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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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Relisez la charte ONF

J'ai fait un rêve... des grimpeurs respectueux et unis !

Mis en ligne par TL De Bleau on mercredi 22 juin 2011 | 17:42:00

Mes amis des sites web telque Kairn, Escalademag, Grimpisme, Zebloc, (pour ne citer que ceux-là) ect. relayent quasi quotidiennement les limitations ou interdictions d’accès aux falaises et autres sites d’escalade à travers le monde.

 
Vous le savez peut être, je milite depuis 1995 au sein du COSIROC (Comité de défense des sites et rochers d’escalade), sorte de fédération d’associations créée en 1962, contre une mise sous cloche de la nature et contre les interdictions abusives. Il est clair que depuis une vingtaine d’années, les choses se sont accélérées et que ces interdictions, de plus en plus nombreuses, sont aussi, de plus en plus justifiées par les autorités ou propriétaires, par des problèmes de non respect et de comportements de la part des grimpeurs et autres usagers des sites. Force est de constater que bien souvent, ils n’ont pas tort !

Les raisons de ces interdits sont multiples et plus ou moins justifiées. Je les classe en trois catégories :
-      Les interdictions ou limitations préventives liées à la sauvegarde de l’environnement.Elles sont souvent dues à la présence d’une faune et d’une flore remarquable qui justifie des mesures de protection plus ou moins justifiées du biotope mais souvent concerté et limité dans le temps et l’espace. A moins de les attaquer devant les tribunaux, ce qui suppose d’en avoir connaissance (délais très court), le plus souvent sur la forme plus que sur le fond, le mieux à faire est de les respecter et petit à petit de renouer le dialogue (par exemple en intégrant les comités locaux de pilotage Natura 2000) pour négocier une « réouverture »)

-     Les interdictions ou limitations préventives liées à la sécurité des biens et des personnes.  Lorsqu’elles sont justifiées et précises comme c’est le cas de la falaise du Cimaï actuellement, il est nécessaire et impératif de les respecter. Lorsqu’elles sont non fondées ou évasives, le mieux est sans doute de tenter très vite la conciliation et, en cas d’échec, d’attaquer l’arrêté municipal ou préfectoral au tribunal administratif. Cela demande du temps et des moyens…


  -     Enfin, troisième catégorie, les interdictions ou limitations « punitives », liées d’abord à un problème de comportements du propriétaire ou des usagers...
A l'origine des conflits sur l'usage d’une falaise, d’une zone de blocs ou d’un canyon, on trouve un scénario classique : des sportifs investissant un lieu, souvent sans aucun renseignement sur le ou les propriétaires, qui se mettent à décaper les blocs, purger la falaise…, avant d’y attirer une myriade de pratiquants. En outre, pour accéder à ce site, il faut souvent improviser un stationnement, traverser une ou plusieurs propriétés privées, etc.

Conséquences : des propriétaires mécontents qui saisissent parfois l’autorité publique pour faire valoir leurs droits, des associations locales de chasseurs, pêcheurs ou de naturalistes qui protestent contre le saccage du site, des agriculteurs en colères par ce que des grimpeurs piétinent leurs champs, ne ferment pas les barrières, stationnent dans les chemins d’accès nécessaires à leur travail quotidien… et le clash survient plus ou moins vite, plus ou moins violemment suivant la résistance des uns et des autres et leur capacité respective à nouer un dialogue. Si ce dialogue avait existé au départ, peut être que… mais ce n’est même pas certain car, « l’étranger », celui que l’on ne connaît pas, fait peur… ! Parfois c’est juste la peur d’être tenu responsable en cas d’accident. D’ailleurs, cette mécanique fonctionne avec tous les loisirs de pleine nature mais aussi avec les oppositions aux industriels quand ils envahissent une campagne avec un projet incertain (le pire étant le Gaz de schiste actuellement) ou l’arrivée dans une petite commune un groupe d’étrangers. Je ne juge pas, c’est un constat.

