Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2011-11-06

Bonjour,

L'ami Soleg, envoyé en mission photographique et transformé en chasseur de Tags, a pu comparer 2 types d'entrée/sortie de parking à Bleau.

Voilà plus d'un an et demi (depuis la fermeture en avril 2010 du parking de Cuisinière notamment) que nous crions à la mise en danger par l'ONF mais aussi par les services de l'Etat en charge des aménagements routiers ! Au moment où l'Europe s'affiche sur les panneaux de parkings (Canche aux Merciers, cabaret Masson...) il n'en fallait pas plus pour démonter, preuves à l'appui, que les insertions et sorties de parking à Bleau sont dangereuse et parfois mal pensées...



L'Europe finance les travaux... ?
Ca tombe bien, on a un chantier...


La parole à Soleg

Stationnement Franchard Isatis/D409
Photo : Soleg
Ecrit le 10/11/11

Photo n°1 : une intersection standard mais déjà de haut niveau  ( panneau "céder le passage" ; borne de signalisation routière  d'intersection) entre un chemin forestier et une route départementale.

Stationnement Rocher Canon/D142E
Photo Soleg
Photo n°2 : une intersection aménagée entre le même type de route
départementale et de chemin forestier.

Remarquer en face le panneau
fin d'interdiction de doubler qui laisse supposer qu'une interdiction
est signalée avant ce petit carrefour.







Mis à part la voiture de "l'apprenti photojournaliste"... qui stationne dans un endroit vraiment  dangereux (encore un photographe en urgence !), quel est le plus  dangereux des deux croisements ?Au nombre de véhicules qui parcourent la départementale 142E (Melun/Fontainebleau/A6), c'est peut être ce second carrefour.

Mais
pour le premier, qu'en est-il de l'entrée sur le chemin ?

Aucune possibilité de ralentissement sur la départementale pour  accéder au chemin sans trop gêner la circulation derrière (ie : ne pas provoquer des coups de freins brutaux qui entraînent soit des  trajectoires incontrôlées, soit des réveils brusques du conducteur de derrière bien endormi), aucun avertissement du voyageur standard (ne connaît  pas le coin) qu'il y a un point à risque, possibilité d'évitement d'un  véhicule, etc, etc, c'est donc incontestablement le premier qui gagne, et de loin !, par l'absence quasi totale de signalement et d'élargissement  des voies de roulements .
Le n°2 : c'est l'accès au stationnement du Rocher Canon
Le n°1 :  c'est l'accès au parking de l'Isatis
Ce dernier drainant maintenant la fréquentation de l'ancien parking de la Cuisinière fermé à la suite d'une décision ONF qui a déjà  fait chauffer pas mal de claviers et de mails.

Ce qui est à noter : l'excuse classique de la Forêt de Protection complètement figée - on ne peut pas empiéter son territoire (c'est quasi sacré)- ne tient pas. Voir l'empiétement dans la forêt pour l'accès au Canon.

Alors à quand un accès sécurisé pour l'aire de stationnement de  l'Isatis ?

Bonjour,

Cette fois se sont mes amis de l'Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau (AAFF) qui m'ont envoyé les premières photos des trois gros tags signalés le 6 novembre sur bleau.info.


Ceux-ci sont en plus sans aucun intérêt artistique ! Ceux sont juste des signatures, histoire de laisser aux autres usagers une trace de son passage...


Photo GD/AAFF
Rocher Canon, novembre 2011, sentier bleu n°12/circuit d'escalade orange


Les autres usagers, notamment les grimpeurs qui escaladent ces rochers et les randonneurs, notamment ceux des AAFF en charge du balisage des sentiers bleus (ici le n°12), eux s'en moquent de ces signatures... Mais ils en ont ras le C... d'être obligé de perdre un week end pour nettoyer les stupides tags de visiteurs bien peu respectueux des autres et de la nature !

Photo : GD/AAFF

Bref, vu l'ampleur de la tâche, ceux là risquent de rester visible quelques temps... en espérant qu'ils ne vont pas faire des petits. Certes, il commence à faire moche mais le site du Rocher Canon reste très fréquenté par les riverains de Fontainebleau, Bois-le-Roi, Dammarie-les-lys, Chailly-en-Bière et Melun... sans oublier les parisiens qui viennent en train !

Souhaitons que le CG77 nous aide à les effacer sans pour autant utiliser une disqueuse et du fumier comme dans les Grands Aveaux...

