Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2011-12-04

Bonjour,

Ce blog est consacré, (enfin, c’est mon souhait) à la défense des espaces naturels de sports et loisirs et tout particulièrement ceux de Bleau et d’Ile-de-France, ainsi qu’à la défense de leur accès libre et gratuit. Je vais parfois bien au-delà. 

Parmi tous les sujets abordés en 2011, celui concernant l’immense projet de construction d’une nouvelle ligne TGV reliant Paris à Lyon via Clermont est sans doute, le plus difficile à appréhender, à expliquer, tout en étant le moins intéressant pour la nouvelle génération de conso-grimpeurs. Aucun bloc ne devrait disparaître sauf peut être au fin fond de l’Essonne dans un de ces spots privés et secrets.

Oui mais le sujet intéressera tous les autres, les Franciliens et amoureux de la nature, les "vieux grimpeurs" soucieux de la sauvegarde des sites, les grimpeurs de Bourgogne… et puis il y a tous ceux qui arrivent ici, un peu par hasard, en tapant quelques mots clés sur Google (faudra que j’y revienne un jour, les statistiques sont étonnantes !)

Bref, au mois de septembre je découvrais le projet, l’enquête publique et vous faisais partager mes premières impressions, sommes toutes plutôt négatives. 



Rappelons que nous parlons d’un projet qui concerne 17 millions de personnes, traverse 5 régions et 15 départements sur 500 km. Rappelons aussi que ce qui se débat en ce moment ne sera utilisable qu’en 2025 et engloutira entre 12 à 15 milliards d’euros pour mettre Clermont-Ferrand à moin de 2 heures de Paris, mieux desservir Bourges, Orléans… et délester la ligne Paris-Lyon actuelle. Au total, 4 grands tracés sont étudiés avec parfois plusieurs variantes.

Le débat, c’est aussi avoir le courage de se poser la question de l’opportunité d’un tel équipement. Je ne doute pas de sa nécessité pour bon nombre de personnes mais la grande vitesse nécessite de très couteux travaux (pour quels bénéfices ?) qui auront immanquablement des répercutions très fortes sur l’environnement et le paysage. Pire, ce type de réseau n’assure pas une desserte très fine du territoire. Bref, le jeu en vaut-il la chandelle, y-a-t-il d’autres solutions comme la modernisation des réseaux existants, mieux, de quoi aurons-nous réellement besoin ? Vont-il vraiment nous faire préférer le train ?

Il ne vous reste plus que quelques semaines pour participer au débat et vous faire entendre sur le sujet. N’hésitez-pas à diffuser cet article, il permettra peut être à un de vos amis de découvrir le sujet.

Mais revenons à Fontainebleau et ses environs. Un député-maire interrogé il y a quelques jours me disait, « non, mais le TGV passera loin, notre ville n’est pas concernée »… Certes, loin c’est à quelques kilomètres. Pour autant, une partie de ses administrés seront bel et bien impactés car un tel projet ne se conçoit qu’avec une refonte des dessertes du réseau RER sud. On parle là encore de millions d’habitants, de dizaines d’espaces naturels plus ou moins sensibles, de zones d’habitations parfois très denses…

Comme tous projets de ce type, il fera des choix plus ou moins justes, des (mal)heureux,  et causera plus ou moins de nuisances. Je ne vais pas faire ces choix et ne comptez pas sur moi pour vous donner la meilleure solution.

Comme je l’écrivais plus avant, ce colossal projet aura un impact pour les franciliens du sud. Il faut déjà choisir la gare de départ (Paris-Lyon, Bercy, Saint Lazare…), puis le trajet pour traverser la banlieue, etc. Il faut aussi s’inscrire dans le futur en reliant les aéroports, en se connectant aux différents projets du Grand Paris, etc.

Donc si les Seine-et-Marnais et Essonniens sont les premiers concernés, les espaces de verdures dont ils profitent le WE le sont tout autant. Je parle du PNR, de la réserve UNESCO mais aussi de nombreux sites natura 2000, des ENS...



J’ai consulté pour vous des centaines de pages dans la très dense documentation qui accompagne le projet (voir les liens plus bas). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet a déjà bien fait tourner les cabinets d’ingénieurs ! Leurs productions sont intéressantes mais parfois très difficiles à avaler.

