Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2011-04-24

Les problèmes d'accessibilité aux sites d’escalade ou d’interdictions suite à des problèmes de comportements ou de réglementation sont loin d'être l'apanage de l'un ou l'autre des pays ou des continents.

Un peu partout des initiatives visant à défendre nos sites de pratique ont vu le jour. Ainsi, aux US c’est l’Access fund qui gère bon nombre d’accès aux falaises allant jusqu’à racheter les propriétés.

En France, le Cosiroc (créé en 1962) c’est longtemps occupé de ce type de problèmes avec notamment dans les années 80 la mise en place des premières conventions. La FFME a pris le relais au milieu des années 90. Patrick Edlinger a ensuite lancé avec Béal le site Climbing-Attitude qui, comme le Cosiroc en son temps, informe et coordonne les actions de sauvegarde des sites.
Enfin, pour l’Amérique Latine c’est l’Access Panam qui intervient.

Mon blog n’a pas pour vocation de vous tenir informé des nombreuses limitations de pratique qui surviennent ici ou là. Je vous laisse le soin de consulter les news de notre partenaire http://www.kairn.com/ ou de http://www.climbing-attitude.org/

Mais cet article veut simplement démontrer que les problématiques sont souvent les mêmes et que le non respect des sites, des règles d’accès, ou des propriétaire conduit inévitablement à l’interdiction.Petit tour du monde des dernières news concernant l'accessibilité (sélection)


EUROPE

Royaume-Uni
*** Pays de Galles
De nouvelles restrictions affectent dorénavant certaines falaises du Nord du Pays de Galles.Plus d'infos (en anglais)

*** Stanage
Selon UKClimging (membre de CWN) le site de grimpe de Stanage Edge aux portes de la ville de Sheffield pourrait bien être vendu par le Peak District National Park Authority (PDNPA) a une personne morale. Plus d'infos (en anglais)

BMC
Le British Mountaineering Council alerte le gouvernement sur la préservation de l'accesibilité aux sites de pratique.Plus d'infos (en anglais)

France

*** Presles
Voir à la date du 28/04

*** L'M (falaises de la Seine)
Attention ! un couple de faucon est installé à la falaise de l'M. Merci d'éviter de grimper dans ce secteur.

*** Site d'Arguibelle 
En raison de la présence du vautour Percnoptère sur le site d'Arguibelle, les secteurs des Grands corbeaux et du Tichodrome sont fermés aux grimpeurs depuis le 1er mars et ce jusqu'au 15/09/11.
Le secteur du Percnoptère est fermé jusqu' à la mi-juin dû à la présence du Faucon Pélerin.

L
’accès est libre mais bien refermer les barrières sur le chemin au-delà de Barlanès et tenir compte de panneaux d'interdiction sur certaines parties (protection des rapaces, notamment vautours percnoptères).

***Site d'Arudy :
Une partie du Site du Gsip à partir de la voie Stépham Sup est fermé depuis le 15 avril aux grimpeurs du fait de la présence d'un couple de Grands Ducs jusqu'au 15 juin.

***Rocher d’Escalade au Val de Souchez, Liévin (62800)
Le Conseil Général du Pas de Calais en collaboration avec le CD FFME – 62 a entrepris la rénovation de la SAE extérieure sortie de terre en 1993. Une deuxième vie lui est offerte, pour le plus grand plaisir de nos grimpeurs.

***Joncas
Un petit message à faire passer sans qu'une paranoïa s'empare de nous....mais malheureusement à Joncas ça casse les voiture comme à Bleau ou Seynes. Ça y est il ne faut plus rien laisser dans les voitures, quelques "petits cons" cassent les vitres pour visiter votre véhicule.
Source: Loic Fossard Blogspot

Bref, vous l'aurez compris, il faut veiller aux comportements de tous pour conserver nos droits d'accès à la nature.
Bonne grimpe dans le respect des sites et de la nature.
Etats-Unis

*** Gunks
Avec la récente restriction des sites de camping multi-usage, les grimpeurs se sont quelque peu inquiétés des répercussions sur les possibilités de camper dans les Gunks. Il ne manque pas de possibilités pour trouver un lieu dans la région. Plusieurs possibilités s'offrent aux visiteurs. Le site Climberism en fait le répertoire.