Au passage, si quelqu'un pouvait retirer l'épave de Rover sur parpaing depuis près de 2 mois à l'entrée du Bas-cuvier...

Allez, bonne grimpe, bonne rando.
Et fermez bien les yeux en passant.


Photo : GD/AAFF Rocher Canon,
Novembre 2011

Mais comme tout va très vite, l'ami Soleg a commencé le décapage bien soutenu par les agents territoriaux de l'AFF ! Merci...
Tendinite de coude garantie si le bonhomme n'est pas abreuvé.

La toise fait 90 cm...


Mise à jour du 23 janvier 2012

Pascal Villebeuf du Parisien met aussi en avant le travail d'effacage fait par les AFF ! merci


http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/la-foret-de-fontainebleau-de-plus-en-plus-degradee-21-01-2012-1821647.php
Bonjour,

Après 7 jours d'angoisse, la nouvelle est tombée ce matin :
Olivier Sourzac (47 ans), Guide de Haute Montagne et sa cliente Charlotte Demetz (44 ans), du CAF, ne redescendront pas du sommet des Grandes Jorasses dans le Massif du Mont Blanc.

Cela faisait sept nuits qu'ils attendaient les secours à 150 m de la pointe Walker (4 208m) après leur ascension de la langue de glace du Linceul. C'est donc à la descente sur le versant italien qu'ils se sont fait pièger par la tempête. Olivier avait contacté la vallée vendredi 2/11 pour dire qu'ils allaient bien, avaient creusés un abri et que leur réchaud fonctionnait correctement. Il y avait donc de bonne raison d'espérer...

Hélas, l'accumulation de précipitations et des conditions de tempête n'ont pas permis de leur porter secours à temps. Hier, les trois rotations d'hélicoptères (dont une française) n'avaient pas permis de les localiser précisément. C'est donc ce matin que leurs corps immobiles ont été repérés selon l'AFP.
Reposez en paix les amis...

Ce blog n'a pas pour voccation de parler des drames mais après tout, cette tragique disparition me permet d'évoquer d'autres combats de bleausards et alpinistes qui ont marqué l'histoire et qui sont souvent oubliés de la jeune génération de grimpeurs de blocs. Parmi ces tragiques évènements, certains ont pourtant marqué les esprits parfois bien au delà du cercle des grimpeurs.

En forme d'hommage à Olivier et Charlotte, alpinistes passionnés, je vais donc faire le parallèle avec un drame un peu similiaire qui implicat un autre bleausard.


Jean Vincendon
source yves Ballu
http://yvesballublog.canalblog.com/

Ainsi, les fêtes de la fin d'année 1956 seront endeuillées par la lente agonie de Jean Vincendon et François Henry à 4 000 mètres sur le grand plateau de la face Nord du Mont Blanc. Cette événement mettra sous les feux de la rampe un Belge, François et un Bleausard, Jean. Je ne peux ici que résumer ce tragique épisode et vous inviter à lire la relation qui en a été faite par Yves Ballu dans Drame aux Mont Blanc.

L'histoire commence le 22 décembre. Claude Dufourmentelle et Xavier Casneuve, deux Bleausards expérimentés invitent Jean Vincendon, 23 ans, étudiant en physique général à Paris, bleausard comme eux et, Francois Henry, son copain de cordée, Belge, âgé de 22 ans, à fêter leur victoire sur l'éperon Brenva en hivernal ! Jean est un garçon costaud qui possède son Brevet d'aspirant guide.

Le 24 décembre, Jean et Henry sont sur le point de redescendre à Chamonix pour le réveillon lorsqu'ils croisent la célèbre cordée Bonatti Gheser qui monte au refuge pour tenter la première hivernale de la Poire. Après les traditionnelles discussions de la nuit au refuge, ils se séparent, les italiens partent pour la Poire, Jean et Henry pour la Brenva sur les traces de leurs amis. Une énorme avalanche balaye l'objectif des italiens qui décident alors de rejoindre la cordée franco-belge. En réalité, celle-ci a hésité et marché très lentement et les Italiens vont les doubler sans même les voir !

