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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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Incendies et bivouacs, les conséquences sur nos sites de grimpe

Mis en ligne par TL De Bleau on jeudi 6 septembre 2012 | 06:00:00

Bonjour,
Pour une fois, nous n’allons pas évoquer que le cas de Fontainebleau mais revenir sur le front des incendies de l’été et de leurs conséquences sur les falaises où nous grimpons... Les préfectures du sud de la France ont depuis des années mis en place un réseau de surveillance et d’alerte assortie d’interdictions temporaires de circulation, de faire du feu…

Cela fait donc des années que les grimpeurs locaux sont confrontés aux risques d’incendie, aux limitations de pratique et d’accès et s’en accommodent plus ou moins bien. Le problème vient donc des visiteurs occasionnels, touristes et autres vacanciers mais aussi des citadins non sportifs qui profitent des chaudes soirées pour faire la fête en pleine air. Il en est de même avec les autres sites d’escalade de France situés dans des espaces forestiers. Dans l’ensemble, les feux y sont toujours interdits et cette interdiction est presque toujours visible sur les panneaux routiers indiquant l’accès aux sites quand elle n’est pas rappelée sur les aires de stationnement.

 

Fontainebleau n’échappe pas à la règle. Le feu, sous toute ses formes, y est interdit et, lorsque la situation météorologique devient critique, le Préfet renforce l’interdiction par celle de fumer. Pourtant, chaque année, malgré les nombreux rappels effectués dans la Presse locale et sur le net, les tournées nocturnes de prévention mais aussi de verbalisation, nous avons à pleurer la disparition de quelques hectares de forêt. Pas plus tard que dimanche dernier, nous sommes intervenus auprès de cette famille faisant son barbecue en plein Bas Cuvier à moins de vingt mètres du panneau d’information de l’ONF !

Le 09/09/2012 au Bas Cuvier

Mais voilà, il y a toujours des gens qui disent ignorer l’interdit, maîtriser leur feu, etc.
Et, hélas, les communes et l’ONF n’auront jamais les moyens de surveiller chaque site et les feux se poursuivront, à Bleau, à Céüse, dans les Calanques, dans les pinèdes de la côte atlantique, dans les montagne Pyrénéennes, à Seynes ou à Orgon.



Pour Bleau, c'est le mois de septembre qui sera marqué par les incendies, trop nombreux pour ne pas éveiller les soupçons et déclencher une grande enquête. Du coup, nous n'en parlerons pas ici mais vous trouverez dans les commentaires les informations nécessaires notamment sur l'incendie qui a ravagé 11 hécatres le 09/09/2012 au Rocher Cailleau (JA Martin) dans les Trois pignons. Deux circuits d'escalade sont concernés (le bleu et l'orange) ainsi que le pauvre sentier de découverte de l'art rupestre déjà victime de vol ! Mon ami Jipé a aussi mis en ligne sur son blog photos et relevé de la zone touchée.

Cette fin d’été aura donc été marquée par le terrible incendie d’Orgon. Vous avez certainement vu ces impressionnantes images des canadairs versant des trombes d’eau sur les célèbres falaises. Vous avez peut être reconnu au travers des images diffusées en boucle sur toutes les chaînes de télé, des maisons, des bâtiments agricoles, les abords du camping ou le sommet des falaises du Canal. Et vous avez sans doute aussi appris comme nous la terrible nouvelle, l’incendiaire serait le fils du Maire de la commune ! On ne va pas en remettre une couche mais juste pleurer un bon coup avant de retrousser les manches pour les aider  à reverdir le paysage, sécuriser les lieux, reprendre une activité touristique nécessaire à la survie du site, etc.

Hier, c’est aussi très symboliquement que la 1ere réunion du comité de suivi technique et environnemental des conséquences de l'incendie d'Orgon a eut lieu au siège du PNR des Alpilles à Saint-Étienne du Grès. Au bilan : 738 hectares ravagés dont 484 en zone forestière et 254 en zone agricole.

