations de leurs adhérents, d'autre part les subventions issues notamment de l'ancien FNDS (Fond national pour le développement du sport, aujourd'hui CNDS). Donc, quand il faut se partager le gâteau et qu'on est nombreux, c'est forcément compliqué. Encore plus en période de réduction budgétaire !


La FFME à la conquête des sommets du pouvoir…

Il y a quelques années, la FFME était financièrement dans le rouge. Ainsi, en 1999, le regretté Daniel Taupin, membre du Comité Directeur (CODIR) de la fédé, posait déjà la question de l'avenir dans un texte intitulé "FFME troisième millénaire ou les APPN sont-elles du domaine fédéral ? Parmi les courriers échangés à l'époque entre membre du CODIR, les extraits de celui du 23 septembre démontreront l'ampleur du malaise.

« Où va la FFME ? (...) Le chemin complexe, voire tortueux sur lequel elle semble engagée ne permet plus de cerner ses objectifs. (...)
Il s'agit d'exprimer clairement vers quelles finalités nous nous dirigeons. Je vous renvoie vers l'excellent document que nous a transmis Daniel Taupin qui pose à mon avis les vraies questions. (...) Pour ma part, j'ai toujours défendu très clairement l'importance du développement des activités de pleine nature et de loisirs et l'importance du positionnement de la fédération sur les problèmes d'environnement. (...) Notre fédération, gérée à tous ses niveaux par des bénévoles, me semble être devenue l'objet autour d'elle-même et en son propre sein, de beaucoup de conflits de pouvoir mais surtout d'enjeux financiers occultes. (...)
Après deux années passées à prendre des mesures pour enrayer le déficit, on ne percoit pas le bout du tunnel. (...) Comment a-t-on pu passer en dix ans d'un budget de 4 millions (en francs) pour 95 000 adhérents à un budget de 16 millions de francs pour à peine 50 000 licenciés et connaître de tels problèmes ? Les recettes se sont multipliées par 4, sur quels postes précisément on multiplie les dépense ? (...) »

C'est presque le point de départ du renouveau de la fédé. Pour mener à bien cette tâche, la fédé a changé de statuts, réorganiser tout son staff, procédé à de nombreux changements internes (y compris de personnes) et revue sa politique.
Elle s’est donc lancée dans une vaste opération de séduction afin de conquérir de nouveaux adhérents et de séduire les décideurs en matière de construction de mur d’escalade abandonnant plus ou moins les sites naturels, leur développement ou leur protection car ces derniers sont libre d’accès et ne génèrent pas d’adhésion directe.

Son but : faire de l’escalade un sport olympique et le chantier est vaste. Elle met alors en place des commissions, échafaude des plans de développement des structures artificielles et communique massivement sur sa vision de l’escalade de demain, se dote d’un journal et d’un site web….

Ainsi, par exemple, en 2002, la fédération lance son plan de développement des SAE, afin de structurer la pratique sur le territoire et d’augmenter les possibilités de faire de la compétition. Il est accompagné d’un schéma d’orientation fédéral des équipements sportifs. Le projet est financé par le CNDS et la fédération. L’enveloppe consacrée à ce plan est de 180 000 €/an (250 000 en 2013) et les aides versées aux porteurs de projets varient de 12 000 pour une structure de niveau départemental à 18 000 pour le niveau national en sachant que le coût de création d’une SAE varie de 80 000 à 250 000 selon le niveau. Depuis sa mise en place, 180 clubs ont bénéficié en France du plan de développement. En plus de cet apport financier, la fédération peut accompagner les collectivités dans leur projet grâce à ses conseillers et, moyennant rémunération, cet accompagnement peut aller jusqu’à une assistance dans la  maîtrise d’ouvrage.

Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? En effet, dès le début des années 90, le secteur privé comprend que les grimpeurs sont à la recherche de lieux d’entraînement auxquels les clubs municipaux ne semblent pas pouvoir répondre. En effet, outre la qualité des murs pas toujours très heureuse, l’un des défauts majeurs de ces structures réside dans la faiblesse des créneaux horaires proposés. En Ile de France, naît ainsi la salle de Thiais ouverte 7 jours sur 7. Suit rapidement Mur Mur Pantin, Antrebloc à Villlejuif, Bloc Out, Blocbuster… Et toute ces salles ont vraiment de quoi séduire malgré le tarif ! Rien d’étonnant donc à ce que la plupart des grimpeurs n’aient plus de licence associative donc !