Le 25 décembre 1956, à 16 heure, le temps se transforme et cède la place à une véritable tempête. Dans la tourmente, après un bivouac improvisé, les Italiens retrouvent Jean et Henry et les poussent à les suivre jusqu'au refuge Vallot (4 362m). Les francophones sont à la traine et se laissent distancer par Bonatti et Gheser qui atteignent Vallot le 26 décembre vers 17 heure avec la promesse d'être bientôt rejoint par leurs amis restés un peu en dessous du sommet du Mont Blanc. En fait, ces derniers ont renoncé, fatigués, et décident de redescendre vers 4 600 mètres où ils bivouaqueront dans un trou.

Depuis Chamonix, où l'alerte a été donnée, on suit leur combat contre la montagne et ils sont apperçus aux abords des Rochers rouges. La montagne est tellement pourri que la cordée de secours emmenée par Dufourmantelle est obligée de faire demi tour non sans avoir bivouaquée au Nid d'aigle (2 372 m).

http://yvesballublog.canalblog.com/

Le 28 décembre, après 4 jours d'attente, un hélico profite d'une fenêtre météo pour survoler le Grand plateau et y larguer des vivres. Jean et Henry s'y installent, ils n'en bougeront plus. Un nouveau largage est réussi le lendemain. A Chamonix, dans la presse et les médias, ce n'est que polémiques et querelles de clochers ! Un gros hélicoptère, le S58, décolle à 12h30 avec 2 pilotes et 2 moniteurs guides pour tenter de sortir le bleausard et le Belge du terrible piège qui s'est refermé sur eux. Hélas, il s'écrase, heureusement sans faire de victime, sur le Grand plateau à quelques mètres de Jean et Henry qui n'ont même plus la force d'aller voir ! Les secouristes, eux aussi pris au piège dans la montagne, installent Jean et Henry dans la carlingue à moitie morts, de froid, de fatigue et de déshydratation. Mais ils ont encore espoir de s'en sortir Jean et Henry, et se résignent une nouvelle fois à dormir en montagne. Les sauveteurs, se réfugient à Vallot d'où ils seront sauvés le 3 janvier !

On ne prendra pas le temps de vérifier l'épave du S58... Le pilote Santini remontera le 20 mars 1957 pour chercher les corps. Si aujourd'hui, les secours en montagne sont si bien organisés, c'est donc à Henry, le belge et, Jean, le bleausard, que nous le devons. Si ce drame a tant marqué les esprits c'est aussi à cause de l'impressionnante couverture médiatique dont il a bénéficié.

Il y a eut depuis de nombreuses tragédies et de nombreux grimpeurs parisiens sont morts en montagne. J'ai en ce moment, une pensée émue pour leurs proches avec une attention toute particulière pour Claude Boitard. Damien nous manque.

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111109.OBS4133/mont-blanc-les-alpinistes-bloques-ont-ete-reperes-immobiles.html



Bonjour,

Je l’ai déjà dit, Bleau est d’une richesse historique exceptionnelle et parfois fort méconnue des grimpeurs et autres usagers. Bon nombre d’entre elles ont été détruites, emportées par les marteaux des carriers au XIXe et il serait regrettable que les visiteurs de Bleau poursuivent ce massacre.
Je profite de l’occasion qui m’est offerte par Jean Poule et
son billet du jour sur l’excellent blog Photonaturefontainebleau pour vous parler à nouveau des gravures rupestres et de la Préhistoire.

Vallée des merveilles, le sorcier
Avec plus de 2000 cavités gravées, notre pays bellifontain est un des tout premiers sites au monde pour l’observation de cet art pariétal mystérieux. A la différence de beaucoup d’autres sites, celui de Bleau présente une très grande dissémination des gravures ce qui explique parfois leur découverte tardive et la difficulté de les préserver.
Ainsi, dans le PN du Mercantour, il est impossible d'observer ces gravures sans payer ;o( les service d'un guide !

Hélas, on ne cesse de constater de nouvelles dégradations.
Ainsi, depuis mars 2011, j’ai déjà rédigé trois articles sur la destruction de l’Auvent du Rocher des Potets (Trois Pignons) et, le 26 juillet dernier, je vous alertais sur le saccage du sentier de découverte de l’art rupestre inauguré ce printemps (voir liens bas de page).