*** Boulder
Suite à un nouveau problème entre gardes du Parc et VTTistes, Peter Beal du site "Mountainsandwaters.com" s'interroge sur les relations entre l'escalade et l'environnement. Un texte (en anglais) fort intéressant

Brésil
*** Campinas
Le Groupe d'Escalade Sportive et de Montagne de l'Unicamp – GEEU ouvrira les 29 et 30 avril prochain la saison de grimpe pour Campinas et sa région. Plus d'infos (en portuguais)

*** Paraiso
Après de longue négociations, la falaise paolista de Paraiso est rouverte à l'escalade.
Plus d'information (en portuguais)

***LapinhaSuite à la réouverture du site de Lapinha grâce aux efforts de la FEMEMG (Federa o Mineira de Escalada) et de l'AME (Associa o Mineira de escalada), l'escalade est de nouveau autorisé mais il convient de respecter certaines règles.

***Serra do Lenheiro
L'escalade dans la Serra do Lenheiro est interdite temporairement. Ce site de la province du Mina Gerais abrite certaines des meilleures voies de la région. C'est une décision du 11ème bataillon d'infanterie de montagne qui entraîne cette interdiction, une partie de la falaise se trouvant en terrain militaire. Afin de conserver des chance d'obtenir une réouverture prochaine, la FEMEMG demande aux grimpeurs de respecter l'interdiction.
Plus d'infos (en portuguais)

***Acesso às Montanhas
Le coordinateur du projet Acesso às Montanhas (AM), Kika Bradford, est en campagne de collecte de fonds pour permettre de mener a bien les projets de l'association.
Plus d'infos (en portuguais)


Mexique
***Segundo Dinamo
Le site mexicain de Segundo Dinamo est actuellement fortement déconseillé. De nombreuses chutes de pierres ont été constatées suite à un incendie dans la partie haute de la paroi. Les pierres libérées des racines finissent par se détacher de la paroi.
Plus d'infos (en espagnol)


 

Vous le savez certainement fidèle lecteur, Bleau est un des sites les plus important pour l'observation des gravures rupestres Préhistoriques.


Source : GERSAR

Leurs recherches et études se fait par l'intermédiaire du GERSAR (Groupe d'Etudes et Recherches Sauvegarde de l'Art Rupestre).

Nous avons déjà évoqué dans ces pages combien ces précieuses gravures sont fragiles et comment, la stupidité de certains visiteurs, peut être ignorants de leur importance, conduit à leur destruction...

Nous protégeons mieux ce que nous connaissons bien...

Je vous invite donc à découvrir le travail du GERSAR au travers de deux évènements notamment l'exposition au mois de juin à Milly.



Samedi 11 et dimanche 12 juin et peut-être lundi 13. La mémoire dans la pierre.
Présentation de l'art rupestre de Fontainebleau et plus particulièrement des Trois Pignons. Salle du Moustier à Milly (à côté du syndicat d'initiative). Exposition, plaquette, présentation de moulages, conférence et visites d'abris ornés. Organisation conjointe GERSAR, ONF et Parc Régional du Gâtinais Français. Organisation, horaires et inscriptions aux sorties auprès de la maison du PNR à Baulne.


Dans nos pages vous trouverez aussi des contacts vers cette association dont la cotisation de soutien est de 25 euros pour l'année 2011.
Bonjour,

Le Bas Cuvier, la Roche aux Sabots ou Franchard Ermitage sont réputés pour être les sites les plus fréquentés de Bleau.
Ce n'est pas totalement vrai si l'on inclus dans le périmètre de Bleau les sites greseux de l'Essonne.

Plus connu sous le nom de Beauvais, la forêt départementale des Grands Avaux abrite quelques uns des circuits d'escalade les plus fréquentés par les familles (d'où la présence de nombreux circuits pour enfants et même d'un circuit saumon d'initiation aux adultes).

Pas très grand, le site reçoit chaque week end des hordes de visiteurs venus tout droit des villes de Corbeil et Evry dont il est très proche auxquelles s'ajoutent celles de parisiens pressés (cette forêt étant accessible en 30 minutes depuis la porte d'Italie).

Certains y viennent pour pique-niquer, grimper, faire du VTT, marcher, parfois pour faire de la moto... Ce site cumule les déchets, les problèmes d'érosion, et les traces de saccage de la flore (coupe d'arbres pour faire du feu ou des cabanes, réalisation de gros bouquets, sylviculture intensive...)

D'autres, y trouvent un terrain de jeux propice à leur expression culturelle et artistique ! Si l'on peut dire...