L’ensemble des acteurs a définis trois actions : d'abord la mise en sécurité du site (il est interdit par arrêté municipal de se promener dans le massif) puis le lancement d'une expertise approfondie de la fragilisation du terrain (éboulis, ravalement, etc.) L'étude prendra au moins une quinzaine de jours car elle va analyser l'impact du feu sur la totalité des zones de forêt sinistrées, c'est-à-dire en secteur privé comme public. Enfin, les équipes se pencheront sur la "façon dont il faudra traiter les atteintes à la biodiversité". Comprenez l'impact sur la faune et la flore, notamment sur les chiroptères et l'aigle de Bonnelli. Une nouvelle réunion aura lieu le 18 septembre.

D’après nos informations, les secteurs d’escalade touchés seraient (n° topo escalade les alpilles) : de 1 à 30 recto et à priori verso puis : 25/26/27/28, voir 29... Seul les secteurs : 18/19/20/21/22/23  et peut être 24  semblent avoir été épargnés. Du côté du canal, connu dans les années 90 pour avoir abrité les voies les plus dures de France, seul le retardateur a un peu coloré les prises mais, car il y a un MAIS toute la végétation au dessus a brulé, et donc de gros risques de chutes de pierres sont à prévoir, notamment avec les pluie et l’hiver ! Va falloir du temps pour y grimper sans risque !

Parlons maintenant de Seynes.

Cette superbe falaise du Gard est devenue célèbre suite à l’équipement de ses colonnettes dont la célèbre Dinosaure. C’est devenu un arrêt obligatoire sur la route des falaises du sud  au point d’accueillir près de 20 000 grimpeurs par an faisant le bonheur des commerces et gîtes locaux mais aussi des voleurs sur le parking ! Mais voilà, ce petit coin de paradis est aussi très sensible aux flammes. Dans les années 90, le rocher était presque rose bombons par endroit. Ce rose, c’est le résultat de la pulvérisation de retardateur de feu par les canadairs et cela met des dizaines d’années à s’estomper ! Pour que cela ne se reproduise pas, le Maire de la Commune a pris un Arrêté interdisant le site jusqu’au 15/09 et a pousser un gros coup de gueule dans la presse locale. Un cri d’alarme justifié notamment lorsque l’on voit les foyers de feux de bivouac et que l’on comprend quand on apprend l’arrachage  volontaire du panneau « feux interdits » !

Hervé Grimal devant les reste d'un feu de bivouac, Source Midilibre


Hervé Grimal est donc en colère et fustige le développement sans concertation de l’escalade sur sa commune : « Ce développement anarchique me gêne, c’est un espace de liberté mais on ne peut pas tout faire non plus ! ». Il peut compter sur l’appui du Préfet et a prévenu, si ce dernier maintien l’AP limitant la circulation et les feux dans le sud, lui reconduira le sien ! Bon, il est vrai qu’une fois encore, les grimpeurs, les équipeurs devrait-on écrire, on mis la charrue avant les bœufs et équipés un peu à tout va.

Ainsi, on pouvait lire dans un article de nos amis d’EscaladeMag, qu’à l’issue d’une récente réunion avec le Conseil Général, la Fédération d’escalade, l’ONF et le maire de Brouzet-les-Alès, Hervé Grimal a demandé la réalisation d’une étude sur l’impact de la pratique de l’escalade sur la faune et la flore et de trouver une solution pour réglementer les voies qu’il juge suffisantes.

Quant à la  Présidente du CD FFME du Gard, Françoise Rault-Doumax, elle approuve cet arrêté et attend beaucoup du projet de convention avec l’ONF et le Conseil Général.

Mais en fait, c’est quand même dingue de penser que cela fait des années que des associations comme le Cosiroc ou le CAF ont alerté la FFME et les autorités sur la non maîtrise du développement de l’escalade en site naturel et sur les problèmes de cohabitation entre usagers et riverains sans que la fédé délégataire de l’état ne s’en soucis véritablement. Faut dire, développer les compétitions, batailler pour avoir une coupe du monde à Paris ou faire de l’escalade un sport olympique, ça mobilise tellement d’énergie et d’argent que le développement des sites naturels… !

C’est dingue aussi de voir à quel point les grimpeurs sont universellement stupides et mettent en péril le droit d’accès à leur site de grimpe dès lors que ce n’est qu’un site de passage pour eux ! Les locaux aussi ne sont pas exempt de bêtise lorsqu’ils équipent sauvagement un site qu’ils savent « sensible » (propriété privée, réserve de chasse…) et en font la promotion dans tous les médias !