La documentation « accès en Île-de-France » a elle seule est d’un très haut niveau. Un document bien lourd qui étudie le réseau au départ des gares parisiennes et ses impacts sur l’environnement et les RER ! Bon courage…

Quant aux conclusion de nos ingénieurs : il vous faudra choisir entre la peste et le choléra !

Allez, j’suis sympa, je vous livre les synthèses des impacts en Île-de-France. Mais après, c’est à vous de voir… Vous avez jusqu’au 31/01/2012 pour réagir.

1. PREAMBULE
Ce document constitue un complément au rapport « Accès en Ile-de-France ». Il détaille l’analyse des enjeux environnementaux des principes de passage examinés au chapitre 2.2.
Les principes de passage envisagés en Ile-de-France se décomposent en quatre grandes familles (A, B, C et D) et peuvent être associées à aux différents scénarios (Ouest-Sud, Ouest, Médian et Est).
Les approches A à D se différencient par leur couloir de passage :
􀂃 via l’ouest de Pithiviers avec une entrée en Ile-de-France par le sud de l’Essonne (A),
􀂃 via l’est de Pithiviers avec une entrée en Ile-de-France par le sud de l’Essonne (B),
􀂃 via l’est de Pithiviers avec une entrée en Ile-de-France par le sud-est de l’Essonne entre les vallées de l’Essonne et de la Seine (C),
􀂃 via l’est de Montargis avec une entrée en Ile-de-France par le sud de la Seine-et- Marne (D).
Concernant les combinaisons aux quatre scénarios :
- la famille A se combine avec les scénarios Ouest et Ouest-Sud,
- la famille B se combine avec les scénarios Est et Médian.
- les familles C et D se combinent aux quatre scénarios.


Commentaires A
En termes de milieu humain, les options de passage A2 et A3 concernent la zone centrale du site UNESCO de la Réserve de Biosphère du Gâtinais Français, alors que l’option A1 n’empiète que sur la zone tampon de ce dernier. En termes de bâti, A2 et A3 englobent le bâti dense de grandes agglomérations, contrairement à A1 qui concerne du bâti plus diffus au droit de la vallée de la Juine. L’option de passage A3 intercepte davantage de zones
urbanisées que les deux autres. Par ailleurs, elle intercepte un réseau d’infrastructures importantes au droit de la vallée de la Seine (A6, RER D) et plus à l’est (A5).
Concernant le milieu physique, l’option de passage A3 présente le niveau de risque le plus élevé du fait des franchissements de la vallée de l’Essonne et de la Seine et de la présence du périmètre de protection éloigné du captage AEP de Moissy-Cramayel.
Pour la biodiversité, l’option de passage A2 présente un niveau de risque plus élevé du fait de la présence de la zone Natura 2000 « Marais de Fontaine-le-Vicomte et Itteville ».
L’option A1 présente ainsi un niveau de risque d’impact moyen, alors que les options A2 et A3 présentent un niveau de risque d’impact assez fort à fort.
Evaluation des scénarios associés La famille A est associée aux scénarios Ouest et Ouest Sud. L’évaluation des enjeux environnementaux de ces principes de passages en Ile-de-France doit être appréciée au regard des enjeux globaux liés aux scénarios associés.
Pour mémoire, ces scénarios présentent un risque majeur en termes d’effets potentiels sur le milieu naturel et le milieu humain (cf. rapport de « caractérisation environnementale des scénarios »).