Bref, beaucoup de dégoût quand on voit cela...
Tags avril 2011 Allée des chèvres sur le circuit d'escalade
photo JYD Amis de Beauvais


Ou ça



Tags de 2005, même site, circuit pour enfants
Photo JYD Amis de Beauvais
 Et c'est encore les bénévole de l'Association des Amis de Beauvais (ceux qui y tracent les circuits d'escalade) qui vont devoir nettoyer et remettre en état le site !
Que fait la police...

Mais rassurez vous les copains, Bleau cache d'autres perles dans des coins reculés et très peu fréquentés...


Ancien abris de carriers saccagé
photo Bleau.info
Bon courage pour le nettoyage...
Si vous voulez participer, n'hésitez pas je ferai suivre.

Tristement
Avec environ 6 millions de visiteurs par an et plus de 40.000 alpinistes, le Mont Blanc est le troisième site naturel le plus visité au monde.

Le sommet patiente depuis dix ans sur la liste des candidats au patrimoine mondial de l'Unesco. Dans la vallée, le sujet sème la pagaille et soulève régulièrement des débats passionnels entre les anti, plutôt logés à Saint-Gervais, propriétaire du sommet, et les pro, plutôt originaires de Chamonix, détenteur du « fond de commerce ».


«Le Mont Blanc a besoin d'une charte environnementale exigeante. Classer le massif permettra d'harmoniser les décisions d'aménagement et d'en fixer des limites dans le cadre d'un développement touristique respectueux de l'environnement », défend Jean-Paul Trichet, membre du collectif proMont-Blanc.

« Le classement du massif ne fera qu'accentuer sa fragilité en gonflant le tourisme. Le refuge du Goûter, qui est le point de passage obligé pour une ascension côté français, est aux limites de la saturation. En réalité, le label n'avantagera que les promoteurs immobiliers de la région », objecte le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex.

En tous cas voilà qui nous rapelle le débat autour du projet de classement en Parc National de notre Forêt... Certains pensent que ce serait un préalable pour permettre le classement de la Forêt Fontainebleau au patrimoine mondiale de l'UNESCO (comme c'est déjà la cas pour le chateau) d'autres, à l'inverse, pensent qu'il faut classer au patrimoine avant de faire le PN...

Source :
PAUL MOLGA, Les Echos
http://www.lesechos.fr/innovation/croissance-verte/0201290089606-inscrire-ou-pas-le-mont-blanc-au-patrimoine-de-l-unesco-.htm
"Après les violents conflits qui avaient démarrés en 2006, la situation s’était apaisée après que trois propriétaires preslins nous avaient autorisés à utiliser leurs terrains pour stationner des véhicules, et après que le stationnement dans les virages de la D 292 furent interdits.

Comme on peut le constater sur la photo ci-dessous prise dans un des virages, l’interdiction n’est pas respectée par tous.

Avec le beau temps qui règne sur le Vercors et les vacances de Pâques, nous vous invitons à respecter scrupuleusement les consignes de stationnement et d’utiliser exclusivement les trois zones autorisées."
http://www.promo-grimpe.com/v2/spip.php?article171
Dominique Duhaut
Bonjour,

Les vacances de Pâques vont se terminer et les hordes de grimpeurs étrangers présents à Bleau (Font') vont se réduire progressivement... Ca c'est pour la bonne nouvelle. On va retrouver un peu d'espace et de calme...



Le calme relatif de la Roche aux Sabots avant l'invasion

Mais une fois encore, ce WE de Pâques a prouvé que si Bleau attire les foules, notre site, ses richesses écologiques et son patrimoine historique, sont gravement menacés par cette sur-fréquentation printanière.

Un passage au Bas Cuvier lundi 25 avril m'a permis de voir presque tout l'éventail des dégradations causées par ces grimpeurs peu respectueux du terrain de jeux.
Manque d'information, manque d'éducation, m'enfoutisme lié au fait qu'ils ne sont que visiteurs, inconscience ou grave bêtise ? Franchement, j'en sais rien et dans ces moments là, je serai même pour une limitation du nombre de visiteurs autorisés !

Ainsi, j'ai pu voir divers modèles de tentes implantées en pleine réserve biologique, de nombreux restes de feux de bivouacs (parfois au pied des blocs), l'utilisation du réchaud sur lit de végétaux bien secs, constructions de cabanes et abris avec arrachage de massif de plantes, détritus en tous genres, des tas de cacas et PQ...  



Et, je ne vous parle même pas des entassements de pads, sacs... ou de la couche de magnésie qui recouvre maintenant chaque prise des voies les plus célèbres jusqu'au pire bouses.

A ce sujet, l'initiative (renouvelée cette année) du CD FFME 77 de communiquer sur l'essuyage des semelles de chaussons pour éviter le polissage des prises ne semble toujours pas donner de résultats probants !