Pour commencer, même si tous les visiteurs n’ont pas un niveau culturel très élevé, je me demande toujours pourquoi ils éprouvent le besoin de laisser une trace indélébile de leur passage en forêt ! C’est pas un manque de culture mais un manque d’éducation et de respect. Il y a dix ans, sur l’île de Kalymnos, nous rencontrons un groupe de grimpeurs français (peu nombreux à l’époque). Nous nous croisons à plusieurs reprises durant notre séjour. Juste après leur départ, nous sommes allés sur un secteur qu’ils nous avaient indiqué… Quelle honte j’ai ressenti en arrivant de voir leur nom gravé sur l’une des plus grosses et belles colonnette du coin !

Bleau n’échappe pas à cette règle et je ne compte plus, les arbres, les rochers… mutilés par des cœurs, dates et initiales ! Il en va de même avec les témoignages préhistoriques, régulièrement recouverts d’inscriptions modernes et sans intérêt. Il est vrai que pour le profane certaines gravures du Paléolithique, du Mésolithique… peuvent passer pour d’étranges rayures dans la roche méritant d’être recouvertes.

Bien entendu, il existe un groupe (GERSAR) de chercheurs passionnés qui répertorie, cartographie et étudie ces signes mystérieux. Leurs découvertes et les publications qui les accompagnent sont remarquables. Toutefois, après quelques déconvenues, je ne les diffuse plus en dehors de mon cercle de confiance car elles attirent immanquablement les pilleurs et curieux non respectueux (la seule cartes présente à la page des cartes est très grossière volontairement).

Fontainebleau, Gravure du Moyen age
Les abris les plus prestigieux (notamment ceux classés Monument Historique), ont été murés afin de les soustraire aux pollutions en tout genre... Je vous l'accorde, ce n’est pas très pédagogique mais c’est diablement efficace ! C’est d’autant plus important que nos lointains ancêtres appréciaient tout particulièrement des grottes et autres gros surplombs à trous qu’affectionnent les plus forts grimpeurs d’aujourd’hui. Vu le respect dont certains font preuve pour la forêt, c’est sans doute la meilleure solution.
Gersar
Il y a tout de même des gravures bien visibles qui résistent aux assauts des hordes de visiteurs. Je me refuse à donner leur localisation précise mais il existe des sites sur-fréquentés qui en abritent de beaux exemples à quelques centimètres des voies d’escalade. D’ailleurs, dans ce cas, les baliseurs de circuits, sous l’impulsion du Cosiroc et en accord avec le Gersar, les évitent soigneusement (Roche aux Sabots, Grands Aveaux…) Hélas, ce qui est valable avec les circuits ne fonctionnent pas toujours avec les topos papiers et encore moins avec internet.


Greg des Blocs (moi quoi !) en 1998. Les gravures de l'arrière plan sont mises en valeur par un travail aux flashs réalisé par mon ami photographe Ben Mazuer
 
Gersar
Amis grimpeurs, si vous croisez ce genre de gravures, passez votre chemin, il y a plein d’autres blocs sympathiques !!!


Je suis  persuadé que l’on protège mieux quand on connait bien les choses, maije suis de plus en plus dubitatif sur la manière d’atteindre cet objectif.

Jean Poule dans son billet du jour se (nous) pose les bonnes questions. Je vous renvoie donc à la lecture de son article me contentant de citer quelques extraits :
« Faut-il continuer à aménager la forêt de Fontainebleau au risque de voir cet ensemble forestier ressembler dans quelques années à un vaste parc d'attraction ou à une forêt artificialisée comme le sont les Bois de Boulogne ou de Vincennes ? (…)Placer de tels aménagements dans une forêt hyperfréquentée (mal fréquentée), constitue un défit non négligeable. (…)

Les bonnes questions à se poser au sujet de ces aménagements :
- contribuent-ils à la découverte des lieux, des techniques, des vestiges du passé ?
- favorisent-ils la protection des œuvres originales ?
- participent-ils à l'artificialisation des sites ?
- contribuent-ils à intensifier la recherche des gravures in situ ?
- calment-ils les ardeurs des fouineurs ou exacerbent-ils leurs recherches ?
- ont-ils un but commercial inavoué ?
- contribuent-ils à la vente de produits dérivés (moulages de gravures)
- sont-ils la vitrine de l'ONF des collectivités et des autres partenaires ?
- les lobbies du tourisme ont-ils pesé lourdement sur leur création
- font-ils partie d'un vaste plan d'aménagement destiné à drainer de plus en plus de touristes sur la région ?
- est-il concevable en cette période d'incertitude monétaire de réaliser de tels aménagements ?
- favorisent-ils la destruction de ce qu'ils sont censés protéger ?
À chacun de juger !"