Commentaires B
Les enjeux pour le milieu humain, sont particulièrement importants en région Ile-de-France en comparaison avec le reste du territoire du projet. Dans le département de l’Essonne, les options B2 et B3 concernent la zone centrale du site UNESCO de la Réserve de Biosphère du Gâtinais Français, alors que l’option B1 ne concerne que la zone tampon de ce site. En termes de bâti, les options B2 et B3 englobent le bâti dense de grandes agglomérations, contrairement à l’option B1 qui concerne du bâti plus diffus au droit de la vallée de la Juine.
L’option B3 concerne davantage de zones urbanisées. Par ailleurs, elle concerne un réseau d’infrastructures important au droit de la vallée de la Seine (A6, RER D) et plus à l’est (A5).
Concernant le milieu physique, l’option B3 présente le niveau de risque le plus élevé du fait des franchissements de la vallée de l’Essonne et de la Seine et de la présence du périmètre de protection étendu du captage AEP de Moissy-Cramayel. Les risques d’impact sur le milieu physique sont un peu plus fort que pour la famille A du fait du franchissement de la vallée de l’Essonne à l’ouest de Pithiviers.
Pour ce qui concerne la biodiversité, l’option B2 présente un niveau de risque d’impact plus élevé du fait de la présence de la zone Natura 2000 « Marais de Fontaine-le-Vicomte et Itteville ».
Evaluation des scénarios associés
La famille B se combine avec les scénarios Médian et Est. L’évaluation des enjeux environnementaux de ces principes de passages en Ile-de-France doit être appréciée au regard des enjeux globaux liés aux scénarios associés.
Pour mémoire, ces scénarios présentent les risques d'impact suivants (cf. rapport de « caractérisation environnementale des scénarios »).

Commentaires C
En termes de milieu humain et de milieu physique, l’option de passage C3 semble plus pénalisante en raison du franchissement de la Seine, et de l’urbanisation (bâti et infrastructures de transport) qui s’y trouve. De plus, C3 présente un risque d’impact sur le milieu humain plus élevé que C2 du fait de l’urbanisation des agglomérations de Moissy- Cramayel, Lieusaint et Savigny-le-Temple.
Pour ce qui concerne la biodiversité, l’option C2 présente un niveau de risque d’impact plus élevé du fait de la présence de la zone Natura 2000 « Marais de Fontaine-le-Vicomte et Itteville » au sein de la vallée de l’Essonne à l’ouest de Mennecy.
Evaluation des scénarios associés
Le principe de passage C peut se combiner avec tous les scénarios du projet. L’évaluation des enjeux environnementaux de ces principes de passages en Ile-de-France doit être appréciée au regard des enjeux globaux liés aux scénarios associés.
Pour mémoire, ces scénarios présentent les risques d'impact suivants (cf. rapport de « caractérisation environnementale des scénarios »).

Commentaires D
Concernant le milieu humain, l’option D4 semble peu pénalisante en ce qui concerne l’habitat mais la traversée du site UNESCO de la Réserve de Biosphère du Gâtinais Français lui confère une sensibilité non négligeable. De plus, la présence d’importantes infrastructures de transport (A19, A5 et A6), ainsi que les axes de desserte des  agglomérations de Nemours et Melun constituent une sensibilité supplémentaire. Au final, le niveau de risque d’impact de l’option D4 peut être estimé comme fort.
En termes de milieu physique, l’option D4 implique le franchissement du Loing et de la Seine et concerne la nappe des craies du Gâtinais et ses nombreux captages AEP, ainsi que le champ captant situé à l’est de Nemours. Elle présente donc un niveau de risque fort vis-à-vis du milieu physique.
Concernant la biodiversité, l’option D4 implique la traversée des sites classés de la « Vallée de l’Orvanne », et du « Ru d’Ancoeuil » en marge de la forêt de Fontainebleau ainsi que du site Natura 2000 de la vallée de la Bassée. Elle présente donc un niveau de risque fort vis-à vis de la biodiversité.
Evaluation des scénarios associés
Le principe de passage D peut se combiner avec tous les scénarios du projet. L’évaluation des enjeux environnementaux de ces principes de passages en Ile-de-France doit être appréciée au regard des enjeux globaux liés aux scénarios associés.
Pour mémoire, ces scénarios présentent les risques d'impact suivants (cf. rapport de « caractérisation environnementale des scénarios »).




Si l’on considère le seul périmètre de l’accès en Ile-de-France, les options de passage A1 et B1 apparaissent comme les plus favorables avec des risques d’impacts environnementaux moins élevés que les autres options.
A l’inverse, les options A3, B3, C3 et D4 apparaissent moins favorables notamment en raison des grandes infrastructures qu’elles doivent franchir, du bâti plus dense concerné en particulier au droit de la vallée de la Seine et des agglomérations de Savigny-le-Temple, Moissy-Cramayel et Lieusaint, et enfin du franchissement d’un plus grand nombre de vallées alluviales (Essonne, Seine, Loing).