J'ai passé plus deux heures au pied de la pauvre Marie Rose. Subissant en moyenne un assault toutes les deux minutes, la Dame est bien malade... Les prises de pieds se transforment en savonnette et si je n'avais pas pris la peine de montrer aux 2 italiennes, 4 anglais, 6 américains, 3 allemands... qu'il faut brosser TOUTES les prises avec une brosse en soie de porc après chaque essai pour augmenter l'adhérence et ses chances de réussite, aucun d'eux n'aurait brosser la bête ! Pitoyable et déprimant.

Mais que faire ? Fuir vers les massifs oubliés comme la Padôle ? J'avoue que je l'ai fait le WE précédant avec 3 amis et nous avons passé une super journée au calme (il n'y avait que nous alors que les Grands Aveaux affichaient complet !). Pourquoi pas mais c'est prendre le risque de se voir un jour interdire les autres sites pour les avoir abandonnés...

Nous pouvons aussi poursuivre la lutte en renforçant notre rôle d'informateur durant cette période. Je veux dire par là, pas celui des pauvres associations comme le COSIROC et de sa poignée de bénévoles, pas celui des sites internet mais bien celui de chaque bleausards du cru qui se doit, durant cette période, de se transformer en initiateur quitte à gueuler un bon coup quand les étrangers abusent (le bon gout français quoi !). Après tout, ce n'est pas leur terrain de jeux qui est menacé mais le notre, celui où nous avons la chance de pouvoir grimper tout au long de l'année.

Allez, bises bleausardes,
Bonjour,
Béatrice Héraud nous a adressé l'article suivant via Novethic qui démontre combien les industriels ne sont pas prêt à lâcher le morceau...
Article à mettre en rapport avec celui de Fabrice Nicolino et du Figaro :
http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1119



Gaz de schiste : face aux contestations, l'industrie veut faire entendre sa voix

Alors que les riverains, militants et politiques multiplient les actions contre l'exploration des gaz de schiste, les organisations de l'industrie pétrolière veulent elles aussi faire entendre leur voix. Exemple en France, où le gouvernement vient de marquer un sérieux coup d'arrêt sur les opérations en cours et au Québec, où il est plus hésitant.

Manifestations, propositions de lois, débats à l’Assemblée, pétitions, documentaire, réunions d’informations…les anti-gaz de schiste multiplient depuis quelques mois les actions coups de poing pour faire stopper l’exploration de cette ressource énergétique. Face à eux, l’industrie pétrolière et gazière, qui doit aujourd’hui composer avec la suspension de ses travaux d’exploration décrétée par le gouvernement et peut-être l’annulation des permis déjà attribués, ne cache pas son exaspération. Lors de la présentation des résultats de son groupe en février dernier, le patron de Total déclarait ainsi être « agacé par le bruit qu'on fait autour [des gaz de schiste] ». Quelques semaines plus tard, lors de son audition devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, le président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) estimait également que « le risque environnemental qui a été agité est excessif par rapport à la réalité » et que « ce qui est vraiment important aujourd'hui, c'est de pouvoir forer – de façon traditionnelle comme à l’habitude, c’est-à-dire sans faire courir un risque environnemental – pour évaluer ce dont on parle. On se jette à la figure des anathèmes, alors même que nous ignorons si la géologie offre ou non un potentiel.» Aujourd’hui, alors que le gouvernement vient d’annoncer la mise en place d’une procédure d’urgence pour annuler les permis, l’industrie est dans l'expectative et joue la prudence. « Vu la levée de boucliers politique, les choses semblent relativement pliées pour le moment et l’on ne peut que s’incliner », déclare ainsi Yves Le Goff, le directeur de la communication de l’UFIP. « La présidentielle étant dans un an, il y a énormément de pressions de part et d’autre…Il est donc difficile d’établir un pronostic sur ce qu’il adviendra », estime de son côté Bruno Courme, le directeur de Total Gas Shale Europe. Interrogé par l’agence Bloomberg le 1er avril, le président de Total en concluait qu’il leur fallait maintenant « attendre que cela se calme. Je ne suis pas pressé ».



De son côté l’Amicale des foreurs et métiers du pétrole, elle, ne veut pas baisser les bras. « Je suis ahuri par ce qui se dit et ce que l’on voit aujourd’hui », tonne Jacques Sallibartant, le président de cette association.