Jean Poule nous livre aussi quelques citations très intéressantes et j’utiliserai la suivante en guise de conclusion.

Jean-Claude Génot Écologiquement correct ou Protection contre nature.

Faut-il avoir peur de l'écotourisme ?

"Le tourisme de nature est-il "un tourisme alternatif qui se satisfasse des beautés et des richesses de la nature" comme le déclare Jean François Noblet, ou est-ce que, selon François Terrasson, "avec l'écoturisme, nous allons répandre l'état d'esprit bousilleur dans des lieux auxquels l'homme n'avait pas encore accès" ces deux opinions résument à elles seules le débat soulevé par cette nouvelle forme d'utilisation de la nature.
 

Quelques articles précédents...
 http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2011/07/encore-un-pillage-de-notre-patrimoine.html 26 juillet
http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2011/06/le-patrimoine-de-la-foret-de.html
23 juin (suite mars 2011)
http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2011/10/sauvetage-de-lauvent-du-rocher-des.html 20 octobre


Merci à :

 
Photonaturefontainebleau (lien et flux dans la colonne de gauche !)


Respectez la nature, Respectez notre patrimoine.
Bonjour,

Il y a un an, (le 05/11/2010), je lançais ce blog pour informer les bleausards de la reprise des négociations autour de la création d’un Parc National à Fontainebleau. A lire la presse tout le monde semblait unanime pour réclamer à grands cris la création du PN du Grand Paris. C’était faux !

D’ailleurs, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les messages de La tribune libre de Bleau soient relayés. De nombreux soutiens sont apparus car, finalement, nous sommes nombreux à refuser la création d’un PN aux portes de Paris. Nous avons tous en commun une vraie passion pour la nature et pour Fontainebleau en particulier. Nos motivations sont certes parfois très différentes, voir complètement opposées mais nous en arrivons toujours à la même conclusion :
Un parc national à Fontainebleau tel que le prévoit la loi est totalement inconcevable et contraire aux attentes des éco-citoyens que nous sommes. Pire, cela mettrait peut être en péril sa sauvegarde…

Dans ce combat, j’ai aussi reçu le soutien d’autres usagers venus d’autres coins de France, qui sont confrontés à la même dictature écologiste. En effet, la France ne manque pas d’idées et de projets ambitieux (je reviendrai bientôt sur le projet de trame verte et bleue). Elle manque juste de moyens et parfois  de volonté.
Ce ne sont pas les textes et les règlements qui manquent, il suffirait juste de les appliquer, de ne pas laisser faire n’importe quoi pour des raisons économiques ou politiques. Au lieu de cela, on multiplie les projets, on dilue les subventions, on rémunère à prix d’or des « experts et leurs rapports »…

Car, au-delà du problème des PN, le Ministère de l'Ecologie…. et les lobbies environnementalistes ne cessent de crier aux loups et à la catastrophe mondiale. Du coup, au nom de la sauvegarde de la planète, la confiscation générale des territoires s’est organisée loin de leurs habitants. Elle a même fait son entrée dans l’économie mondiale, le « vert » étant devenu une valeur d’échange entre pays et banques !

D’ici quelques jours, ce blog aura dépassé les 40 000 visiteurs ! Merci, merci beaucoup. J’espère avoir pu vous apporter une autre vision des choses que le discours bien huilé et politiquement correcte des ONG écologistes. Je suis écolo mais pas Trop. L’homme à sa place dans la nature et je reste persuader que l’exclure (même si des fois cela me démange de foutre dehors tout ceux et celles qui ne respectent pas Bleau) est la pire des solutions. Je ne supporte plus ces grandes clôtures qui encerclent les réserves biologiques (voir la plaine de Champfroy par exemple) et autres espaces sensibles. Le citadin ne sait pas préserver son coin de verdure. Peut être. Les paysans non plus vu les nombreux projets de création de PN et PNR sur leur territoire !

Plus les Parcs Nationaux Français se mettent en conformité avec la Loi de 2006 et révisent leur charte, plus les interdictions tombent !
Parmi les derniers exemples en date (et sans reparler de ce qui nous attend dans les Calanques de Marseille), citons cette nouvelle réglementation du vol libre dans le PN de la Vanoise.
Il fallait s’y attendre  j’ai déjà expliqué qu'il ne fallait rien attendre de la Charte du parc ou de Conventions si ce n’est de nouvelles limitations des libertés individuelles notamment dans le domaine des loisirs. Les espaces/périodes laissés libres sont ici encore très marginaux rapportés à la superficie du cœur de parc de la Vanoise. Il existe plusieurs textes et décrets qui font du libre survol pour les engins NON motorisés un Principe !