Lorsqu’on raisonne à l’échelle globale du projet, l’évaluation environnementale des principes de passage en Ile-de-France doit être appréciée en fonction de celle des scénarios auxquels ils peuvent se combiner.

Ainsi, l’évaluation de la famille A doit prendre en considération les risques d’impact majeur liés au milieu humain et à la biodiversité, du fait de son association exclusive avec les scénarios Ouest Sud et Ouest. De la même façon, l’évaluation de la famille B doit tenir compte de celle des scénarios Médian et Est.



Liens :
autres liens disponible Aires urbaines de Blois, Bourges-Vierzon, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Mâcon, Montluçon, Moulins, Nevers, Orléans, Roanne, Vichy. Setec organisation, 2011.



La CPDP met à la disposition du public un ensemble de moyens d’expression gratuits et accessibles à tous.
Vous pouvez participer en venant aux réunions publiques
Les réunions sont ouvertes à tous et ne nécessitent pas d’inscription préalable.
En venant aux réunions, vous pourrez poser vos questions au maître d’ouvrage du projet ou à la CPDP, développer vos arguments, par oral ou par écrit sous condition de décliner votre identité et votre lieu de résidence. Un temps de parole sera fixé préalablement par la CPDP afin de respecter le principe d’équivalence des intervenants.
Vous pouvez participer en donnant votre avis ou en posant une question écrite

Plusieurs possibilités s’offrent au public pour donner un avis ou poser une question :
     Sur le site Internet du débat, dans la rubrique « Participer » en renseignant un cadre pré rempli ;
     Par écrit, à l’aide de la carte T pré-affranchie
     Par mail à l’adresse : secretariat.general@debatpublic-lgv-pocl.org
L’ensemble de ces avis et questions seront mis en ligne sur le site Internet de la CPDP et seront pris en compte lors de la rédaction du compte rendu du débat.
Vous pouvez participer en rédigeant une contribution

Mise à jour du 13/12/2011 :
Les élus du PNR du Gâtinais Français sont opposés à ce projet, au vu des impacts prévisibles sur le cadre de vie, la biodiversité, les paysages et les terres agricoles.

"Le Parc présente donc "un cahier d'acteurs" argumentant cette position et demande à RFF d'étudier la possibilité de passer par le tracé de lignes existantes.
Retrouvez le Cahier d'acteurs du Parc naturel régional du Gâtinais français, dans le cadre du Débat Public concernant le projet de Ligne à Grande Vitesse Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon, en cliquant 
ici ."
Bonjour,

Faut - il se réjouir de l'annonce de CODEVER à propos de l'amendement de la circulaire "Olin" du 6 septembre 2005 qui précisait la "loi Lalonde" du 3 janvier 1991 ?

En effet, le Ministère de l’Ecologie va officialiser une lettre-circulaire pour retirer la notion juridiquement assez vague de « carrossabilité » et qui permettait aux agents de verbaliser les 4X4, quads et autres engins motorisés sur la plus petites pistes.

D'après CODVER, "ce nouveau texte officiel vient mettre fin à la dérive restrictive des interprétations successives de la loi , dite « loi Lalonde ».

En revenant aux fondamentaux de la loi Lalonde, la Ministre de l’Ecologie Mme Nathalie Kosciusko-Morizet redonne de la dignité aux usagers motorisés – qu’ils soient randonneurs, chasseurs, pêcheurs, ramasseurs de champignons ou parfois même exploitants – qui n’en pouvaient plus d’être pourchassés comme des braqueurs de banque.
Pour autant, cette décision n’est en rien dommageable pour l’environnement. Car bien sûr le hors-piste reste strictement interdit. Elle conforte une simple réalité : les chemins ne sont pas des espaces naturels, mais des voies de communication créées par l’homme et destinées à la circulation des biens et des personnes.

