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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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EOLIEN INDUSTRIEL vs Protection de la Nature

Mis en ligne par TL De Bleau on samedi 13 juillet 2002 | 15:53:00

Données et contraintes environnementales – « et recommandations »

Généralités sur les milieux naturels, la flore et la faune

L’installation d’éoliennes est susceptible d’avoir des effets dommageables sur la flore ou la faune en occasionnant des destructions directes d’espèces ou d’habitats, un dérangement de la faune lors des travaux ou pendant la phase d’exploitation. En effet, pendant la phase de travaux, il sera nécessaire de créer des emprises pour les fondations, les aires de grutage, les réseaux et les accès.

Pendant l’exploitation, le parc éolien est susceptible de générer des impacts dommageables sur la faune.
Aussi, une évaluation environnementale approfondie, fondée sur des investigations de terrain est elle attendue, tant pour la flore que la faune. Elle ne doit pas se limiter aux seules emprises des machines et doit être étendue aux espaces concernés directement ou indirectement lors de la phase travaux (travaux de raccordement, d’acheminement et de montage des installations).
La prise en compte des milieux naturels, de la flore et de la faune s’appuie non seulement sur une bonne connaissance des espaces protégés ou inventoriés, mais également sur des études spécifiques permettant d’affiner la connaissance de l’état initial.


Recommandations
En premier lieu, il importe d’éviter les milieux protégés, inventoriés ou potentiellement sensibles, comme l’exige la démarche d’étude d’impact. Celle-ci doit en effet conduire en priorité à supprimer les effets dommageables, puis à les réduire, et si possible les compenser (art. R. 122-3 du code de l’environnement). Cette stratégie d’évitement limite les risques d’abandon du projet en cas de résultats d’études défavorables. De surcroît, les espaces protégés, inventoriés ou potentiellement sensibles de Seine-et-Marne sont, le plus souvent, localisés en fond de vallée, sur les coteaux ou au droit de massifs boisés qui ne sont guère intéressants du point de vue du potentiel éolien.
En second lieu, le recours à des bureaux d’études spécialisés est fortement recommandé, et ce, dès les premières phases d’étude afin de confirmer le choix du site, et, par le biais de prédiagnostics, d’écarter des sites qui pourraient présenter trop de contraintes vis-à-vis de la faune.
En outre, des investigations de terrain, dont les modalités seront présentées dans l’étude d’impact, sont indispensables pour permettre une bonne connaissance des milieux naturels.
Une cartographie de ces milieux est attendue dans le dossier d’étude d’impact.

Avifaune et chiroptères
Depuis la mise en service de nombreux parcs à l’étranger et en France, les études ont permis de démontrer que leurs impacts sur l’avifaune et les chiroptères sont réels et peuvent même être importants.

Avifaune
Les effets des parcs éoliens sont de plusieurs ordres (voir également les documents édités par la LPO) :
- dérangement ;
- perte d’habitat ;
- mortalité par collision.
Dérangement
La phase de travaux puis d’exploitation du parc éolien, du fait de l’augmentation de la fréquentation humaine, peut induire des perturbations sur le comportement de la faune. On constate également une modification des trajectoires de migration.

Perte d’habitats
Elle résulte de dérangements importants et cumulés. Les éoliennes peuvent perturber les
mouvements entre zones de nourrissage et de repos et induire des pertes durables d’habitat.
Les études ont permis de constater, pour certaines espèces comme les oies ou les grues, une stérilisation des zones de nourrissage dans un rayon de plusieurs kilomètres autour des parcs éoliens.

Mortalité par collision :
Leur taux est assez faible, en comparaison avec d’autres infrastructures, mais il peut être
particulièrement néfaste lorsqu’il concerne des espèces rares ou menacées d’extinction.
D’après les observations, les espèces ne présentent pas toutes la même sensibilité vis-à-vis des éoliennes. L’impact peut être relativement minime sur certaines espèces de passereaux alors qu’il peut être très important sur les rapaces, les grues et les cigognes.
Les études ont montré que ces collisions concernent les oiseaux en déplacement soit des zones d’alimentation vers les zones de repos, soit en activité migratoire. Les mêmes études montrent que les nicheurs sont également concernés.
En matière de migrations et de déplacements, la région d’Ile-de-France, située entre deux couloirs majeurs (couloir Rhodanien, couloir Ouest), est concernée par des flux orientés Sud Ouest – Nord Est, difficiles à localiser, pour chaque espèce. Ceci tient d’une part, au comportement même des espèces qui peuvent modifier leur itinéraire en fonction des conditions climatiques, et, d’autre part, à l’état des connaissances, surtout concentrées au droit des zones humides et des vallées. Il y a assez peu d’informations sur les secteurs de plaine agricole.
C’est la raison pour laquelle il n’est pas possible, en l’état actuel des connaissances, d’établir une cartographie des migrations.
Toutefois, il apparaît que les vallées constituent généralement des axes préférentiels de migration d’autant plus fréquentés qu’elles sont jalonnées de plans d’eau qui servent de haltes migratoires ou de sites d’hivernage.

Les enjeux liés à l’avifaune sont partiellement connus via des protections ou des inventaires (ZPS, ZSC, APB, Réserves, ZNIEFF, ENS, etc.) qu’il conviendra d’éviter. En dehors de ces espaces et des secteurs potentiellement sensibles présentés dans le chapitre précédent, il sera nécessaire de procéder à des investigations de terrain afin de détecter un éventuel couloir migratoire et d’étudier la faune locale. Le recours à des professionnels compétents est indispensable. Les associations locales ou à portée régionale ou nationale (Centre d’Ornithologie d’Ile-de-France, LPO) pourront utilement être contactées.