Disons le aussi, toujours en Île-de-France, ce ne sont pas les supports de pratique libre d’accès qui manquent ! Bleau (au sens le plus vaste) réunit chaque année 14 à 17 million de visites ! Il y a pour aussi les amateurs de falaise, le célèbre Viaduc des Fauvettes dont nous avons parlé à différentes reprises sur ce blog.

Là encore, le succès ne se dément pas et ces deux sites correspondent aux attentes des pratiquants de loisirs (même de haut niveau) tournés vers la nature, la liberté d’accès et peu désireux de faire de la compétition. Là aussi la FFME et notamment ses comités territoriaux font l’impasse pendant de longues années ! Ainsi ni le Comité régional de la fédé, ni le CD 91 ne s’investissent dans la lutte pour le sauvetage du viaduc et c’est le Cosiroc qui mène le combat. Idem pour Bleau jusqu’en 2004. Faut dire qu’en Essonne, la FFME a d’autres projets et qu’elle a besoin de financements pour les mener à bien. Ainsi, plutôt que le Viaduc la FFME défendait à l’époque les investissement à faire à Massy dont l’élitisme n’a pourtant rien à voir avec celui du viaduc, gratuit et libre d’accès…

Au niveau national, la FFME entre dès le début dans une phase de lobbying qui doit lui permettre de faire main basse sur les licenciés potentiels y compris ceux des autres « fédérations » et déterre la hache de guerre contre le CAF. Une lutte de pouvoir qui dure depuis des années et que la jeune FFME a bien du mal à mener contre une institution comme le CAF.

Quand cela ne fonctionne pas, elle tente la force. Exemple : en mars 2010, elle vote lors de son AG l’obligation de licencier FFME tous les adhérents de ses clubs affiliés. En clair, elle réclame au CAF et à la FSGT que leur adhérents aient 2 licences ! Les clubs affiliés à la FFME ne respectant pas cette règle seraient passibles de sanctions disciplinaires. Mais lesquelles ? Certes la FFME est dans son droit pour inscrire cette disposition dans ses statuts, comme le prévoit le code du sport (Article L131-6) : Les statuts des fédérations sportives peuvent prévoir que les membres adhérents des associations affiliées doivent être titulaires d’une licence sportive. Mais si telle est son droit quelle est la portée réelle de cette disposition ? Que souhaite cette fédération :a voir une position hégémonique sur les pratiques de montagne ou simplement vouloir faire face à la rude concurrence  ? Pourquoi a-t-elle besoin de recourir à de telles mesures ?

Du coup, en cette période de réinscription dans les clubs, interrogez-vous sur l’utilisation de l’argent correspondant à votre licence par la FFME.

La FFME aurait – elle mieux à offrir à ses licenciés que les assurances du CAF ou de la FSGT ? Car la licence c’est aussi une assurance que se doivent de proposer les fédés (cf. code du sport). La réponse est non car en matière de coût il est plus facile de négocier des tarifs quand on dispose de 200 000 adhérents (2,80 € pour la FSGT) que de 80 000 adhérents (entre 9,80 € et 12,80 € pour la FFME) ! C’est donc pour leur offrir quoi ? Des compétitions de haut niveau ? Certainement, bien que dans ce cas, il ne faut pas oublier que les fédérations affinitaires et les salles privées organisent elles aussi de très belles manifestations et que le niveau de leurs pratiquants n’a rien à envier à ceux de la FFME. Les équipes jeunes du CAF (FFCAM) ces dernières années ont largement prouvé leur valeur sur les podiums et en montagne. Elle pourrait évoquer la qualité et le nombre de ses formations. Là encore ce ne sont pas les seules à organiser des de très bonnes formations. Ainsi, depuis sa création, la commission fédérale montagne de la FSGT a toujours eu le souci d’organiser des formations dans le but de les rendre plus autonome et responsable et rendre les sports de montagne plus populaire et démocratique.

Reste donc dans les services uniques de la FFME : le titre de champion de France, l’accès aux compétitions internationales et l’accès aux formations certifiées pour exercer le métier de « moniteur » ! Ca fait pas lourd. C’est pas grave, la FFME va communiquer et tenter de faire oublier ses concurrents.