Il y a quelques jours, on apprenait le « sabotage des premiers points d’ancrage sur un petit secteur de Mont Dauphin. Plusieurs échanges sur les forums confirment qu’il s’agit là d’une méchante application d’un arrêté municipal. Voici une réaction éclairée qui illustre bien le problème français actuel que l’on peut lire sur le site Grimpissime :
« Il s’agit en effet de l’application d’un arrêté municipal d’interdiction d’escalade sur un petit secteur de MontDauph. Une municipalité (de crétins?) qui ceci dit au passage, continue de développer l’escalade sur son territoire. Si le travail a été bâclé, il appartient au maitre d’œuvre de se retourner contre le prestataire.
Pour ce qui est de la gestion des problèmes liés aux sites d’escalade et à l’escalade en général, l’ensemble des clubs et les équipeurs qui le souhaitent sont bien sur invités chaque année à en débattre lors de l’AG du CD.
Mais las, on ne voit jamais personne, plus facile de bavasser sur le net (esprit grimpe) que de monter des dossiers et tenir des discutions constructives; donc bougez vous , les places sont libres et ouvertes à candidatures.
Dom Latorres »

Dans certains secteurs, les défricheurs les plus actifs sont issus des Clubs Alpins, dans d’autres, des clubs FFME, enfin parfois et notamment à Fontainebleau ou en Normandie, c’est à la FSGT que l’on doit les actions d’équipement, entretiens, concertations… Bref, il n’y a pas de structure nationale unique et efficace pour coordonner le travail de passionnés locaux, parfois un peu aveuglés par leur amour pour tel ou tel spot. En bloc, l’équipement étant des plus faciles et peu couteux, les choses sont bien pires car une poignée de grimpeurs peut en quelques semaines transformer complètement un petit coin bucolique à souhait en alpinodrome ! Des fois ca passe, des fois ca casse. Un bon exemple de gestion des ouvertures serait peut être celui d'Annot où des négociations entre les grimpeurs locaux et les nombreux propriétaires ont abouti à une autorisation sur bon nombre de parcelles le long de la piste du Fugeret.

Le premier travail donc est d’informer et de sensibiliser l’ensemble des pratiquants aux conduites à tenir dans les sites d’escalade (idem dans les autres sports de pleine nature). Le Web nous y aide beaucoup mais cela semble bien insuffisant. En effet, malgré les nombreuses chartes adoptées par nos clubs ou fédérations pourtant très largement diffusées, tant en France qu’à l’étranger, les interdictions n’ont pas cessées pour autant. On constate, mais ce n’est pas nouveau, le criant manque de dialogue à l'origine des conflits,  le manque de respect des autres et de leur bien. C’est dommage car reconstruire un dialogue lorsque le conflit est déjà bien lancé » est souvent mission impossible et nécessite beaucoup de temps et d’énergie...

En France, le Cosiroc a longtemps été l’arbitre de ces conflits, (la FFME n’est apparue qu’au milieu des années 80) mais la disparition tragique de Daniel Taupin en 2003, véritable cheville ouvrière de ce Comité combiné à la crise du bénévolat associatif, ont conduit cette association à se recentrer sur l’île de France. Du coup, lorsque toutes les solutions locales, régionales ont échoué dans le dialogue, et lorsque les grimpeurs se tournent vers le Cosiroc, il est souvent trop tard. La fermeture de la Capelle en est un exemple parmi tant d’autres. D'autres initiatives ont vu le jour comme le Climbing-attitude.org, lancé par les établissement Béal mais doté de trop peu de moyens pour être efficace.


De toutes manières, le Cosiroc n’a plus les moyens humains d’assurer cette mission. La « guéguerre » de pouvoir que se livre la FFCAM et la FFME depuis de longues années n’a pas arrangé les choses. Pire, dans certains coins la FFME fait tout pour écarter les grimpeurs issus d’autres formations  qui souhaiterait se faire entendre auprès des autorités. Pour couronner le tout, les subventions versées au compte-gouttes sont de plus en plus faibles et ne permettent pas de rémunérer à des postes fixes quelques permanents. A titre de comparaison, allez voir le site du CODEVER. Sa section des Bouches du Rhône a adressé le document suivant à l’ensemble des Maires. Un super travail de lobbying dont les grimpeurs français ne sont capables (le Cosiroc adressait une lettre 2 fois par an à tous les élus français). C’est pourquoi, ils ne sont plus pris au sérieux.