Recommandations
Une étude menée sur une un cycle annuel complet permettra de suivre les phases d’hivernage, migration prénuptiale, nidification, migration post-nuptiale. Cette étude permettra de déterminer les espèces fréquentant le secteur d’étude, de déterminer les différentes voies de déplacement (local et migratoire), et d’identifier les zones de repos, de nourrissage et de reproduction.
Un pré-diagnostic préalable, d’une durée de quelques jours, est fortement recommandé afin de détecter une éventuelle incompatibilité entre le projet et le site (abords de Zone de Protection Spéciale ou ZICO, couloirs migratoires majeurs, présence d’espèces rares et menacées, etc.).
Les impacts directs et indirects, temporaires et permanents, induits, seront évalués. Comme cela a été indiqué précédemment, il peut s’agir de mortalité directe par collision, de dérangement, de perte d’habitat.
Il convient d’être particulièrement attentif aux effets induits, en particulier lorsque d’autres infrastructures préexistent, par exemple, les lignes électriques. En effet, le parc éolien pourrait, en détournant les espèces de leur itinéraire habituel, les entraîner vers ces infrastructures et occasionner des mortalités supplémentaires.
Outre la démarche d’évitement des secteurs les plus sensibles adoptée préalablement au choix définitif du site, des mesures de suppression et de réduction devront être privilégiées. Elles devront être étudiées de façon à ne pas induire d’effets dommageables sur l’avifaune.
Enfin, un suivi ornithologique devra être proposé, à adapter en fonction des sensibilités
détectées. Il importe de recourir à des protocoles standardisés. A titre d’exemple, la LPO a édité une note proposant un recueil de protocoles de suivi.

Parc éolien en Suisse... pas facile de migrer...

Les Chiroptères
Les études ont mis en évidence des mortalités inquiétantes aux abords de parcs récemment mis en service. Lorsqu’elles affectent des espèces rares à faible taux de reproduction, ces mortalités peuvent s’avérer très préoccupantes pour l’avenir de ces espèces.
L’autre impact important sur les chiroptères est la perte d’habitats, du fait de la perturbation .
La Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM) étudie ces
phénomènes au sein du groupe de réflexion chiroptères.
D’après les observations de mortalité, plusieurs espèces présentent une grande sensibilité (source : http://www.sfepm.org/) : Noctule commune (Nyctalus noctula), Noctule de Leister (Nyctalus leisleri), Grande Noctule (Nyctalus lasiopterus), Pipistrelle de Nathusius (Pipistrelus nathusii), Pipistrelle commune (Pipistrelus pipistrelus), Pipistrelle pygmée (Pipistrelus pygmaeus), Pipistrelle de Kuhl (Pipistrelus kuhlii), Vespère de Savi (Hypsugo savii), Sérotine commune (Eptesicus serotinus), Sérotine de Nilson (Eptesicus nilssoni), Sérotine bicolore (Eptesicus murinus), Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersii), Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis), Grand Murin (Myotis myotis).

Recommandations
La présence de chiroptères doit être très soigneusement étudiée. La SFEPM a élaboré des recommandations pour la réalisation des diagnostics préalables. Elles sont disponibles sur son site Internet (www.sfepm.org) et comportent des indications sur la méthodologie à adopter.
Elles sont actualisées au fur et à mesure de la progression des connaissances sur les
chiroptères.
Il apparaît que la réalisation d’un pré-diagnostic, basé sur une identification des gîtes connus et une analyse cartographique des habitats, suivi d’une étude complémentaire de terrain sur un cycle annuel, sont indispensables pour d’une part, écarter les sites qui présentent trop de sensibilité vis-à-vis des éoliennes, et d’autre part, disposer d’informations suffisamment représentatives.
Ces investigations doivent être réalisées par des personnes compétentes. La SFEPM pourra utilement être contactée pour indiquer leurs coordonnées.
Au stade des prospections, il est impératif de repérer, dans les inventaires ou protections existants (sites Natura 2000 au titre des directives « Oiseaux » et « Habitats », APB, ZNIEFF 1 et 2, réserves naturelles, etc.), la présence de chiroptères, en particulier lorsqu’il s’agit de gîtes d’hibernation, de reproduction ou de transit.
Les implantations à proximité de ces gîtes, des zones humides identifiées comme terrains de chasse, dans les forêts de feuillus ou les forêts mixtes, sur les routes de migration ou de déplacement (haies, alignements) sont incompatibles avec la conservation des chiroptères.
C’est la raison pour laquelle il importe d’éviter ces secteurs, qu’ils soient protégés ou non. En outre, est fortement conseillé, à titre de précaution, d’opter pour une distance minimale de 250 mètres entre les installations et les lisières arborées.
L’éclairage des lieux doit être étudié avec attention. Il est préférable de le limiter aux strictes exigences de balisage, avec le recours à des lampes au sodium, afin de ne pas attirer les insectes.
Dans les mesures d’accompagnement susceptibles d’être proposées, il faudra veiller à ne pas proposer de mesures attractives pour les chiroptères, par exemple des réseaux de haie convergeant vers le parc.
Un suivi post installation, d’une durée minimale de 5 ans devra être proposé
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