Dans la perspective des Championnats du monde, la FFME a collaboré à la rédaction d'une étude de l'IRDS visant à dresser le portrait de l'escalade en Ile de France. Le document est très intéressant mais révèle aussi une vision très « fédérale » du développement de notre sport et sa politique de conquête des licenciés.
Connaissez-vous l’IRDS ?

L'IRDS à pour mission :
·         de contribuer à la création d'un observatoire du sport en Île-de-France, d'en exploiter les données et d'en diffuser les résultats. Cette observation s'appuie sur la mutualisation et l'exploitation des travaux réalisés par ses membres et sur des enquêtes, analyses ou études complémentaires qu'il suscite ou réalise ;
·         de définir et conduire la réalisation d'études permettant de comprendre les évolutions des pratiques et attentes des Franciliens, d'en donner une appréciation prospective afin d'éclairer l'action des différents partenaires et de favoriser le développement du sport, notamment l'accession au sport de haut niveau ;
·         de favoriser la diffusion des travaux réalisés par d'autres organismes sur ces sujets, par l'identification et la mise à disposition des documents publiés par les services d'étude et de recherche ;
·         de répondre à toute autre mission confiée par l'administration centrale ou les services déconcentrés de l'Etat (ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative), par l'administration régionale ou par le CROSIF, sous réserve de l'accord des organes dirigeants de l'IRDS.
L'observation et les études portent notamment sur :
·         les attentes et les pratiques sportives des Franciliens à tous niveaux, à toutes fonctions éducatives, compétitives, récréatives ainsi que leur évolution et les freins à leur développement ;
·         l'offre proposée à la population francilienne par le mouvement associatif, les collectivités territoriales et les acteurs privés ; ainsi que la répartition de cette offre sur l'ensemble du territoire francilien ;
·         l'emploi lié aux activités sportives ainsi que l'offre de formation préparant aux professions concernées ;
·         la vie associative et l'implication des bénévoles dans le développement des pratiques sportives.

Nous avons lu avec beaucoup d’attention ce dossier de 16 pages pompeusement intitulé « l’escalade en Ile – de – France ». Publié en août, il a déjà suscité beaucoup de réactions chez les concurrents de la FFME. Pas étonnant… les sites naturels et les salles privées ne font l’objet que de quelques lignes visant peut être à minimiser leur attractivité auprès des décideurs de construction de mur. Pire, le dossier passe quasi sous silence les autres fédérations ce qui, il faut le reconnaître, dresse un portrait un peu tronqué de l’escalade en Île-de-France.
En voici des citations qui expliquent en partie la politique menée en IdF par la fédé.

« Selon l’enquête sur les pratiques sportives des Franciliens, 1,5 % des Franciliens âgés de 15 ans et plus (soit l’équivalent de 140 000 personnes) s’adonnent de près ou de loin à l’escalade. Parmi eux, 35 % déclarent pratiquer en-dehors de tout encadrement. Ces derniers ont généralement une pratique de loisir, et occasionnelle. Le comité régional a engagé une réflexion sur la manière dont elle pourrait attirer ce public vers les clubs.

Avec plus de 140 000 Franciliens intéressés par la pratique de l’escalade, le comité régional dispose d’un potentiel de développement important. L’objectif de la Fédération est d’ailleurs de faire de l’Île-de-France le premier comité de France dans les 10 prochaines années. Le premier levier pour le développement de la pratique dans la région est la capacité d’accueil puisque chaque création de salle entraîne une saturation de l’équipement dans l’année qui suit.

Source iconographie  Enquête IRDS citée plus haut


L’autre défi du comité est la fidélisation de ses licenciés (taux d’abandon de 48,5 %), et notamment des plus jeunes. Une nouvelle offre en compétition, moins tournée vers l’élite, inciterait les adhérents de tous niveaux à s’inscrire et les fidéliserait par la même occasion. La mise en place récente de championnats départementaux a dynamisé l’organisation de rencontres et un projet de coupe régionale est également à l’étude. Il manque encore une offre de compétition pour les plus jeunes. Le comité régional réfléchit également à la création de compétitions non officielles ouvertes aux personnes extérieures, et où l’aspect convivial et festif serait davantage mis en avant.

Chaque année, près de la moitié des licenciés franciliens (48,5 %) ne renouvellent pas leur adhésion. Ce constat est masqué par un nombre de nouveaux arrivants toujours plus élevé qui conduit au final à une augmentation des effectifs. Si le phénomène est commun à de nombreuses disciplines il est particulièrement élevé pour l’escalade.