Je rêve parfois d’un système calqué sur le modèle américain de l'Access Fund. Il s’agit d’une association nationale, créée en 1989 et qui revendique 1.6 millions (!) de grimpeurs et alpinistes. Le but était de soulever et gérer des fonds afin de préserver l'accès des spots de grimpe en les achetant. En effet, aux Etats-Unis, de nombreux sites sont sur des terrains privés et industriels. Cette association travaille aussi à la réouverture de sites fermés, à la prévention des interdictions, à la réduction de l'impact environnemental des grimpeurs, et, bien entendu à l'information…
Le site d'HP40 par exemple, a fait l'objet en 2002 de négociations entre la SCC (Southeastern Climbers Coalition), l'Access Fund et les propriétaires des terrains afin d'assurer sa pérennité. La falaise de Jamestown (Alabama) qui était fermée depuis 1993 suite à conflit entre grimpeurs et propriétaire a été rouverte en 2005 après négociations avec le propriétaire et le rachat de plus d'un hectare de terrain par les grimpeurs ! Les fonds provenaient de l'Access Fund, de donateurs (du simple grimpeur au sponsor) et du bénéfice retiré de l'organisation de rassemblements…  

Le cas des sites de blocs fait l’objet d’un projet spécifique. Le Bouder Project , fut lancé par l'Access Fund, en 2006. Là encore préservation, information et lutte contre les fermetures sont au programme !


Que faut-il apprendre des actions de l'access fund ?

Que le mieux pour éviter les fermetures reste le dialogue avec les propriétaires et un comportement respectueux ; cela passe par l’éducation et des moyens important de lobbying et de communication tant à destination des usagers que des propriétaires et autorités. L'Access Fund est une association nationale qui fédère des actions locales à l’image de ce qu’était le Cosiroc autrefois mais avec des budgets plus conséquents, issu de dons, de cotisations individuelles et collectives ainsi que du sponsoring. Ce n’est pas le cas aujourd’hui donc si les grimpeurs veulent encore profiter pour longtemps des sites qu'ils aiment, il leur faut changer d’image... Cela passe par un respect des sites, un respect des règles et des autres usagers, plus de discrétion, une participation à l’économie locale… Le top serait de ne plus être perçu comme des envahisseurs mais comme des invités ou des clients. Cela se fait petit à petit mais ce n’est pas gagné.

Enfin, il faut s'unir et se donner les moyens comme l'a fait le CODEVER, l'association des pratiquants de motos, 4X4.... Cela signifie que les grandes fédérations du monde vertical doivent arrêter de se tirer dans le dos et qu’elles s’assoient  autour d’une table d’une structure commune. Le Cosiroc a longtemps joué ce rôle et bénéficie d’une assez bonne image en France et à l’étranger mais il manque de moyens, nécessite la réforme de statuts vieillissants et peu adapté. Enfin, la FFME qui l’a quitté ne souhaitant pas, je cite, « déléguer son pouvoir », doit accepter qu’elle n’est pas la seule fédération sportive des sports de montagne…
Bref, grimpeurs, l’union fait la force !
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2 commentaires :

  1. Bonjour à tous,
    L'union dont parle l'auteur est en train de se faire. Avec des soubresauts bien évidemment, mais une Coordination nationale de toutes les institutions représentant les pratiquants de la montagne est en train de se mettre en place, suite aux Assises de l'alpinisme à Chamonix le 28 mai. Voir notamment le Manifeste sur www.assisesdelalpinisme2011.fr

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  2. Bonjour,
    Je vous remercie pour votre commentaire. Cette initiative est une très bonne chose mais connaissant bien le fonctionnement de certainement de ces instances pour avoir présidé le Cosiroc pendant dix, je doute de l'efficacité sur le terrain. Gardons espoir.

    Il leur faudra juste éviter de ne penser que montagne et moyenne montagne, que escalade et alpinisme... et qu'ils s'intéressent pas seulement aux sites réputés et emblématiques mais aussi aux petits secteurs en développement.

    D'autres initiatives, privées et indépendantes, ouvertes aux individuels, sont en cours de réflexion... Nous en reparlerons.

    En attendant,
    bonne grimpe,
    "Naturellement"

    RépondreSupprimer

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