Le CODEVER salue donc cette décision courageuse de la Ministre de l’Ecologie Mme Nathalie Kosciusko-Morizet. Nous aurions bien sûr préféré voir ces principes gravés dans le marbre de la loi. Peut-être faudra-t-il y venir un jour, si les nouvelles consignes n’étaient pas suivis par les agents.
Quoi qu’il en soit, nos longues années d’efforts ont fini par porter leurs fruits. Le CODEVER félicite ses délégués et ses très nombreux adhérents qui sont allés rencontrer près de 180 députés. Il fallait en effet expliquer les conséquences néfastes de la circulaire Olin sur la liberté fondamentale de circuler et sur tout un pan de l’économie touristique et sportive.
Le CODEVER remercie le nouveau Ministre des Sports David Douillet, dont l’appui a semble-t-il été décisif. Nous remercions surtout le député de la Lozère Francis Saint-Léger, premier élu qui chercha voila plus de deux ans à clarifier la situation en déposant une proposition de loi, permettant ainsi de relancer le débat. Nous tenons enfin à associer à cette bonne nouvelle la Fédération Française de Motocyclisme et Jean-Pierre Domergue du Moto-club Lozérien, avec lesquels nous avons également étroitement travaillé sur le sujet ces deux dernières années."

Ce qui change
Le nouveau texte revient aux fondamentaux de la loi du 3 janvier 1991, dite "loi Lalonde" :

• seul le "hors-piste" est strictement interdit. Les véhicules à moteur peuvent librement circuler sur les routes et les chemins ouverts à la circulation publique ;
• les chemins ruraux sont affectés sans condition d'état à la circulation publique des véhicules à moteur, sauf réglementation locale spécifique ;
• les propriétaires privés sont seuls à décider s'ils ouvrent ou non à la circulation publique des véhicules à moteur leurs chemins privés ou d'exploitation. Le Ministère recommande formellement de matérialiser cette décision sur le terrain, pour éviter toute ambiguïté et tout litige ;
les agents assermentés devront prioritairement rechercher les infractions caractérisées : circulation hors-piste et circulation sur des voies privées signalées comme interdites par leurs propriétaires.

Personnellemnt je déteste tous les engins bruyants circulant dans un milieu naturel peu fréquenté.
Je veux bien reconnaître la pertinence juridique de cet amendement mais il faudrait quand même que nos amis motorisés respectent et fassent respecter l'interdiction du hors piste !
Le saccage du chaos rocheux de la Padôle (notamment les anciens murets) comme celui de Chamarande est entièrement dû à la circulation hors piste des motos ! La remarque vaut aussi pour les VTTistes et autres habitués du 2 roues sur rochers.

le Codever défend depuis 24 ans la liberté de circuler sur les chemins pour tous les usagers. Je suis d'accord ! Le chiffre de leurs adhérents vététistes et cavaliers a d’ailleurs sensiblement augmenté ces dernières années mais le gros de ses troupes est constitué de randonneurs motorisés parfois multisports. Il s'inquiète, de la sanctuarisation croissante des espaces ruraux (Parcs Nationaux, Parcs Naturels Régionaux, aires protégées, Natura 2000...). Je partage ce constat !

Pour autant, je ne souhaite pas que 4X4, quads et autres engins puissent circuler librement sur les chemins qui traversent PN, PNR, réserves, etc.

Il ne faut pas confondre espaces ruraux avec les espaces protégés et il est évident que les chemins ruraux situés dans des zones sensibles et protégées ne doivent pas être librement ouverts à la circulation des véhicules ! Dans les PN, je ne doute pas que l'excessif pouvoir du directeur leur interdira la circulation mais qu'en sera t'il des espaces aux réglementations moins contraignantes et aux moyens de surveillance déficiants ?

Je comprends l'argument qui consiste à dire que les chemins ruraux qui ne sont plus empruntés se rétrecissent et ne deviennent plus "carrossables". C'est d'aileurs le cas sur le chemin qui longe le chaos de la Padôle. Mais trop souvent nos amis motorisés font de l'adage "là où il y a une volonté, il y a un chemin" une règle de circulation non respectueuse des autres usagers.

Bref. Non à la mise sous cloche de la nature, non à l'entrave des activités humaines traditionnelles mais pas oui à une circulation non respectueuse des autres usagers et de la nature...

Le Codever rassemble en 2011 environ 4000 adhérents particuliers, 300 clubs et 70 sociétés. Le nombre d’adhérents a augmenté de 30 % depuis fin 2008 et plus que doublé depuis 2005. L’ensemble de l’effectif directement représenté dépasse les 25 000 personnes. Ce réseau de plus de 50 délégations départementales participe activement à de nombreuses actions ou concertation avec les collectivités.