Au-delà des raisons indépendantes du club (déménagement, vie professionnelle, familiale, choix individuel…) qui expliquent une partie de ces abandons, d’autres sont en lien direct avec l’offre proposée par le club. Plus particulièrement, la présence d’équipements basiques peut conduire plus facilement à un phénomène de lassitude car ces derniers ont des possibilités sportives réduites. Aujourd’hui le comité régional estime qu’une SAE de niveau départemental (9 mètres de hauteur) est la qualité minimale requise pour le développement d’un club d’escalade. Une autre explication avancée est le manque de compétitions de niveau loisir adaptées aux débutants.

L’offre en SAE dans la région

La FFME a réalisé un recensement des structures artificielles d’escalade. Celui-ci met en lumière la diversité de l’offre en mur et son inadaptation au développement de la pratique. Cette photographie du parc donne des chiffres inférieurs à ceux obtenus dans le cadre du recensement des équipements sportifs (RES) du ministère des Sport car celui-ci comptabilise toutes sortes de murs, y compris ceux ne permettant pas une approche de l’escalade en club.
L’Île-de-France compte 342 murs d’escalade, leur niveau varie de la simple aire de jeu à la structure artificielle d’escalade de niveau international.

Parmi ces équipements, la FFME estime que seulement 20 % d’entre eux permettent une approche de l’escalade en club dans de bonnes conditions, dont une salle de niveau national difficulté et international vitesse (Massy), une de niveau national (Pontault-Combault), 4 de niveau régional et 13 de niveau départemental. Ce parc est réparti de manière homogène sur le territoire hormis sur Paris et le Val-d’Oise où peu d’équipements de qualité sont présents.
Des nouvelles structures sont prévues, à Paris, dans les Hauts-de-Seine (Antony, Sceaux), en Seine-Saint-Denis dans le cadre du plan de rattrapage des équipements sportifs, dans les Yvelines (Saint-Germain-en-Laye), dans le Vald’Oise (Garges-lès-Gonesse, Goussainville, Jouy-le-Moutier), en Essonne (Bures-sur-Yvette, une réflexion est également menée sur la base de loisirs de Draveil.), ou encore en Seine-et-Marne (à Fontainebleau au CNSD).
Par ailleurs, la FFME souhaiterait établir son siège, ainsi qu’un centre de formation et un équipement de niveau international dans l’enceinte du parc de la Courneuve d’ici 2020.
La politique privilégiée par la Fédération en Île-de-France est la suivante: une commune, un équipement, un club. Il arrive qu’une structure puisse accueillir plusieurs clubs, mais cette situationest plutôt rare dans la région.
Tous les équipements ne sont pas de la même qualité et des règles ont été validées par la CERFRES afin de définir le niveau d’un équipement (de départemental à international).
Dans la région, certains clubs pratiquent sur des murs de qualité inférieure. Parfois des compétitions y sont tout de même organisées. Une activité régulière sur ce type d’installation n’est pas envisageable. La lassitude s’installe très vite pour le pratiquant. Les clubs ne disposant que de ce type d’équipement ont des possibilités de développement très limitées si une nouvelle structure ne voit pas le jour.

 