Créée en 1986, celle-ci se veut « indépendante de tous groupes de pression » et compte quelque 1700 membres en France et à l’étranger, en grande majorité des cadres et techniciens du secteur. Depuis quelques semaines, elle « mène une campagne » sur son site internet ainsi qu’auprès des administrations et politiques en démontant notamment le documentaire Gasland, dont elle reprend les critiques de l’association américaine Energy in depth* et entend bien emmener quelques députés en voyage d’étude aux Etats-Unis.

Objectif affiché : lutter contre la « désinformation actuelle sur ces sources d'énergie et sur leur technique d'extraction, dite de "fracturation hydraulique", qui est visiblement totalement méconnue en France », explique Jacques Sallibartant dans une lettre adressée à tous les députés avant le débat du 29 mars à l’Assemblée nationale (voir document lié). « Ils se sentent mal traités, et sans doute à juste titre car si les opérations sont réalisées correctement les risques sont maîtrisables. Ce n’est d’ailleurs pas quelque chose que l’on démontre sur le papier… », abonde Bruno Courme. Des arguments qui auraient trouvé une oreille attentive chez le député François-Michel Gonnot, co-rapporteur de la mission parlementaire sur les gaz de schiste, estiment certains, comme la députée du parti de gauche, Martine Billard, qui a demandé sa démission, après son intervention qu’elle jugeait pro-gaz de schiste lors du débat à l’Assemblée. Mais pour Jacques Sallibartant, il s’agit seulement de rétablir les faits et de défendre une profession « qui est indispensable aujourd’hui » et qui en France « a démontré son professionnalisme, son savoir faire et ses réussites avec pour preuve des milliers de puits forés dans les règles de l’art ». Dès l’annonce de l’examen en urgence de la proposition de loi des 124 députés de l'UMP, l’association s’est donc de nouveau fendue d’une lettre ouverte aux députés où elle « exprime une vive stupéfaction mêlée d’amertume » : « plutôt  que d’aboyer avec les loups vous feriez mieux de demander une modification des Règlements d’application du Code Minier visant à une meilleure répartition de la rente minière », écrit l'Amicale avant de demander à être reçue par la mission parlementaire. (voir document lié)

Au Québec, les associations d’industriels retravaillent leur communication

De l’autre côté de l’Atlantique, au Québec, où la mobilisation contre les gaz de schiste est également extrêmement forte (voir article lié) et où plusieurs rapports très critiques -dont ceux du bureau de l’environnement (BAPE) et du Commissaire au développement durable- ont conduit le gouvernement à décréter une évaluation environnementale mais sans le moratoire demandé par la majorité de la population (l’exploration reste permise mais sans la technique de la fracturation hydraulique qui sera seulement acceptée dans le cadre de l’étude), l’industrie, commence elle aussi à s’organiser pour faire entendre sa voix.

On a ainsi vu le président de Questerre Energy, une société d’exploration de pétrole, s’emporter assez vivement contre les médias sur son blog, créé pour défendre l’exploration et financer des réparations d’églises dans des villages concernés par les projets, ce qui n’a pas manqué d’attiser les critiques des opposants pour qui il s’agissait de faire taire la population... « Il faut savoir que cette industrie est nouvelle au Québec et travaille d’ordinaire dans des territoires bien moins peuplés que celui du Saint Laurent, ce qui rend l’acceptabilité sociale beaucoup moins problématique. Elle n’était pas préparée à une telle contestation menée, il faut aussi le rappeler, par des ONG qui sont rompues à cet exercice de mobilisation publique », souligne Bernard Motulsky, professeur de communication publique et sociale à l’UQAM, au Québec. Pourtant, selon le journal Le Devoir, quelque 55 lobbyistes de l’industrie pétrolière et gazière seraient à pied d’œuvre pour négocier le régime de redevance (qui leur est très favorable actuellement) et une éventuelle loi sur les hydrocarbures. Et ces derniers mois, l’industrie a refondu sa stratégie de communication.



En février dernier, l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), qui regroupe principalement les entreprises étrangères opérant sur le territoire québécois, s’est ainsi dotée d’un président de premier choix en la personne de Lucien Bouchard, ancien Premier ministre de la province et ex-ministre de l’environnement. Dans une interview au journal « La Presse », celui-ci a expliqué se voir comme « un conciliateur des intérêts privés et des intérêts publics (…) l’heure n’est plus à l’arrogance mais à la médiation. Je ne suis pas seulement le porte-parole de l’industrie ; mon rôle, c’est aussi de leur expliquer des choses à eux. Je leur dis que ça ne peut pas aller aussi vite qu’ils le voudraient, que ça ne peut pas se faire dans la précipitation. Il faut convaincre la population ». Après des gros ratés de communication, l’association parie désormais sur le ton pédagogique concernant les techniques employées tout en mettant en avant les avantages de cette exploitation pour le Québec, études à l’appui (voir site internet lié).