Le Codever est donc un interlocuteur reconnu. Ainsi, une délégation du Codever a été reçue à six reprises au Ministère de l’Écologie, et deux fois au Ministère de l’Intérieur. Le Codever siège dans plusieurs commissions des espaces, sites et itinéraires (CDESI), comme par exemple en Dordogne, en Seine et Marne, en Isère, ainsi que dans de nombreux comités de pilotage Natura 2000 ou groupes de travail sur les loisirs verts motorisés (notamment dans les Parcs Naturels Régionaux).

La pétition du Codever contre les excès de la circulaire Olin du 6 septembre 2005 compte à ce jour plus de 167 000 signatures. Plus de 30 000 personnes reçoivent par courriel notre lettre d’information chaque semaine. Le site www.codever.fr est fréquenté par 1 200 visiteurs uniques chaque jour.

Communiqué :

Il y a quelques jours, je reparlais de la réforme de l’ONF et du malaise des forestiers en évoquant la présentation aux Maires du contrat Etat-ONF pour 2012-2016.
J’ai pour habitude de dénoncer  les coupes rases pratiquées à Fontainebleau et en Ile-de-France qui devraient être des forêts d’accueil du publique et non des forêts de production. Avec le temps, j’ai noué pas mal de contact avec des bénévoles associatifs qui pensent comme moi mais aussi, et cela peut paraître étrange, avec des forestiers.

J’aime les forestiers et comme je le disais à l’un d’entre eux il y a peu, c’est un métier que je souhaitais faire quand j’étais plus jeune pour le côté nature, ballade solitaire dans les bois…
Si les  conditions étaient réunies voudrais-je encore faire ce métier ? Pas certain. Pourquoi ? Probablement par ce que depuis que je fréquente des forestiers, je ne peux que m’apercevoir du malaise qui plane autour de leur métier.
Comme le disait l’un d’entre eux à un journaliste de Libération : « La charge de travail s’alourdit, le vocabulaire mute  : depuis 2002, le garde forestier est devenu un « agent patrimonial ». Un terme qui sent le col blanc et dans lequel Gilles Quentin, 61 ans, « fils de forestier » entré à l’ONF en 1975, ne se reconnaît pas. Pull vert sapin, cheveux et barbe longs, il souffre d’être happé par des tâches administratives plutôt qu’au travail dans « sa » forêt de Vierzon (Cher). « On ne choisit pas ce métier par hasard. On veut être en forêt, on aime y être seul. Mais aujourd’hui, s’il y a une invasion de chenilles ou de champignons au fond de la parcelle, on passera à côté parce qu’on n’a plus le temps d’y aller ! Et on abandonne des missions pourtant prévues par le code forestier, comme le travail de police, l’accueil du public. »
Car c’est bien là le problème. Les forestiers n’en sont plus !
Ce sont des agents a qui l’on demande toujours et encore plus de travail administratif.

Ceux des groupes techniques de Fontainebleau ont ainsi vu partir dans le sud de la France les véhicules de lutte contre l’incendie (les CCF) repeints en jaune, puis, ils ont abandonnés leur mission de surveillance dans les pylônes incendie, puis, leur véhicule utilitaire s’est transformé en  2 places commerciales… Vous avez peut être rencontré des agents à cheval sur les parking des Trois Pignons. Leur présence n’est du qu’à la volonté d’un petit groupe qui se bat pour conserver le budget nécessaire à l’entretien des chevaux à l’année… Pourtant, quand on voit ce que cela rapporte en terme d’image et d’accessibilité auprès du publique ainsi qu’en gain d’efficacité, on se demande pourquoi il n’y en a pas d’avantage à Bleau. Peut être par ce que la fonction des agents n’est plus l’accueil et la surveillance mais bien la production !
Si quelques uns de mes amis forestiers bellifontains acceptaient de parler sur ce blog de leur galère je relayerai avec plaisir. Mais aujourd’hui, ce qu’ils me disent du bout des lèvres est sous couvert d’anonymat et de non diffusion… Je respecte et me tourne donc vers ceux qui s’exprime librement à travers la presse.