A terme, avec ce type de politique, c'est aussi la mort de tous les petits clubs sur de petits murs...
Nous avons contacté Benoit Chardon, chargé de l’étude à l’IRDS et voici quelques éléments de réponse :
"Afin de compléter ce document, je vous informe que je mène actuellement un travail spécifique sur la pratique de l'escalade au sein des fédérations multisports et affinitaires en lien notamment avec la FSGT et la FCAM.
Concernant la pratique en salle privée, il n'est pas question de minimiser cette pratique. Faute de chiffres disponibles sur le nombre de pratiquants en salle, il est indiqué que la première salle date de 1992 et que depuis, une dizaine ont ouvert leur porte dans la région.  
Par ailleurs, quelle que soit la discipline exercée, le nombre de pratiquants hors club est souvent bien plus important que celui en club. Malheureusement il est presque impossible de mesurer cette pratique autonome. (…)
Enfin au sujet de fontainebleau, il est précisé dans la note que le site dispose d'une renommée internationale et qu'il constitue une référence en France en termes de sites naturels de blocs. Si vous avez des éléments chiffrés (avec leur source) sur le nombre de grimpeurs qui arpentent ces blocs chaque jour, cela m'intéresse."
Merci à lui. En attendant ce nouveau document,  si comme nous, vous n’êtes pas un fan absolue des compétitions, que vous avez une pratique de loisir, que vous souhaitez participer à des sorties en extérieurs ou à l’entretien et au développement des sites, rappelez-vous qu’il existe au moins deux grandes alternatives près de chez vous.
La FFCAM a de sérieux atouts pour attirer et fidéliser les nouveaux pratiquants puisqu'elle gère le parc des refuges de montagne. En plus d'une assurance béton, vous disposez de très grosses réductions dans les refuges ! Notez que ses clubs proposent aussi de nombreuses sorties en sites naturels dans des disciplines allant de la randonnée à l'escalade en passant par les divers sports dits de Montagne. Bref, pour tous les pratiquants de loisirs occasionnels ou réguliers qui ne souhaitent pas faire de la compétition, la FFCAM est très séduisante avec plus de 360 clubs et comités départementaux et régionaux, 130 bâtiments, 5000 bénévoles et 83 000 adhérents… La FFCAM est membre de l'UIAA (Union internationale des associations d'alpinisme) et du Club Arc Alpin. Mieux, la FFCAM n'est pas seulement une fédération sportive. C'est aussi une association agréée par le Ministère de l'Environnement depuis 1978 au titre de protection de la nature suite à la création en 1976 d'une entité qui lui est entièrement dévolue : la Commission Nationale de Protection de la Montagne.
L’autre grosse fédé, disons le « canal populaire », c’est la FSGT La Fédération Sportive et Gymnique du Travail, ...
C’est une fédération multisports qui mobilise 260 000 pratiquants, regroupe 4 300 associations sportives locales et d’entreprises, et près de 75 activités sportives différentes dont l’escalade et la montagne. La FSGT est agréée par le Ministère de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative (MJSVA). Elle est membre du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) en tant que fédération affinitaire et multisports. Elle est affiliée (et membre du Comité Exécutif) à la Confédération Sportive Internationale du Travail (CSIT).

Mais pourquoi « Gymnique » ? Tout simplement parce qu’avant l’avènement des sports modernes et la « rénovation » des Jeux Olympiques (fin du 19ème) et jusqu’au début du 20ème, les activités physiques se pratiquaient essentiellement dans des « sociétés gymniques » dont la FSGT est en partie héritière. La « gymnastique » était alors la forme d’activité de base de la culture physique. Et pourquoi « Travail » ? Parce que la FSGT, née dans le monde du travail, s’est attachée à rendre les activités physiques et sportives accessibles à ceux qui en étaient exclus à l’époque, essentiellement les ouvriers. C’est le travail en tant que valeur, en tant qu’activité permettant aux êtres humains de s’émanciper de leurs conditions sociales d’existence. En novembre 2008, la FSGT et la CGT organisaient ensemble des manifestation autour des 100 ans du sport ouvrier preuve de leur ancrage historique et populaire. Notez que c’est grace à cette fédération et ses clubs que s’est développé en forêt de Fontainebleau les circuits balisés facile et peu difficile ainsi que les circuits pour enfants.
Quelques sources :
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10 commentaires :

  1. Bonjour,
    Je me permet d’émettre un avis plus mitigé que le votre.
    Il est clair que c'est plus intéressant de grimper dans une salle avec un mur de 15m que dans dans un gymnase de 8m avec l'entrainement de foot et les bruits qui vont avec en même temps. Vous dites donc, à juste titre, que les salles privées sont à même de remplir les besoins des grimpeurs. Cependant, vous reprochez à la FFME de n'investir que dans des grosses structures, au détriment des petites, alors que justement, elle ne fait que répondre à la demande. Le développement des SAE est une nécessité car l'accès aux sites naturels n'est pas toujours aisé quand on habite pas en Isère ou à fontainebleau. De plus, il existe déjà de nombreux problèmes liés à la surfréquentation de ces sites et les SAE sont une bonne alternative. Les négliger, c'est priver une bonne moitié de la France d'un accès à l'escalade.
    Pour ce qui est de l’équipement et de l'entretient des sites naturels, pour ceux que je connais, il est pris en charge par le CD de coin qui, généralement, regroupe des club FFME et des clubs CAF. AU niveau national, le développement des sites naturels n'est peut être pas une priorité de la FFME mais il ne faut pas pour autant dire que rien ne bouge.
    Je pense que la FFME est critiquable sur un certain nombre de points, aussi bien financiers que éthiques, mais pas sur ceux que vous mettez en avant dans cet article.
    Cet article donne l'impression que vous reprochez à la FFME de vouloir faire connaitre l'escalade, c'est pourtant la raison de son existence et je pense qu'elle se débrouille pas trop mal sur ce point.
    Vous finissez avec une apologie du CAF et mettant en avant son principal atout : les refuges. Sa gestions de ceux-ci et son quasi monopole dans certain endroits sont très facile à critiquer aussi (mais ce n'est pas le but de l'article et du commentaire).
    Une question pour finir : Sur les 260 000 adhérents de la FSGT, combien pratiquent l'escalade?