Depuis fin mars, une autre organisation de défense des intérêts industriels a également fait officiellement son apparition. Le « Mouvement d’appui aux gaz de shale » (MAGS) officie informellement depuis un an et réunit une trentaine de membres, essentiellement parmi les fournisseurs de cette industrie, ainsi que plus de 200 particuliers qui soutiennent la cause. L’association affirme elle aussi vouloir faire œuvre de transparence et se déclare en faveur des études environnementales qui vont être menées dans les prochains mois. « Nous sommes bien connus des populations riveraines des projets et nous nous attachons à leur montrer les chantiers pour qu’ils comprennent bien de quoi il s’agit et démystifier la technologie employée », explique son porte-parole, Mario Levesque, qui possède une entreprise d’acquisition de droits de passages sur les sites d’explorations gazières. Pour mieux faire accepter ses projets, elle souhaite aussi travailler en partenariat avec les universités comme celle du Québec à Trois rivières, qui réfléchirait notamment à la formation d’étudiants aux métiers du gaz de schiste, selon le magazine du site de recrutement Joobom.

Au Québec comme en France, si l'exploration est pour l'instant ralentie, il semble en tous cas que les gaz de schiste restent une option et que les industries pétrolières et gazières peuvent encore faire valoir leurs arguments. Le 13 avril, le Premier ministre français déclarait en effet aux députés qu'il fallait « remettre tout à plat » et « annuler les permis » mais qu'il avait également décidé de « prolonger une mission de recherche scientifique sur les possibilités d'exploiter ces gisements avec d'autres technologies. (..)Il n'est pas question de sacrifier notre environnement mais il n'est pas question non plus de fermer la porte à des progrès technologiques qui permettraient demain d'accéder à de nouvelles ressources énergétiques».

* Sur son site l’association se présente comme une organisation de petits producteurs indépendants de gaz et de pétrole mais elle est également liée aux grosses compagnies telles que BP, Halliburton, etc ainsi qu’à l’Independant petroleum association of America et l’American Petroleum Institute. Ses arguments contre le film Gasland ont à leur tour été réfutés par le réalisateur Josh Fox dans un document de 40 pages (à lire ci-dessous).

Actualisation. Le 15 avril, dans un entretien aux Echos, le PDG de GDF Suez déclarait que la décision gouvernementale d'interdire l'exploitation des gaz de schiste et d'annuler les permis était « surprenante ». « La France a décidé de tourner la page des gaz de schiste avant même de l'avoir ouverte. (...) La France gèle les prix du gaz d'un côté et de l'autre refuse de produire des gaz de schiste. Je rappelle que si le gaz naturel n'est pas cher aux Etats-Unis, c'est grâce aux gaz non conventionnels.»

Béatrice Héraud
Mis en ligne le : 15/04/2011
© 2009 Novethic - Tous droits réservés 



LES OPPOSANTS RESTENT VIGILANTS

Pour FNE, le dépôt de 4 propositions de lois destinées à interdire l'exploration et l'exploitation par la fracturation hydraulique et l’adoption d’une procédure d’urgence pour celle de l’UMP est une « victoire de la mobilisation citoyenne ». Le combat de l’association, qui s’estime « rassurée mais vigilante » n’est cependant pas terminé : «  Il est essentiel qu'une telle absence de toute information, de concertation et de considération à l'égard des citoyens comme des élus  ne puisse se reproduire. L'exigence d'une enquête publique et d'une étude d'impact avant tout octroi de permis de recherche, exigence prévue dans les mêmes termes dans les 4 propositions de lois, doit aussi être votée », précise ainsi Bruno Genty, le président de FNE. Par ailleurs, la coordination nationale des collectifs contre la  prospection et l’exploitation du gaz et de l’huile de schiste appelle à 3 jours de « mobilisation sur tous les territoires concernés » les 15,16 et 17 avril. « Le gouvernement français a été contraint de reculer par la mobilisation de la grande majorité des habitants et des élus de ces territoires : il a suggéré aux industriels une pause pour tenter de calmer le jeu et confié une mission chargée d’« expertiser» l’impact de cette nouvelle fuite en avant industrielle au Conseil Général de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies, dont la composition laisse prévoir qu’il abondera dans le sens des prospecteurs à quelques détails près. Nous ne sommes pas dupes des manœuvres de retardement de ceux qui ont procédé à un véritable coup de force en accordant des permis sans aucune information ni débat», explique le collectif de l'Aveyron dans un communiqué.