Voici ce que disait Philippe Berger, 47 ans, forestier protégé par son mandat syndical à Libération à propos de ces changements sur le cœur de leur métier et sur l’abandon de la qualité pour le profit !
 « Un sol tassé comme cela, c’est désolant, il faudra plus de trente ans pour qu’il se refasse, en montrant des traces laissées par les tracteurs de débardage ! Et tous ces chênes frottés, écorcés, ils risquent de prendre une maladie. Les débardeurs ont sorti les grumes au plus vite. Si j’avais été là, j’aurais pu l’empêcher, mais on passe de moins en moins de temps en forêt ». Le sentiment de ne plus pouvoir bien faire son travail, d’avoir perdu le sens d’un métier qui consiste à « transmettre une forêt en bonne santé », c’est, dit-il, l’une des « racines du mal-être ».

Gilles Quentin, un autre ONF, le dit lui aussi et avec plus de force : « La seule chose qu’on nous demande en fin d’année, c’est le cubage sorti de la forêt ! Les besoins d’argent sont tels qu’on nous fixe des objectifs de prélèvement incompatibles avec les capacités de la forêt. On prélève à l’excès, parfois le double de ce qui était prévu dans le plan d’aménagement. Et on nous incite à proposer aux communes plus de travaux, plus d’exploitation, juste pour faire de l’argent. C’est une gestion à court terme alors que le forestier cultive la forêt pour le très long terme : cent vingt ans pour les résineux, deux cents ans pour les chênes. »


Enfin, pour parler du métier de forestier, il faut comprendre le discours technique de la maison ONF en phase avec les réformes.  Demandez à un forestier en quoi consiste la « démarche qualité ». Moi je m’attendais a justement quelque chose de très terrain, avec un contrôle du travail fait dans les coupes… Mais la réponse de Gilles démontre encore une fois le malaise : « une usine à gaz qui nous prend un temps colossal. Les tâches ont été répertoriées, standardisées et, maintenant, il faut décrire tout ce qu’on fait, puis le transmettre à des gens qui vont faire de beaux tableaux Excel » (…)« Or, la réforme a saucissonné le travail, spécialisé les gardes forestiers. L’Office a été scindé en services aux intérêts contradictoires, entre protection de la forêt et commercialisation des bois. Du coup, on se croise sur les parcelles, mais on ne se parle plus. »

Et quand un forestier en a gros sur la patate, il vous montre ces parcelles déboisées selon les volontés de leur administration de tutelle, ces tas de bois qui peuvent pourrir des années avant d’être enlevés par l’exploitant. Ainsi Gilles a montré au journaliste de Libération une trouée de 500 hectares, un cimetière de grumes blancs, épars entre les hautes fougères et la sableuse terre de Sologne. « Tous les arbres de qualité ont été prélevés en priorité, puis ceux de qualité moindre. Ne restent que les grumes des arbres mal conformés, qui n’ont pas de valeur, sinon comme bois de chauffage. Alors qu’on doit faire exactement l’inverse pour assurer la régénération !... Enlever d’abord le sous-étage, les petits arbres (hêtre, charme, châtaignier), puis pratiquer une coupe d’ensemencement : on conserve les plus beaux arbres, bien répartis, pour avoir de meilleures semences, on enlève les arbres mal conformés. Là, on a privilégié le profit rapide sans se soucier du futur ! Ces fougères et ces graminées forment un tel feutrage au sol qu’on ne pourra plus ni ressemer ni replanter en chênes !  Ici, ce sera des pins maritimes. Le problème avec cette monoculture, c’est qu’on augmente le risque d’incendie. Et, si une maladie se développe, il faudra tout couper ! »

A Vesoul, Philippe Berger est lui aussi très remonté contre la sylviculture imposée par sa direction : « On a l’impression que désormais c’est à la forêt de s’adapter à l’industrie ! Les scieries exigent des diamètres de 40/45 cm pour leurs machines et refusent les gros arbres. Alors on coupe les arbres trop tôt, avant qu’ils aient atteint leur terme physiologique ! ».
25 novembre 2011 Midinews
Manifestation de forestiers en colère
Bref, nos amis forestiers de terrain sont de plus en plus conscients que le métier qu’ils ont choisit et qui correspondait à certaines convictions n’est plus le leur. Dans le privée, on a l’habitude d’évoquer dans les phases de projet la résistance aux changements de l’être humain. On l’évalue, on écoute, on accompagne pour que la transition se fasse en douceur.