    Personnellement, quand, après une dizaine d'année de pratique de l'escalade, j'ai décidé de prendre une licence, aux vues des services proposés, le choix a été vite fait entre CAF et FFME. Et je ne regrette pas d'avoir choisit la FFME, j'ai fait parti de plusieurs clubs, qui avaient une dynamique bien plus intéressante que les CAF que j'ai pu fréquenter.

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    1. Bonjour et merci pour votre commentaire qui est très intéressant.

      Nous sommes bien d'accord, le sujet est aussi vaste que complexe et présente de très grosses disparités géographiques. Ce premier volet est donc très "parisien" notamment du fait de l'enquête de l'IRDS.

      Certes, il est bon que les murs se développent et, qu'ils soient de qualité est une très bonne chose. Hélas, une structure comme celle de Massy (pour prendre un exemple) n'est pas aussi accessible qu'un mur de salle privée (contraintes jour et heure + accès). Or la plupart des murs FFME sont loins d'être autofinancés ce qui induit des subventions de la part les communes, département ou région. Hélas, celles-ci ne sont pas extensibles... Un gros mur coûte cher et du coup quand un nouveau gros mur est construit, les autres structures (notamment les plus petites) du coin voient souvent leurs subventions réduites...

      Vous dites que les nouveaux murs FFME répondent aux attentes des grimpeurs. Je n'en suis pas certain. Parmi les dirigeants de la FFME certains nous ont ainsi expliqué vouloir la destruction de petits murs associatifs de Seine et Marne (genre c'est indigne de l'escalade...) alors que ceux-ci apportent pleinement satisfaction a leurs adhérents. Enfin, pour nous, une SAE n'est pas une alternative à une pratique en site naturel, c'est au mieux un outil de préparation au pire un pis aller pour contrer les aléas météos.

      Il est du devoir de la FFME de faire (re)connaître ce sport et d'en assurer la promotion. Cela passe par la compétition. Nous n'avons rien à redire là dessus. Elle fait son boulot et plutôt bien comme nous l'avons souligné.

      Mais connaissez-vous la part du prix de votre licence allouée aux développement des sites naturels et celle dévolue aux compétitions ? Perso financer les besoins de 10 000 compétiteurs (sur 80 000 pratiquants), c'est pas mon truc !

      La vraie grande question, déjà mainte fois posée dans le passé, et se sera le thème unique d'un deuxième volet, est :

      Est-ce que les activités, loisirs et "équipements" de pleine nature doivent être gérés par les fédérations dites sportives ?

      C'est un débat qui a lieu en ce moment au sein même de la FFME (et pas seulement) ainsi qu'au Ministère notamment au niveau des délégations attribuées par l'Etat. Nous ne pouvons pas tout vous dire...

      Enfin, le but n'est pas de faire l'apologie de la FFCAM ou de la FSGT mais bel et bien de dire qu'elles apportent plein d'autres choses, notamment en terme de sorties en sites naturels, escalade pour enfants, défense des sites...) et que contrairement à ce que laisse entendre le dossier de l'IRDS, l'escalade en Ile-de-France ne se résume pas à la politique de la FFME.

      Bien à vous
      et encore merci pour votre participation au débat

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    2. Bonjour,

      Je trouve votre réponse très "Parisien", pardonnez moi de cette expression mais je pense qu'il faut pour rédiger ce genre d'article sur des structures nationales, prendre en compte les contraintes de l'ensemble des territoires et ne pas ce contenter d'un regard nombriliste sur Paris et IDF... Il y aussi d'autre régions que l'IDF, le Rhône Alpes et le sud plus généralement où se pratique l'escalade.