Gaz de schiste : « On se pliera à ce que décidera le gouvernement »

Alors que l'exploration des gaz de schiste devrait être sérieusement freinée par l'examen en urgence de la proposition de loi de 124 députés de l'UMP visant à interdire l'exploitation du gaz de schiste et l'annulation des permis accordés par l'Etat, réaction de Bruno Courme, le directeur général Europe des gaz de schiste de Total.Que pensez vous des dernières décisions gouvernementales : d’abord un moratoire sur les forages jusqu’en juin et maintenant l’examen en urgence d’une proposition de loi demandant l’annulation des permis déjà attribués ?

Bruno Courme : en fait, le moratoire avait pour nous relativement peu d’impact car nous n’avions pas prévu de réaliser des travaux ni de demander l’autorisation d’en faire dans le laps de temps indiqué. Nous en avions pris acte et globalement nous pensons que c’est une bonne chose que le gouvernement reprenne la main sur cette question. Concernant la proposition de loi, ce n’est pas à une compagnie pétrolière de se prononcer sur les décisions gouvernementales.  Ce que l’on peut dire, c’est que la présidentielle étant dans un an, il y a énormément de pressions de part et d’autre…Il est donc difficile d’établir un pronostic sur ce qu’il adviendra. On ne peut pas dire que cela nous facilite le travail, mais ce sont des choses qui arrivent dans notre métier et l’on se pliera à ce que décidera le gouvernement. 
Par ailleurs, nous voyons très positivement les travaux de la commission interministérielle et de la mission parlementaire auxquelles nous collaborons. Cela nous donne une opportunité de nous exprimer alors que nous ne sommes pas très audibles sur le sujet…

Mais vous comprenez les inquiétudes des élus, riverains, militants qui craignent de voir leur environnement se dégrader avec cette exploitation ? Allez-vous à leur rencontre ?  

Bruno Courme. Les questions sont entièrement justifiées, même si je pense que les motivations ne sont pas uniquement environnementales et servent les intérêts politiques de certains. Mais nous avons l’intention de répondre aux interrogations le plus complètement possible. Il faut simplement que l’on nous laisse la parole pour expliquer nos techniques et que l’on puisse explorer pour savoir s’il existe bien un sujet. 
Pour le moment, nous avons vu des préfets, des élus et de responsables de la DREAL ou encore les personnes qui sollicitent des avis techniques, comme les universitaires. Mais rencontrer les maires serait aujourd’hui perçu comme une provocation. Cependant, il faut bien comprendre que nous sommes très très en amont de l’exploration et que, normalement, nous contactons les populations dès lors que nous savons où nous allons implanter un puits. Or, nous en sommes encore loin aujourd’hui, car notre permis couvre une surface énorme, de plus de 4000 km2. Les gens ont l’impression, à tort, que les choses se sont faites de façon cachée alors que nous avons l’habitude d’organiser des consultations publiques pour nos projets, d’impliquer les gens localement, comme pour notre projet de stockage de CO2 à La Rousse.

Vous êtes le directeur des gaz de schiste pour l’Europe. Comment cela se passe-t-il ailleurs ?

Bruno Courme. Au Danemark, où nous sommes également en phase d’étude, la situation est très différente. Sans doute, en partie, parce que le pays produit des hydrocarbures depuis longtemps. Le gouvernement voit le bénéfice de cette production, que ce soit en termes de budget ou de ressource énergétique, car leur production décline. Localement, il y aura certainement le même besoin d’explication pour les populations, mais il semble que le mouvement d’opposition ne sera pas aussi fort qu’en France. Dans le reste de l’Europe, certains pays sont très favorables à cette exploitation, comme la Pologne – qui présidera bientôt l’Union européenne- qui y voit une alternative à sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et qui accepte mieux la notion de risque industriel. Aux Pays Bas, le conseil de l’énergie s’est également prononcé en faveur de l’exploration. Quand à la Grande Bretagne, elle a permis le forage tout en disant qu’elle regarderait les choses de près. 


propos recueillis par Béatrice Héraud
Mis en ligne le : 14/04/2011
© 2009 Novethic - Tous droits réservés 



Le vol sur les parkings du Pays de Fontainebleau est une activité estivale quasi industrielle. Heureusement pour nous, elle semble en régression d'après les statistiques des dépôts de plainte... Toutefois, ne tentons pas le diable et comme un bleausard averti en vaut deux... nous relayons le message de l'ONF qui lance pour la troisième année consecutive sa campagne de prévention des vols en forêt de Fontainebleau.