Enfin, c’est dingue de voir qu’au XXIè siècle certains pensent encore que faire un feu c’est facile, sans conséquence et toujours sous contrôle et que jetter son mégot par la fenêtre n'est pas dangereux !



Allez, on vous le répète, la loi punit sévèrement les incendiaires volontaire mais aussi ceux qui croyaient que leur inoffensif barbecue était bien éteint en partant !


Incendie voilà ce que prévoie le Code Pénal français  Article 322-5
Modifié par la Loi n°2011-525 du 17 mai 2011 - art. 185
La destruction, la dégradation ou la détérioration involontaire d'un bien appartenant à autrui par l'effet d'une explosion ou d'un incendie provoqués par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30000 euros d'amende.

Lorsqu'il s'agit de l'incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et à 30 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.



Photo : JCV Cuvier


Si cet incendie est intervenu dans des conditions de nature à exposer les personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement, les peines sont portées à trois ans d'emprisonnement et à 45 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à cinq ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
Si l'incendie a provoqué pour autrui une incapacité totale de travail pendant au moins huit jours, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.
S'il a provoqué la mort d'une ou plusieurs personnes, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le premier alinéa, et à dix ans d'emprisonnement et à 150 000 Euros d'amende dans le cas prévu par le deuxième alinéa.



Réglementation d'accès dans les massifs forestiers des Bouches du Rhône :
 
Du 1er juin au 30 septembre 2012, l'accès aux massifs forestiers est réglementé selon les niveaux de danger météorologiques classés en 3 couleurs :
  • Niveau de danger orange : accès autorisés. 
  • Niveau de danger rouge : accès autorisé de 6h à 11h seulement ; accès autorisé toute la journée dans les Z.A.P.E.F. seulement. 
  • Niveau de danger noir : accès interdit partout même dans les Z.A.P.E.F.
 
La liste des Zones d'Accueil du Public en Forêt (Z.A.P.E.F.) contient les sites d'escalade : les Deux Aiguilles à la Sainte Victoire, les secteurs d'Orgon Canal et Beauregard., les sites du Pré aux Baumettes, La Coueste.
 
Tous les soirs la Préfecture des Bouches du Rhône met à jour le niveau de danger pour le lendemain. L'information est disponible sur :
 
Certaines communes n'autorisent que l'accès de 6h à 11h dès le niveau orange : Allauch, Auriol, Bouc Bel Air, Peynier, Plan de Cuques.
 
Dans le Var, la carte d'accès est mise à jour sur le site de la Préfecture.
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4 commentaires :

  1. LE BARBECUE A EMBRASE LA FORET: PRISON AVEC SURSIS POUR 2 CAMPEURS CONTRITS

    PERPIGNAN, 12 sept 2012 (AFP) -
    Un couple d'étudiants lyonnais a été condamné mercredi à Perpignan à 5 mois de prison avec sursis pour avoir déclenché avec un barbecue un des plus graves incendies de l'été dans les Pyrénées-Orientales, sinistre accidentel pour lequel ils se sont dénoncés d'eux-mêmes.