      Et là il se peut que le point de vu soit différent.

      GB

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    3. Bonjour et Merci pour votre commentaire.
      Oui notre réponse est très parisienne et totalement assumée. Comme dit plus haut, cet article est lié à une publication de l'IRDS, organisme gouvernemental et "nombriliste" ! Comme ne plus il a été orienté par la FFME nationale, nous n'avons aucun scrupule ! La prochaine enquête de l'IRDS à paraître prochainement sera donc orienté FSGT, FFCAM et sport nature.

      Par ailleurs, nous avons publié beaucoup d'articles sur les autres régions de France où nous avons aussi nos relations et, malgré des différences notables, dont la présence de falaises (oui, en ile de France, les falaises...)il y a aussi beaucoup à dire sur la politique fédérale nationale. Les problèmes sont légions au niveau des SNE...

      Mais nous sommes ouverts à toutes discussions et témoignages.
      Bonne grimpe.

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  2. Bonjour,
    je fréquente personnellement un club très dynamique disposant seulement d'un petit mur municipal mais multipliant les séances en salle privé et les sorties en falaise, ainsi qu'en cascade de glace, alpinisme ou canyoning.
    Le tout avec une licence ... UFOLEP, autre fédération omnisport !

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    1. Pour expérience personnelle en tant que président de Section, il est absolument clair que le fédé cherche à "recruter" large. Je me souviens ainsi de la seule réunion de CD à laquelle j'ai assisté (je sais, c'est mal...) lors de laquelle un "responsable" nous donnait les chiffres précis de l'augmentation du nombre d'adhérents voulus sur l'entité FFME, mais surtout sur le créneau escalade.
      Cette augmentation d'effectif ne peut effectivement se faire que par la création de nouvelles structures, d'ou le PNSAE de la FFME. Pour preuve lors de la rénovation de notre mur en plusieurs étapes, nous avions pour avis consultatif fait appel à la fédé qui sur notre type de structure nous annonçait pouvoir "doubler" le nombre de nos adhérents !!! Ma réponse fût la suivante : "pour quoi faire ??" Nous sommes effectivement un petit club, qui ne voit pas son accomplissement par le biais de compétitions, à l'exception de certains jeunes en demande; chose à laquelle nous répondons favorablement. Nous utilisons notre mur comme support d'entrainement pour les futures sorties à Bleau, falaises ou grandes voies.
      Autre chose, comme Greg le soulignait, l'augmentation du nombre d'adhérents passe inévitablement par des ouvertures de créneaux en semaine, que nous ne pouvons pas nous permettre faute de trésorerie. Nous aimerions pourtant permettre un accès plus large au mur, au tout petit, mais ce n'est pas encore le moment. Dans cette histoire nous avons la chance d'être soutenue par notre municipalité qui est moins "regardante" sur nos résultats compétitifs et qui nous accorde toujours un montant de subvention identique, ce qui n'est pas toujours le cas pour d'autres associations de la ville. Pour finir et pour rejoindre les dernières lignes de l'article, nous sommes cette année plus que jamais entrain d'étudier la possibilité d'un désengagement fédéral. Sur notre cotisation annuelle, quelle importance représente la part fédérale ? A quoi nous sert-elle réellement ? Ne peut-on pas utiliser cette part pour notre trésorerie, pour le paiement du BE sur d'autres créneaux, bref le débat n'est pas clos...

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  3. N'étant pas né en 1870, j'ai trouvé cet article éclairant sur la genèse et l'évolution des fédés.

    Toutefois, s'il est clair que la FFME est pro-compets et grimpe en salle, il ne faut pas oublier que sur le terrain des clubs affiliés à elle peuvent aussi promouvoir un autre style de grimpe plus accès nature. Certes ce n'est pas ce que dit explicitement l'article mais il sous entend un peu le message club FFME = compet en salle et club CAF = sortie nature.

    Je suis dans un club affilié FFME dans lequel nous nous efforçons de faire sortir les jeunes en extérieur dès que possible. Nous avons une moyenne SAE mais avec de l'huile de coude on change régulièrement les voies. Nous enregistrons de plus en plus d'adhérents avec un taux de renouvellement des adhésions bien supérieur aux 52 % de l'article.... mais effectivement, ce bilan se fait grâce aux bénévoles du club, leur travail et leur état d'esprit... pas grâce à la FFME.