Un directeur de PN peut-il à ce point inverser les choses pour ne laisser que des confetti au sportifs ? Et bien oui ! Peut-il le faire contre l’avis de son Conseil d’Administration où siègent parfois des représentants des usagers. La réponse est encore oui !

J’ai relayé durant cette année de nombreuses interdictions liées aux réglementations excessives. Que dire aussi de la menace d’interdiction qui pèse sur la célèbre Transjurassienne ? Francis Vuibert, le préfet du Jura, a en effet lâché une petite bombe en octobre : « Je ne peux pas garantir que les autorisations seront données pour la Transjurassienne 2012. Pour qu’une épreuve de cette envergure puisse avoir lieu, il faut que des procédures soient respectées. Notamment l’avis obligatoire du Comité national de protection de la nature (CNPN), une instance composée d’experts indépendants du gouvernement, à qui il faut trois mois pour instruire. Malgré nos relances, cet été, les organisateurs ont déposé leur dossier le 30 septembre seulement. Je le dis clairement : c’est un peu court. Surtout si on y ajoute les trois semaines, au mieux, qu’il va falloir aux niveaux local et régional pour instruire le dossier avant que celui-ci ne parte au CNPN. Certes, le dossier est au-dessus de la pile, bien sûr je suis derrière la Transjurassienne, mais le risque que les délais soient insuffisants existe. Et ce n’est pas lié à la bonne volonté des préfets du Jura et du Doubs. »

Je n’approuve pas non plus cette véritable guerre que conduit certains "khmers verts" pour l’introduction de l’ours slovène dans les Pyrénées, la protection des rapaces non menacés ou pour la sauvegarde à tous prix du loup. Je n’aime pas la chasse mais comprend tout de même les agriculteurs dont les troupeaux sont massacrés. Et encore, je n’évoque pas là l’aspect financier des indemnisations (une vrai fortune) ou des subventions à certaines ONG (là encore une vrai fortune).  J’ai tellement de mal avec les discours de nos différents candidats à la Présidentielle à gauche, chez les écologistes,… que je suis allez voir celui de CPNT

Frédéric Nihous appelle lui, tous les ruraux et les usagers de la nature à la mobilisation contre les menaces de mort portées contre les activités de nature dans les Réserves Naturelles Nationales !
« Les communications du Ministère de l'Écologie, toujours aussi restrictives en ce qui concerne la chasse, la pêche et les activités de nature, nous tombent dessus à bras raccourcis avec une inquiétante frénésie !
Pourtant, vient d'avoir lieu une réunion entre les dirigeants nationaux de la chasse et de la pêche, le Président de la République et le ministre de l'écologie où l'exécutif s'est engagé à améliorer les choses et le respect des chasseurs et pêcheurs dans la gouvernance écologique.

Patatras ! Voilà que la ministre de l'Écologie fait un pas de plus dans la mauvaise direction en ouvrant très discrètement sur internet une nouvelle consultation publique sur les Réserves naturelles afin de préparer des textes législatifs...
Et surprise ! On découvre notamment un projet de réglementation sur les usages et activités, économiques et traditionnelles, dans les zones de réserves. » En lire plus sur son site....


Pourquoi ?
La politique de protection de l’environnement et des espaces naturels s’appuient presque uniquement sur les différents types d’espaces protégés par exemple, les réserves naturelles nationales et régionales, les parcs nationaux, les sites Natura 2000. Ainsi, la Stratégie de Création des Aires Protégées (SCAP) a pour objectif la mise sous protection forte de 2% du territoire métropolitain (soit au moins 140 000 ha). Les outils de protection contribuant à la SCAP sont entre autres : les réserves naturelles nationales, régionales et de Corse (RNN, RNR et RNC). C’est justement la procédure de classement en réserve naturelle qui est modifiée par ce projet d’ordonnance. Or ces espaces naturels sont le support d’activités de loisirs de pleine nature (sportifs ou non). Ce sont aussi des territoires souvent agricoles et emprunts de traditions.