    "On est désolé, c'est parti en deux secondes", a dit Ingrid d'une petite voix devant le tribunal correctionnel.
    Contrits, elle et Jérôme, 21 ans tous les deux, n'en ont guère dit plus sinon pour raconter comment en cette fin août, ils avaient voulu faire griller un poisson pêché auparavant dans le lac des Bouillouses à 2.100 mètres d'altitude, et comment le barbecue avait fini par ravager pendant cinq jours 80 hectares de forêt de sapins, mobilisant des dizaines d'hommes et plusieurs avions bombardiers d'eau.
    Comme leur feu ne prenait pas à cause du vent, les deux campeurs, étudiants en BTS, avaient placé le barbecue à l'abri d'une falaise. Les flammes s'étaient propagées à un buisson pendant au-dessus d'eux et avaient gagné la végétation desséchée.
    Les deux incendiaires involontaires avaient appelé les secours et s'étaient livrés à la gendarmerie.
    Seulement, pour le parquet, l'acte de contrition ne suffit pas. La préfecture avait lancé le jour même une mise en garde contre le risque "très sévère" d'incendie en raison de la sécheresse.
    Faire du feu était interdit, des panneaux le signalaient tout le long de leur chemin, et, circonstance aggravante, c'est intentionnellement que les jeunes gens ont violé la réglementation, a dit le procureur adjoint Luc-André Lenormand devant le tribunal.
    Il a requis contre chacun 6 mois de prison avec sursis alors qu'ils étaient passibles de 5 ans de prison et 100.000 euros d'amende.
    Il a bien entendu les regrets exprimés par les prévenus et "on ne va pas leur faire porter tout le poids de tous les incendies qui ont eu lieu cet été dans les Pyrénées-Orientales", a-t-il dit, "mais il faut une peine d'avertissement" pour sanctionner un acte "stupide et inconscient".
    L'avocat des jeunes gens, Me Philippe Capsié, a reproché au parquet de se "tromper de dossier" et de vouloir faire un exemple pour d'autres incendies de l'été, comme celui bien plus considérable et dramatique qui a sévi de l'autre côté de la frontière, en Espagne.
    Il a décrit des jeunes "exemplaires", qui ont appelé trois fois les secours et qui sont des amoureux de la nature. Il a contesté qu'ils aient délibérément enfreint la réglementation. Entre interdictions et dérogations, la politique de prévention des autorités est "incompréhensible", a-t-il dit.
    Ingrid et Jérôme n'en ont pas fini avec la justice qui doit encore se prononcer sur les dommages et intérêts. Ils peuvent être considérables.

    © 2012 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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  2. Incendie du 09/09/2012 au Rocher Cailleau/JA Martin

    Le feu a démaré au niveau de la parcelle 170. Après une reconnaissance aérienne au moyen de Dragon 75, puis une reconnaissance terrestre effectuée par l’ONF, les sapeurs-pompiers ont été confronté à un incendie sur une surface de 10 hectares.

    Le relief et le type de végétation rendent ce type d'opération d’extinction très longue et difficile du fait de la présence des rochers et de tourbe.

    Quatre points d'attaques ont été créés, nécessitant l'emploi de 16 CCF, un secteur alimentation (2 CECGC et 1 SRCGC) et un secteur soutien sanitaire ont par ailleurs été mis en place. L’extinction a été réalisée au moyen d’établissements de grande longueur de lance.

    Plus de 140 pompiers ont été engagés au plus fort de l'intervention, avec des renforts en provenance de l'ensemble du département ainsi que des départements voisins de l'Essonne et du Loiret.

    Le colonel Eric Faure, directeur départemental du SDIS 77 ainsi que le colonel Denis Musson, son adjoint, se sont rendus sur place.

    Les opérations d'extinction puis de noyage qui se sont poursuivies jusqu'au mardi soir.

    Bravo les gars et merci.

    Une enquête est bien entendu en cours.

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  3. La zone sinistrée forme une bande d'une centaine de mètres de large et d'environ 1km de long orientée approximativement E-W en bordure de platière côté amont, donc au-dessus de la principale zone d'escalade.
    Quelques blocs des circuits N°3 orange et N°6 bleu se trouvent dans la zone sinistrée.
    Le feu n'a altéré ni la roche ni les balisages.
    Par contre, le couvert végétal du sol a été intégralement consumé rendant celui ci très fragile vis-à-vis de l'érosion. Il faudra donc être particulièrement précautionneux en cas de déplacements dans cette zone.
    La partie bois (tronc, branches) des arbres n'a généralement pas été attaquée par le feu au moins d'aspect extérieur. Par contre les feuillages ont été fortement atteints et j'ignore quelle proportion d'arbres survivront.
    Le traditionnel lieu de rendez-vous du GUMS est dans la zone sinistrée et est désormais inutilisable.
    Le sentier de découverte de l'art rupestre à lui aussi été bien abimé. Pas de chance, l'an dernier c'était des vols de panneaux...
    bien triste.
    L'enquête se poursuit

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  4. Le relevé de la zone incendiée et les photos sont visible sur le blog de mon ami Jipé.
    http://photonaturefontainebleau.over-blog.net/article-incendie-en-foret-de-fontainebleau-note-0682-110486182.html

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