L’ONF et son ministère de tutelle n’ont pas su le faire bien que dès 2005, à la suite une enquête Ipsos sur le climat social, ils étaient informés qu’inquiétude, stress, malaise et tendance au repli sur soi étaient les nouvelles valeurs des hommes et des femmes du terrain. Depuis mon article un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse, écrit en juillet dernier, les choses n’ont hélas pas favorablement évolué.
Cet été, il y a eu quatre suicides en quelques semaines, en Lozère, Gironde, Haute-Saône et dans l’Allier. En automne, la série noire a repris : le 3 octobre, en Côte-d’Or, un agent forestier de 55 ans, en congé longue maladie depuis un an et demi, s’est donné la mort à son domicile. Le 12, dans le Morbihan, c’est un ouvrier forestier qui s’est tué. Son suicide est le vingt-sixième depuis 2005...
Du côté administratif, celui du forestier jurassien qui s’était tué avec son arme de service en 2009 est toujours le seul sucide officiellement imputé aux conditions de travail !
Pascal Viné
Source Midinews 25/11/2011
Si Pascal Viné, le directeur général de l’ONF a, dès son arrivée en novembre 2010, reconnu l’existence de ce mal-être ne ménage pas ses efforts, ils restent visiblement très insuffisants pour rassurer ses hommes. Malgré les très fortes coupes dans l’effectif des forestiers*, le nombre d’assistantes sociales a été doublé pour passer à vingt. L’ONF a aussi mis en place un numéro vert, confidentiel et accessible en permanence. Mais les « quatre des agents qui se sont suicidés récemment étaient déjà suivis par les services sociaux » confiait Pascal Viné. Conscient du problème il souhaite au plus vite « alléger les procédures »  et « faire évoluer le management pour que les problèmes de terrain remontent jusqu’à la direction ».
Un DG de l’ONF qui n’hésite pas à rencontrer ces agents en colère et à dialoguer avec eux. Ainsi, le 25 novembre, Pascal Viné en visite en Ariège, a fait face au comité d’accueil qui l’attendait en pleine forêt sur un petit chemin forestier. Anne-Sophie Terral a publié plusieurs enquêtes remarquables dans Ariègenews sur ce sujet.
Rencontre sur le terrain pour Pascal Viné
Source Ariegenews 25/11/2011

Je vous invite donc à poursuivre cet article en regardant les vidéos de chacun des liens ci-dessous. Elles sont remarquables et complètent celle qui figure en permanence au bas de ce blog.

http://www.ariegenews.com/ariege/debats_opinions/2011/40808/onf-le-directeur-general-face-a-la-colere-des-agents-de-terrain-a-mass.html
http://www.ariegenews.com/ariege/actualites/2011/36280/onf-autopsie-d-un-malaise.html
http://www.ariegenews.com/ariege/actualites/2009/10922/martelage-dans-la-foret-domaniale-du-consulat-de-foix-avec-les-agents-.html

*En 1986, il employait 15 000 personnes ; en 2002, 12 000 ; aujourd’hui, 9 500. Et les effectifs n’ont pas fini de fondre : 700 postes seront supprimés dans les cinq ans à venir, au nom du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
 

Nouveau contrat Etat-ONF-FNCofor 2012-2016

Le contrat 2012-2016 signé entre l’Etat, la FNCofor et l’ONF a été présenté durant les trois jours du salon des maires sur le stand commun ONF-FNCofor.
Il traduit la volonté collective de conforter la gestion des forêts publiques par un gestionnaire unique, capable de défendre l’intérêt général, d’allier les analyses et visions de court et long termes, d’articuler les enjeux internationaux, européens, nationaux et locaux, de prendre part au développement de la filière bois, tout en améliorant la performance de sa gestion.
Avec le soutien de l’Etat et des communes forestières, l’ONF a la volonté de relever ces défis, au bénéfice d’une gestion durable et multifonctionnelle des forêts publiques françaises.
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