Qui parmi les bleausards assidus n'a pas eut à souffrir de cette plaie qui consiste à faire appel au célèbre réparateur de vitres brisées suite à la visite de sa titine préférée sur un stationnement forestier ? Depuis peu, on constate des vols par perçage d'un trou juste au-dessus de la serrure (rapide et discret) !


 

Isatis à Pâques 2012
C'est monnaie courante dans les sites d'escalade et ceux d'entre nous qui fréquentent les Calanques de Marseille (y compris sur les parking payants !), Presles ou Seyne le savent : il ne faut rien laisser dans la voiture !

Donc rappelons le, ne tentez pas le diable ! La voiture doit paraître (être) vide... Pas de support pour GPS, de pochette range CD etc., les boîtes à gants seront ouvertes et si possible retirez la plage arrière. Un simple sac en plastique ou de jouets d'enfant suffit à intriguer les "visiteurs" !!!

Soyez particulièrement vigilant sur les stationnements de bords de routes (Bois Rond, Coquibus, Gorges aux chats, JA Martin...

Certains grimpeurs ont testé des stratagèmes comme laisser sa voiture ouverte ce qui vous expose à un risque de détérioration, pire de vol de la voiture sans effraction (les assurances aiment beaucoup)ou, plus sympa, à sa transformation en cabane..., ou laisser ouvert et avec de l'argent sur le tableau de bord ( détérioration par un voleur insatisfait du montant !) mais ils ne fonctionnent pas toujours, croyez nous sur parole...

Bien évidement, les plus exposés sont les voitures et autres vans étrangers au 77 dont on se doute qu'ils renferment du matos de bivouac, des vêtements, etc. 

Bref, faites le vide, c'est plus sûr !



Le communiqué ONF 

Pour la troisième année consécutive, l’Office national des forêts met en place une communication préventive sur les risques de vol en forêt domaniale de Fontainebleau.

Avec ses 17 millions de visiteurs et ses 22 000 hectares de forêt, le massif domanial de Fontainebleau constitue un lieu propice aux vols à la roulotte.
Chaque année, ces actes de malveillance se produisent principalement d’avril à octobre lorsque les fréquentations sont les plus fortes et touchent surtout les bords de route mais également les aires de stationnement.
C’est le cas, par exemple du parking des Gorges-de-Franchard.

En 2011, le commissariat de Police a recensé 33 faits (comptabilisés à Fontainebleau) sur le massif mais il s’avère que de nombreux visiteurs déposent plainte dans les commissariats et gendarmeries de leur domicile.

Ce sont les objets de valeur laissés dans les voitures en stationnement (même les coffres) qui sont particulièrement bien recherchés (GPS, porte-monnaie, lecteur MP3, téléphone portable, etc).

Renforcer la surveillance et l’information aux usagers.
Face à ce constat et avec le concours actif du commissariat de Police de Fontainebleau, l’ONF s’est engagé, depuis 2010, à développer une opération de communication massive sur ces lieux. L’objectif est de mieux informer et d’alerter les automobilistes sur les risques de vol en placardant des affiches sur les panneaux d’information et en leur distribuant des flyers sur les parkings. Cette opération fut une très bonne réussite en 2011 et sera poursuivie.
De plus cette année, pour renforcer la prévention, un message plus dissuasif pourra être apposé en vue sur le tableau de bord des véhicules.



Par ailleurs, les agents de l’ONF effectuent des tournées régulières à cheval ou en voiture visant à sensibiliser les usagers et à assurer la surveillance et la protection de la forêt domaniale. Ils participent également à des actions conjointes avec la police nationale et la gendarmerie.


Petits rappels sur le stationnement par La Tribune Libre de Bleau :


Photo : Fred Vizzy

- Respectez les aires de stationnement autorisé,
- Respectez les places de stationnement des personnes à mobilité réduite,
- Ne franchissez pas les barrières, même celle laissées ouvertes
- N'entravez pas les barrières limitants la circulation sur les chemins, c'est le seul point de passage pour les véhicules de secours (incendies, accidents...)
- Respectez l'interdiction de camping sauvage,
- Stationnez avec intelligence !
- Ne laissez-pas vos déchets sur les parkings, ils ne sont pas ramassés !




NATURE