Mais oui, la loi est faite comme cela et notre ministère, tel un roi, ordonne : « Le présent projet d'ordonnance vise, en application de l'article 256 de la loi du 12 juillet 2010 dite Grenelle 2, à clarifier et simplifier les dispositions relatives aux réserves naturelles (art. L. 332-1 à L. 332-19-1 du code de l'environnement).
L’article 256 de la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, dite Grenelle 2, a autorisé le Gouvernement à prendre par ordonnance, dans un délai de dix-huit mois à compter de la publication de ladite loi, toutes mesures pour modifier la partie législative du code de l’environnement afin « d’assurer le respect de la hiérarchie des normes, de simplifier ou d’abroger les dispositions inadaptées ou sans objet dans les domaines des espaces naturels, de la faune et de la flore et de simplifier et clarifier les dispositions relatives aux réserves naturelles, en particulier les dispositions de compétence et de procédure ». (…)

Le cadre législatif qui a été mis en place a certes posé les principes de ce partage de compétence entre l’Etat et les régions mais a également soulevé nombre d’incertitudes quant à l’interprétation de certaines de ses dispositions.

Le présent projet d’ordonnance vise à clarifier les dispositions législatives du code de l’environnement (articles L. 332-1 à L. 332-19-1) relatives aux réserves naturelles. Le projet ne vise pas les dispositions pénales propres aux réserves naturelles (art. L.332-20 à L.332-27) dans la mesure où leurs modifications relèvent du projet d’ordonnance portant simplification et harmonisation des polices de l’environnement qui est également en cours d’élaboration.
Le projet d’ordonnance contient 14 articles. Il modifie 11 articles du code de l’environnement et créé deux nouveaux articles. »

Enfin, conscient du problème de gouvernance soulevé par la loi de 2006, Parcs nationaux de France et Sciences Po Aix organisent leur 4ème séminaire commun sur le thème "la gouvernance dans les espaces protégés" le 17 février 2012 à Aix-en-Provence. Ce séminaire rappellera les grands principes qui peuvent guider la "gouvernance" au sein des espaces protégés, fera le point sur les évolutions  déjà constatées, notamment dans les parcs nationaux et proposera des pistes pour l'avenir à partir d’exemples nationaux et internationaux.

Source http://www.kairn.com/
Il s'agira d'appréhender l'évolution et le rôle de la gouvernance dans la gestion des espaces protégés, notamment depuis loi de 2006 sur les parcs nationaux. En effet, la loi a profondément réformé la gouvernance au sein des parcs nationaux en donnant une place prépondérante aux acteurs locaux (élus et socio-économiques) ; elle a également instauré la charte, véritable projet de territoire associant tous les acteurs concernés. Depuis 2007, tous les établissements des parcs nationaux sont engagés dans la préparation de leur charte. Celle-ci modifie les relations des équipes des établissements avec leurs acteurs du territoire. Elle change les fondements et les objectifs de leurs actions sur le terrain et dans les instances locales, nationales et internationales. Cette révolution silencieuse ne s'est pas faite sans appréhensions et réticences ; elle a parfois suscité de l'étonnement ; elle a généralement été accueillie avec satisfaction. Au delà du cas emblématique des parcs nationaux, l’évolution profonde de la gouvernance des espaces protégés a-t-elle contribué à améliorer la gestion et la conservation du patrimoine naturel ? L’équilibre entre l’expertise scientifique et juridique et le pouvoir politique local est-il enfin trouvé ? Le nombre de places étant restreint, un dispositif de préinscriptions sera mis en place sur un site dédié à l'événement début janvier 2012. Contact : aix2012@parcnational.fr

Voilà, je ne vous livre pas aujourd’hui le bilan de ce blog après un an d’existence. Le nombre de lecteur s’affichent dans la colonne de gauche et vous pouvez aussi y voir les articles les plus lus, classés dans l’ordre décroissant (le premier a été lu plus de 1 500 fois).

Je vais conclure en vous invitant à visiter le site du collectif des Racines et des Hommes dont j’ai déjà parlé à diverses reprises. Il dénonce cette politique environnementale mondialisée  qui aboutit à une mise sous tutelle de nos territoires, à la sanctuarisation de la nature en excluant les populations locales qui ont toujours su préserver leur environnement. Avec eux, revendiquons le droit de prendre en charge directement la gestion de nos territoires.




Complément :


NATURE