    Et du coup la problématique exposée dans l'article est tout à fait juste : comment se retrouver dans une fédé qui ne fait que la promotion de valeurs dans lesquelles on ne se retrouve pas ?


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  4. Bonjour,
    Merci de lancer ce débat que j'attendais depuis la lecture du texte de Taupin faite il y a déjà quelques années. J'ai malheureusement égaré ce texte (APPN 3ème millénaire), où le trouver ?
    Quand on donne un ratio de 10 000 compétiteurs pour 80 000 adhérents, peut-on connaitre au niveau des budgets de la FFME les crédits alloués pour la compétition et ceux destinés à la préservation et au développement des sites naturels ? En effet, si une écrasante proportion de personnes orientées loisir adhèrent à une fédé (quelque soit la structure), et que cette cotisation est "détournée de manière exagérée" au profit d'une minorité (les compétiteurs), cela peut devenir en effet gênant.

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  5. Bonjour à tous

    Le sport en France est organisé autour de la compétition... critiquable peut être mais c'est un fait... Voir les fédé de foot, athlé, gym, Cyclisme... Y pas de Loisir... Pourtant on, tous, nous tapons dans la balle avec les copains (rarement Ok), nous faisons des footing, un peu d'abdos et de tractions et parfois du VTT...

    La FFME réussi la prouesse de proposer autres choses : la gestion des SNE, la formation de ses cadres reconnue par l'état, le développement des SAE permettant à plus en plus de monde de grimper, notamment les jeunes... Après elle est perfectible, comme toute institution humaine...

    Les autres fédé sont des regroupement d'individu autours d'une idéologie... La pratique de la montagne pour le CAF, le sport au travail pour tous pour la FSGT... C'est bien, ou pas, selon l'avis de chacun, mais c'est pas cela qui fait avancer notre pratique... auprès des institutions (Ministères, média, éducation nationale..) La FFME fait ce travail de conseil, de développement, de formation, de réglementation... Peut être pas assez bien mais c'est le job pour lequel l'Etat la subventionne et pour laquelle elle existe...

    Donc critiquons, c'est facile...
    L'escalade au Bac, à la Télé, un mur correct dans tous les nouveaux gymnases, l’existence de 1000 SNE en France, c'est grâce à l'institution FFME... Seule légalement reconnue par l'Etat pour cela !!!

    Désolé d'être fédéraste, et reconnaissant le travail des bénévoles et pro qui sont tous investis et passionnés à 100% et pour au moins 99% compétents quelque soit leur étiquette... mais la seule institution reconnue c'est la FFME... à nous de la faire bouger pour aller dans le bon sens...

    Dam

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    1. Bonjour et merci pour ce commentaire Dam,

      Nous touchons là au coeur du problème, à savoir le développement des pratiques de loisirs et des sites naturels est-il du ressort des fédérations SPORTIVES ?

      A LTL2B nous pensons (en carricaturant, c'est à la mode) qu'une trop grande part des finances de la FFME sert à une minorité de ses licenciés : les compétiteurs.

      La FFCAM et la FSGT sont loin d'être aussi réductrices et offrent pourtant à leurs adhérents des compétitions de qualité, des formations de qualité, des structures artificielles de qualité, des voyages, des sorties en pleine nature, etc.

      Ensuite, il faut rendre à César le développement des sites naturels. Dire qu'il y a 1 000 SNE en france et les inscrire au bilan de la FFME est trop facile quand on sait que pour la plupart ils ont été équipés et défendus par des clubs FSGT ou CAF ! Bon nombre le sont encore comme les falaises de la Seine, celles de Bourgogne ou Bleau !

      Enfin, et nous disons pas le contraire, la FFME, ses pros et ses bénévoles font de très bonnes choses notamment pour les murs et les compétitions, pour la formation, la médiatisation et le développement du sport en général. C'est son rôle.

      Pour les sites naturels, c'est beaucoup moins évident (voir les déconventionnements notamment) car en dehors de la voie fédérale complétement normalisée, il n'existe plus rien ! La nous disons attention DANGER.

      Enfin, dire que seule la FFME serait "reconnu" c'est commettre une faute car ce n'est pas conforme aux termes de la loi sur le sport et aux délégations donnés par l'Etat. Et c'est bien là que réside la manipulation réalisé par la FFME ces dernières années.

      En tous les cas, merci de participer au débat.
      Sportivement
      Greg

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